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jeudi 8 mars 2018

Rem*, six pieds sous terre, je t'aime encore


Quand Daniel Geoffre, un ami commun, est mort, j'ai dit à Rémi : « Ne compte pas sur moi pour piper mot ! La douleur, ça va ! Si en plus il faut l'étaler comme de la confiote, non, merci ! »
En vieux singe qu'il était, il a ri, de ce rire malin qu'il avait et il a raccroché le combiné. Deux heures plus tard, il m'envoyait un texte à la mémoire de Daniel, pour que je le lise en public au funérarium de Paimpol où avaient lieu les obsèques.
C'est Martin, le fils de Daniel, qui s'en est chargé. J'ai horreur qu'on me regarde quand l'émotion me monte à la gueule ! L'anonymat n'est-il pas l’antichambre du recueillement et de la « lâcheté »? Pensait-il, ce singe savant, que j'allais, si vite, reprendre du service à son compte ?
Rémi, Daniel, Katell, moi (et bien d'autres), c'est plus de quarante ans d'histoire commune, d'un bout à l'autre de la planète terre avec pour géographie partagée, la Bretagne, diverse et singulière. 40 ans que ça dure cette histoire, avec ce vieux con, blogs compris. Pas le meilleur informaticien, le Rem*, mais qu'est-ce qu'il a fait chier le peuple avec ses excès, ses vapeurs, ses urgences tous azimuts pour un lien, pour un astérisque manquant. Pour rien et pour tout, en somme.
Quand on dit que Rémi était un anarchiste, je dis oui, tout de suite. Il était, dans ce cas précis, non point un anarchiste « organisé » - pas son truc ! » - mais un urgentiste de l'anarchie : un électron libre ! Pas d'organisation autre que la sienne ! Tout pareil que pour les femmes, sa vie : il les aimait et les détestait, comme on aime l'impossible, auquel il s'est, sa vie durant, accroché sans y réussir toujours le pari...




Sous l'Casque d'Erby





vendredi 16 février 2018

L’utopie topique




En cherchant dans la mouvance (historique, géographique) des contestations sociales que la ZAD de ND des Landes symbolise maintenant, je suis tombé sur cette jolie « utopie topique ». Employée dans l’interview de « Diogène », habitant de Jansiac par Julie Gacon, dans le cadre de l’émission Du Grain à moudre consacrée à la question : dans quel monde vivons-nous ? - et diffusée le 3 janvier 2012 sur France Culture (7mn).
C’est dans les mêmes années 1970-80 que se sont concoctés en France des projets aussi fous que celui de Notre Dame des Landes (« le Rotterdam aérien » !) et les naissances de biens des communautés plus ou moins libertaires. Quelques-unes furent célèbres comme, à ce Jansiac « la nef des fous », à Limans, Longo-Maï. Et à Lure, Vandoncourt, Merlieux-et-Fouquerolles, etc... par centaines.
De telles communautés, j’en ai parfois été, d’abord en banlieue parisienne pour se loger, puis en Bretagne pour y « charpenter au noir ». Mais ce type d’expérience micro-locale ne peut être que fragile - et en général éphémère. Dans d’autres pays et circonstances, l’expérience collective dure toujours, notamment à Copenhague avec le quartier squatté de Christiania depuis 1972, et en Andalousie avec la commune rurale de Marinaleda depuis 1979 : mais cela passe par de tels compromis avec les autorités que, finalement, il y a une sorte de tolérance légale, devenant même « attraction touristique d’une curiosité sociale »... ce qui est aussi le cas, plus récent, du si sympathique petit village de Trémargat en Centre-Bretagne.

EXARCHIA

Beaucoup plus récent et différent est le célèbre squat d’Athènes Exarchia, dont l’excellent mensuel marseillais CQFD a publié en décembre 2017 un reportage sous ce titre : Athènes à l’ombre des crises : Dead Exarchia ? Et qui commence ainsi : « Depuis les émeutes de 2008, Exarchia fait office d’aimant pour anarchistes et révolutionnaires européens. Sauf que ce quartier d’Athènes se trouve désormais à la croisée des chemins : crise économique sans fin, explosion des loyers, arrivée continue de réfugiés, tensions entre groupes... Les initiatives tanguent, Exarchia résiste. »
L’article remonte deux ans plus tôt : « Confrontée à une crise migratoire sans précédent, l’Europe prend peur et ferme ses frontières. Des dizaines de milliers de réfugiés se retrouvent bloqués en Grèce, les camps débordent et la place Victoria d’Athènes ne désemplit pas. Exarchia s’éveille et répond par « l’arme du peuple »  : la solidarité. « Les gens ont ouvert des lieux pour loger les migrants », résume Vlad’.
À l’époque, les ouvertures s’enchaînent  : Thémisto, Ghinni, K22, Scholio, City Plaza... Un autre lieu, Dervenion, se mue en cantine collective. Dons en pagaille, retape de bâtiments  : le quartier vit au rythme des mouvements de réfugiés et des fêtes endiablées. Dans une Grèce en pleine dépression, le rebond a de quoi surprendre. Il permet surtout à 1 500 à 2 000 personnes de trouver refuge(...) » . Et l’article détaille des péripéties récentes dont celles de Rubiconas, groupe d’Exarchia connu pour ses spectaculaires actions, comme la destruction de bureaux de la Troïka ou du fichier des personnes surendettées - un autre groupe a même « attaqué à la grenade » l’ambassade de France après la mort de Rémi Fraisse…

On sait que ce drame entraîna l’abandon (provisoire?) du barrage de Sivens, et que, sans drame équivalent, l’énorme mobilisation de 10 ans a payé par l’abandon de l’Aéroport NDDL et la victoire de la ZAD du 17 janvier 2018 :

10 FEVRIER 2018,  FÊTE de la ZAD de N-D des LANDES

Extrait de la prise de parole d’Occupants de la ZAD pendant la fête :
« (…) Si aujourd’hui nous occupons et habitons ce territoire, c’est à l’appel des habitant-e-s qui, il y a une dizaine d’années, ont demandé du renfort pour faire face aux premiers forages et travaux, pour défendre cette zone que le conseil général et l’état essayaient de vider. Et avec l’occupation des maisons, la construction de cabanes, c’est tout plein de cultures politiques qui débarquent dans ce coin de campagne.
Des "squatteur.euses" qui portent l’autogestion, l’action directe, des modes de vies et des pratiques radicales. Qui, au-delà de la lutte contre l’aéroport, font vivre une critique du système dans lequel des avions volent au-dessus d’un monde qui marche sur la tête.
Et c’est dans ce contexte que toutes et tous, on s’est rencontré-e-s, on a grandi, évolué, entre voisin-e-s et camarades de lutte. On s’est confronté à des incompréhensions, des questions, des conflits, et on a aussi partagé des complicités, des coups de main, des réunions tard le soir et des cafés à 5 du mat’ pour guetter l’arrivée des flics. C’est à partir de tout ça qu’on construit cette lutte, en apprenant les un-es des autres.(...) Rester en lutte, c’est faire appel, chaque jour, à notre imagination, en slalomant entre contraintes et refus de céder. Rester en lutte, pour un territoire, un monde où on puisse s’épanouir, chacun et chacune à son rythme. Pour que tout ce que nous créons, faisons vivre, partageons et transmettons continue d’exister, y compris nos rêves les plus audacieux.(...) »
Ah que voilà de l’Utopie Topique !


liens

*Lure(Acratie, Michel Antony)                     

*Liste de communautés anarchistes 


Sous l'Casque d'Erby



vendredi 12 janvier 2018

FAKE NEWS

Billet d’humeur avant d’aller voir mon médecin : « c’est grave docteur ? » - Rém*

« Dans un monde de mensonge universel, dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
George Orwell

Dans les années 1955-62, la mode de ce mot n’existait pas mais la chose existait : c’était « Fake News » que d’évoquer une quelconque « GUERRE » d’Algérie, puisque « LA VÉRITÉ » était de rétablir, grâce aux « pouvoirs spéciaux », l’ordre perturbé par de vulgaires « hors-la-loi »... Ces « terroristes » avec qui, au bout de sept ans d’horreurs, il fallut bien s’entendre puisque l’Histoire avait tranché... - avec son grand H ou sa grande hache. J’ai fait partie des deux millions de couillons qui, piégés, ont « fait l’Algérie ». Sur ce drame, mon essai s’intitule d’ailleurs « Le Piège ».
Soixante ans plus tard, revoilà le piège à cons. Revoilà l’État d’Urgence... permanent. Grand modèle. Pétaradant du haut d’un Jupiter Élyséen se croyant Président de l’Europe du futur... : le Big Brother avait son Ministère de la Vérité et sa novlang ? Voici plus simple : les « Fake News » révélés, dites merci, je m’étais égaré... Bon, allez ! République En Marche !
Ah ! Je m’étais égaré à ne pas croire le JT mais les Frédéric Lordon ou les Erby, les Parisiennes ou les potes-dans-la-mouïse-et-moi-aussi. Et donc, confiance. La lutte des classes c’est fake news.  L’Europe des technocrates, ces commis bancaires, qui écrasent le peuple grec ? : fake-news... L’Europe des plans vigi-pirate qui étouffent les libertés individuelles ? Fake-news...
Lesbos, Lampedusa, Calais... et les naufragés, et les miséreux : la honte pour l’Europe des riches... ?Mais non !, Fake News !... « On gère » et « on aide ou refoule en ordre » : on vous protège...

*
Je ne peux plus d’être classé Français, Européen, Occidental : piégé depuis bientôt 80 berges. Je n’ai toujours été qu’un citoyen du monde, sans télé ni parti : aujourd’hui en colère impuissante contre cette sinistre, criminelle propagande au Fake News décrétés d’en haut, contre la liberté.
 Contre les lanceurs d’alerte, les chercheurs et débatteurs d’idées, les militants politiques et syndicaux, les artistes, bref le peuple d’en bas. Qui cherche la vérité et la trouve à sa façon.
Celle dont parlait déjà Jules Vallès du temps de la Commune de Paris :  « Le mensonge voyage en diligence au frais du gouvernement, la vérité se faufile gratis dans les rues. »

Sous l’Casque d’Erby




vendredi 27 octobre 2017

Le Funambule, de Jean Genet

Source

Par Rem*

Je viens enfin de lire « Le funambule » de Jean Genet, dont je ne connaissais (depuis des décennies) que les plus célèbres citations. Et je découvre que ces citations sont, sinon assassines, du moins impuissantes à révéler la très étrange beauté de ce texte. Celle d’un bloc animé d’une tension lyrique très singulière, 25 pages d’écriture étincelante qui forment une sorte de poème en prose serrée, comprenant fortes et folles déclarations d’amour de l’auteur pour le corps de l’artiste, son art virtuose et sa mort attendue...
Oui ce texte est fascinant de maîtrise pour dire justement la fascination qu’exerce sur le poète Genet le funambule Abdallah. Et Genet fait là exercice littéraire parallèle à l’exercice physique du danseur acrobate, exercice inouï pour un gratuit « geste de beauté », tant du spectacle de cirque que du texte créé. Avec cette différence fondamentale que le poème reste pour toujours créé tandis que le funambule ne danse qu’un fugitif moment. Puis entre deux spectacles survit en « vieille clocharde édentée » ... ou bien tombe et meurt.
Mais, si reste le poème parfois, le poète, lui, passe toujours : vit sa vie de funambule entre sauts périlleux et clocharde édentée ...ou bien tombe et meurt.
Avis aux cartésiens : cette littérature n’est pas pour vous, car Genet est un fou.  En fin de texte, il assène : « Il faut aimer le Cirque et mépriser le monde. Une énorme bête, remontée des époques diluviennes, se pose pesamment sur les villes : on entre, et le monstre était plein de merveilles mécaniques et cruelles : des écuyères, des augustes, des lions et leur dompteur, des trapézistes allemands, un cheval qui parle et qui compte, et toi. (…) Dehors, c’est le bruit discordant, c’est le désordre ; dedans c’est la certitude généalogique qui vient des millénaires, la sécurité de se savoir lié dans une sorte d’usine où se forgent les jeux précis qui servent l’exposition solennelle de vous-mêmes, qui préparent la Fête ».

Le 25 octobre 2017

Sous l'Casque d'Erby


mardi 24 janvier 2017

« Je n'irai pas »

Par Rémi Begouen

Source
On oublie très souvent qu'août 1914 est la date d'entrée de notre modernité sanglante, celle de la hideuse guerre industrielle, colossale, mondiale... qui depuis plus d'un siècle continue de surgir de nos jours n'importe quand et où.
En septembre 1916, un « poilu » blessé écrit : « La guerre dure depuis bientôt vingt-six mois, affreuse, impitoyable sur tous les fronts. Les morts se chiffrent par millions, les mutilés sont innombrables, les ruines inconcevables. Ce sont les mères qui pleurent leur fils, les veuves leur époux, et les orphelins leur père. Ce sont ceux dont le fils, le mari, le soutien est encore sur le front en train de se battre qui sont, depuis deux ans, dans des angoisses terribles : reviendra-t-il ? Peut-être est-il mort en ce moment, se demandent-ils sans cesse. Ce sont les soldats sur le front, loin de ceux qu'ils aiment, endurant les plus cruelles privations, passant des jours sans manger, des nuits sans dormir, couchant sur la terre à la belle étoile, passant les hivers dans l'eau, dans la boue, dans la glace, et perdant leur santé s'ils ne perdent pas leur vie ; ne sachant jamais à l'aube de chaque nouvelle journée si elle ne sera pas pour eux la dernière. Ils sont fatigués, dégoûtés de cette guerre interminable, plus barbare et plus impitoyable que toutes celles que l'histoire ait pu enregistrer jusqu'ici. »  
Ces lignes sont extraites de la fin des Mémoires d'un insoumis - « Je n'irai pas ! », de l'anarchiste Eugène Cotte (1889-1976), document inédit depuis un siècle, récemment publié grâce aux éditions « La ville brûle » en juin 2016.
Ce récit est foisonnant de vitalité, de vérité, celle d'un humble fils de pauvre paysan alcoolique du Loiret, et de son épouse analphabète et bigote. Il a une sœur qu'il soutiendra beaucoup, fille-mère à une salle époque. Le jeune Eugène sera un brillant élève de primaire catholique, d'abord très docile à l'Église, puis s'émancipant tôt grâce à un seul livre : Les Misérables, de Victor Hugo... : bien assez pour en devenir anticlérical, avant de devenir anarchiste !...
La beauté de l'écriture de Eugène Cotte est dans sa simplicité à beaucoup dire des mœurs de cette France rurale des années 1900, encore si archaïque, mais parcourue d'idées, via des journaux d'idées politiques socialistes-anarchistes (encore peu distinctes). Ainsi se forme avec appétit ce jeune rural très « éveillé » qui sera quarante ans travailleur manuel (ouvrier agricole, terrassier...) et de ces vrais intellectuels, autodidactes au cœur tendre qui ont les pieds dans la boue.
Eugène est un gaillard habitué à travailler dur 10 à 12 heures par jour, dans les champs, sur les routes ou chantiers. Fuyant la conscription en août 1910, il travaille en Suisse – il en fait magnifique narration – mais se fait arrêter lors d'une visite à Lyon. Sa volonté et sa constitution très solides lui permettront l'exploit d'une incroyable grève de la faim clandestine de 130 jours, pour simuler une maladie et se faire réformer. L'insoumis croit être débarrassé de l'armée mais la guerre éclate début août 1914 et même les réformés sont mobilisés, deux mois après les autres... : cette fois, par solidarité avec sa classe d'âge, Eugène accepte à contrecœur l'armée. L'antimilitariste se bat, très courageusement, deux ans. Jusqu'à cette première hospitalisation qui lui donne l'occasion d'écrire ce texte foisonnant. Celui d'un esprit libre, comme son aîné Élisée Reclus grand observateur du terrain géographique et social. L'un et l'autre abordent des questions toujours d'actualité sur l'individu, la société, l'éducation, la révolution libertaire...

mardi 2 février 2016

AMOUR RÊVolution de Rémi Begouen

À Saint-Nazaire, début février 2016
Chère amie, cher ami
J'ai le plaisir de t'informer de la sortie de ma nouvelle publication en 2 volumes de 150 pages, format A5:
AMOUR RÊVolution
1 - La vie à cœur
2 - Les couleurs de la vie

Il s'agit d'une sélection de mes textes écrits pour l'essentiel depuis 40 ans, entre 1976 et aujourd'hui.
Il y a quelques inédits, mais, parmi ceux qui ont paru, certains textes étaient tombés, même pour moi, aux oubliettes
... et j'espère les avoir dépoussiérés à raison, pour toi.

En documents joints, voir les deux couvertures, plus présentations et tables de matières.

Bien que paraissant en deux volumes,  il s'agit d'un seul ouvrage à te proposer.
Chaque deux-volumes me revient à environ 13€, et l'envoi postal est de 5,60€.
Je reprends donc ma façon de faire pratiquée précédemment avec succès.

EN PRINCIPE..., je te demande (par chèque ou en liquide)
                              22€ pour l'acquisition postale du double-livre,
              ou bien 16€ sans frais postal.

EN PRATIQUE je demande à ceux qui le peuvent de mettre un peu plus de sous, ce qui m'aidera
à faire des rabais pour d'autres, très fauchés...
Et même à en offrir à ces fauchés-de-chez-fauchés que je sais être de mes amis-lecteurs...  !

En prime, je joins à ces deux livres une petite brochure de poèmes
datant de 1990 et rééditée à l'identique : PARLEVENT

Merci de ta réponse, amitié, Rémi
NOTE – M'indiquer, si besoin, ton adresse postale (ou me la rappeler !)
           - me joindre :
Rémi Begouen 35 rue J Jaurès 44600 St-Nazaire  t-02 40 66 08 39  remi.begouen@free.fr

Texte publié dans Couleurs d'Aencre

Sous l'casque d'Erby 


vendredi 20 novembre 2015

LA LIBERTÉ... LA GUERRE

(Page blanche)




Source
LA LIBERTÉ... LA GUERRE

L'immense (dans tous les sens du terme) Afro-Américain Paul Robeson [vidéo du jour] fut bien des années calomnié, puis banni des USA, du temps de la chasse aux sorcières de McCarty. Sa belle carrière d'acteur et surtout de chanteur de blues en fut ensuite brisée. Il répétait : « tant qu'il y aura un homme injustement privé de LIBERTÉ, je ne serai pas un homme libre ».
De même, « tant qu'il y a la GUERRE quelque part, il n'y a nulle part la paix » : à ceux qui, ces temps-ci, prétendent que « la France était depuis 1945 en paix, jusqu'au 13 novembre dernier », je répète à l'envi qu'ils sont oublieux du chapelet quasi ininterrompu de guerres françaises, en « Indochine Française » (46-54), en « Algérie Française » (54-62), « au Canal Français » (Suez, 56). Et, depuis, dans le « Pré Carré Français » de la France à Fric-Françafrique... Plus, bien entendu,  « nos » diverses participations aux guerres de coalitions occidentales, avec ou sans l'aval de l'ONU (du Liban d'avant-hier à la Syrie d'aujourd'hui en passant par la Libye d'hier...).

*
L'aveugle terrorisme du 13 novembre est inexcusable. Il a pourtant sa logique de révolte, si gravement dévoyée soit-elle. Celle d'une folle réponse à « nos » guerres, non moins folles. Guerres non seulement militaires, essentiellement en pays musulmans, mais policières et socioculturelles en France : l'odieux racisme anti-arabe « au faciès » s'entretient par des générations de frustrés de l'« Algérie Française » (et autre cocorico). Racisme hélas courant vis à vis de TOUS les musulmans, y compris français, mais si mal traités (ouvriers ou chômeurs) et tant « ghettoïsés »...

Si environ 1% de musulmans de France se radicalisent (souvent en prison...), quelques-uns seulement deviennent terroristes de la mouvance Daesh (ou autre) : mais seuls ces quelques fous de Dieu comptent : ils tuent. Non seulement ils tuent à l'aveugle, en France, mais ils veulent tuer l'espoir de l'immense majorité des musulmans de France à « avoir la paix », sans racisme de la part des autres Français (« purs »???). Lesquels pensaient « être en paix, jusqu'au 13 novembre des musulmans » (sic)...

Et, de même qu'il y a liaison entre « nos » guerres en pays musulmans et cette stupide croyance « France en paix à qui l'Islam déclare la guerre », il y a liaison entre terrorisme-Daesh et cette croyance stupide en un Islam-originel mythifié... de la Paix d'Allah ! :
On n'est pas sorti de l'auberge !

*
Pour conclure ?
Une citation de... 1964, peu après la fin de la guerre d'Algérie !  

« (…) L'Occident mécanisé a complètement perdu le silence intérieur (celui du Sahara, pour les Arabes). L'Europe n'apparaît qu'à travers ses contradictions. L'Européen est un Don Juan qui tente d'assouvir sa soif de pouvoir à travers de multiples expériences de domination. Son paternalisme le pousse à chercher une solution dans des luttes dont il est lui-même le principal enjeu, puisqu'il est directement responsable de la mainmise politico-économique des pays riches sur les pays pauvres (...) ».

Lorenzo Pestelli – introduction aux « Piécettes pour un paradis baroque » (éd. L'Âge d'Homme, Lausanne, 1975)

Sur le sujet : Liberté contre sécurité, chez les Cénobites tranquilles. 

Sous l’casque d’Erby


vendredi 13 novembre 2015

André Glucksmann

Source
André Glucksmann, 78 ans, est mort et je ne me sens pas très bien, à 77 ans. J'ai connu ce « nouveau philosophe » ainsi : un orateur puissant, une voix en colère, souffrante et émouvante, disant son indignation sur un scandale politique d'envergure.
Son plus célèbre « coup d'éclat » fut d'emmener les deux « vieux philosophes » si brouillés et si célèbres, Raymond Aron « de droite » et Jean-Paul Sartre « de gauche » pour plaider à eux trois la cause des boat-people Vietnamiens à l'Élysée du temps de Valery Giscard d'Estaing. Et avec succès puisque la France a accueilli au moins 100.000 réfugiés Vietnamiens si lointains... Bien plus qu'aujourd'hui les proches Syriens !
L'humanisme est certes une valeur fondamentale, « ni de droite ni de gauche », et chacun d'entre nous, humbles citoyens, comme, à plus forte raison, chaque personnalité, devrait sincèrement l'appliquer. Mais, bien évidemment, là-haut, les choses se compliquent. Par des querelles entre personnalités et plus encore par la « réalpolitique » de nos dirigeants, beau prétexte à contourner les si beaux principes affichés, pour se maintenir au pouvoir par magouilles électorales...
Lorsque ces ambitieux « nouveaux philosophes » et leurs potes « nouveaux médecins », « nouveaux artistes », etc. croient devoir « faire de la politique », ils s'approchent du pouvoir corrupteur : tels des papillons se brûlant les ailes autour de la lampe fascinante. Ils perdent leur liberté d'esprit, gage de lucidité. Donc s'égarent à se croire omnipotents, donneurs de leçons, élite de l'élite... simples vaniteux de vaniteux.
Ils perdent ainsi toute légitimité auprès du pékin-lambda, du moins celui qui, les pieds sur terre – c'est à dire dans la merde d'un monde d'injustice sociale – n'en a pas moins la tête dans les étoiles, celles justement des grandes valeurs d'humanisme et de liberté. Non, je n'ai pas le bac. Oui, j'ai galéré à vivre et à me cultiver.
Source
Oui, je me suis égaré dans des labyrinthes d'organisations politiques d'extrême-gauche censées structurer la force sociale du pékin-lambda, ne vivant que de querelles intestines ou d'entre organisations. Et, oui, bien tard, hélas, j'ai rejoint le courant de pensée anarchiste. En voilà bien assez pour « remettre à leur place » certains de mes « brillants » contemporains : Kouchner, Glucksmann et - le pire - BHL. Ils furent de jeunes idéalistes ambitieux et ont très mal vieilli, voilà. Je m'en foutrais bien sinon que ces « puissants messieurs » (et autres du même acabit) ont été nocifs pour nous tous de s'égarer, voire se nier, en politique :
*Glucksmann a été jusqu'à copiner-dur avec Sarko et avec l'Oncle Sam !...
*« L'entarté » BHL a fait pire, la Libye en témoigne...
*Kouchner ? : J’ai récemment appris qu'il jugeait ses activités ministérielles bien moins efficaces que son rôle dans « Médecins Sans Frontières »..., c'est déjà ça, mais bien tardif !
En mai 68, j'ai entendu Glucksmann causer dans la Sorbonne libérée et me souviens avoir pris part au débat, entre libres-égaux. Nostalgie ?... Non, plutôt amer constat que « tout est à refaire », dans la durée : donc en bien mieux, sans arrivistes qui retournent leurs vestes !
Et c'est possible, et c'est indispensable. De mille manières.
Edgard Morin est un grand vieillard qui a le mérite d'être resté dans son domaine de « penser le monde » sans sombrer dans la politicaillerie (sauf à quelques instants, via son ami Stéphane Hessel). Il écrit – en substance – ceci : « c'est par l'imprévu-imprévisible d'un fait social que débute toujours une révolte, une révolution. Avec une force qui bouscule tout, y compris les élites qui se croient seules chargées de la conduite de la révolution... »



Sous l'casque d'Erby




dimanche 8 novembre 2015

Les couleurs du monde

"Putain de guerre", couverture, Tardi
En avril 2004, il y a plus de 10 ans déjà, paraissait dans mon essai « RÊVolution » un chapitre intitulé « Les couleurs du XX° Siècle », dont  voici un extrait. Car il me semble qu'en 2015, on en est encore à piétiner dans l'affreux merdier guerrier d'hier : sommes-nous encore et toujours au XX° - né il est vrai en 1914 ?...
Et, pire encore, sommes-nous en train de basculer dans un XXI° de pire chaos sanglant, celui du « tous contre tous » partout, du moins dans une grande partie de l'Afrique et la quasi-totalité du Proche et Moyen Orient ? Voire en si frileuse Europe « envahie » de réfugiés de guerres ?
Le tout dernier paragraphe de ce texte est hélas d'un optimisme bien démenti par les faits : je le reconnais. Mais je maintiens cette vision de l'avenir, au risque de me faire traiter de « benêt » !...
Je le fais ne serait-ce que pour l'actualité de cette héroïque jeunesse palestinienne, qui, le dos au mur (c'est le cas de le dire !) ose, au couteau, se révolter contre la plus puissante armée de la  région - premier fauteur des guerres régionales depuis 80 ans...
La question n'est pas de « juger », bien calfeutrés dans nos fauteuils, si cette vague de contre-violence inouïe de jeunes contre la violence d'Israël-occupant, est ou n'est pas « politiquement » correcte ou opportune !
La question est d'entendre enfin cette désespérance, de tout faire pour que les Laurent Fabius divers et variés « dégagent » ou cessent d'épauler Netanyahou et son régime fasciste, le PIRE de la région. La question est d'enfin faire plier le sionisme, comme l'on fit plier l'apartheid : par le boycott et l'isolement. Pour un avenir « arc-en-ciel » en Palestine-Israël, après la chute du sionisme, ce tout dernier avatar de l'idéologie colonialiste du... XIX° siècle !  - Rém*


°

D'un côté le monde kaki, de l'autre les couleurs de la vie.
Le XX° siècle naît en retard, en 1914 : Cette année-là, il y a encore des pantalons garances, des casoars, des gants blancs. Puis les armées s'enterrent dans la boue des tranchées, les uniformes "bleu horizon" se maculent et de merde et de sang. En 1917 les fraîches troupes yankees, en kaki, font basculer l'Histoire : En haut-de-forme et redingote noire se signe le 28 juin 1919 le Traité de Versailles, ...dont l'iniquité donnera à Hitler, plus tard, l'occasion d'accéder au pouvoir et de refaire la guerre...: On en est à toujours faire la guerre kakie, depuis.

De l'autre côté, la vie, ses couleurs :
Musiques, Littératures, Arts plastiques et surtout Cinéma...
Avion, Voiture, Frigo, Machine à laver et surtout Télévision puis Internet...
Vaccination, Féminisme, Écologie et surtout Démographie...
Voilà en quelques mots la vie du très explosif XX° siècle. Siècle de rouges révolutions, politiques et plus encore culturelles, avec ses "retours de bâton" - gris fascismes et intégrismes divers - dont l'actuel Israël est le plus atrocement symbolique : Voilà les descendants des rescapés de la Shoah - de loin le pire crime du siècle - qui, en kaki, tentent de terroriser la verte Palestine d'aujourd'hui !

Oui, ce kaki de merde, souvent agrémenté des taches de la tenue "léopard", se porte bien, partout. Dans "la plus grande démocratie du monde " (l'Inde, où crier : Gandhi, réveille-toi, ils sont devenus fous-violents), dans les plus grande nations islamiques (Indonésie, Pakistan, Soudan, Iran, Arabie, Algérie...), dans les deux seuls grands Empires (Chine et Etats-Unis), dans les plus minables dictatures (Corée, Congo, Serbie...) et enfin dans les divers magmas que sont la Russie, l'Europe ou l'Amérique Latine. Nommer encore le Japon, dragon-chef...
S'il n'en restait plus qu'un à nommer ? : Israël. Hélas...

Le drapeau de Palestine est bien coloré, même si son vieux chef historique Arafat est toujours en kaki. Le drapeau israélien est d'un beau bleu pacifique, même si Tsahal est une terrible armée kakie...

Ainsi vont les couleurs du siècle. Entre boue et sang. Entre noir-deuil et vert-écologie. Entre l'or-noir, le blanc-uranium ou le jaune-maïs-transgénique... Entre le vert-dollar et le bleu-d'Europe, le vert-Islam et le bleu-d'Israël...
Et dans le bleu-vert de la mer, les couleurs d'arc-en-ciel du Rainbow Warrior s'y mêlent à Auckland, depuis ce funeste 10 juillet 1985, où l'État Français assassina Fernando Pereira. "Couleur Greenpeace" : Un arc en ciel dedans la mer pour une verte paix sur la terre. Voilà le XX° siècle résumé. Avec ses nécessaires utopies et ses atroces drames kakis.

*


Pour accoucher d'un XXI° siècle de danse, de beauté. De couleur peau, pâle ou bronzée : couleur d'amour libertaire, de juste vent debout ! 




Sous l'casque d'Erby



  

mercredi 4 novembre 2015

DE QUOI S'AGIT-IL ? (SUITE et FIN)

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J'ai toute ma vie, de ma plus tendre enfance à aujourd'hui, été écartelé - à en frôler la folie - entre les deux pôles de la vie sociale : Riche/Pauvre. Très-Riche/Très-Pauvre. Trop-Riche/Trop-Pauvre...: S'y résigner ou s'y révolter ?
            Entre les deux pôles, je suis, selon la vieillotte terminologie marxiste,"petit-bourgeois" classifié, comme la plupart d'entre vous. Je suis surtout - vous aussi ! - en vie : en espoir de justice.
            L'injustice sociale. Monstrueuse. En ce XX° siècle si cynique, ou hypocrite : Cynismes des dictatures fascistes, avec ou sans l'étiquette ; cynismes des milieux d'affaires, lobbies, cartels et autres sociétés secrètes d'entre mafieux et "honorables" financiers ; hypocrites grands bourgeois, grands prélats, grands politiciens, tous "vertueux" à défendre le droit !
            Cynismes et hypocrisies, enfin, de ces "révolutionnaires" qui prennent le pouvoir à la faveur de justes révoltes populaires, pour mieux écraser le peuple - cf.  Russie, Mexique, Chine, Algérie, Cuba, Irak, Iran... Cela ne finira donc jamais ?
            En France, dit-on, tout finit par des chansons. J'ai encore à l'oreille la si belle voix de Monique Morelli chantant vers les années 1968 le "Hà çà, ça ne finira donc jamais !" reprise d'un très vieux chant d'une révolution française - 1789 ou 1871 ...
            Si j'ignore de quelle révolution il s'agit, l'important reste  que ce chant a été remis à la mode dans la "révolution de Mai".
            Oui, d'accord..., ce beau Mai-68 n'est pas pour vous une Révolution, messieurs les professionnels-ès-politique : il n’ y a pas eu de prise de pouvoir ...sinon par le très réactionnaire Pompidou...
            Trente ans plus tard, pourtant, voici un bilan de Mai 68, à comparer à Octobre 17 : Trente ans après la Prise du Palais d'Hiver, Staline règne sur l'Empire du Goulag et sur sa Propagande "communiste", via une Guerre Froide derrière laquelle s'entendre avec l'Empire Américain et sa Propagande "anti-communiste", en fait tout aussi anti-libertaire que l'autre. Alors que trente ans après Mai 68 - au sens large, celui de l'ensemble des contestations libertaires de l'époque - le bilan est simple, grandiose : Pendant une quinzaine d'années - avant le frein de la Thatcher-de-Fer -, il y a une véritable Révolution Culturelle Mondiale sans le nom, qui libère bien des mœurs de carcans archaïques..., tandis que la pseudo "Révolution Culturelle" de Chine, qui influença tant la jeunesse de Mai 68, sombre vite au pire, au goulag maoïste. Mais "Les Cent Fleurs" du poète Mao furent plus fortes que les mille combines du dictateur Mao : "On a raison de se révolter" devint "Sous les pavés, la plage" et "Peace and Love". D'où des mouvements inimaginables. Dont ceux qui aboutirent enfin à la destruction du Mur de Berlin, en attendant la victoire des courageux libertaires de la Place Tien Anmen ...et d'ailleurs. Slogan pour slogan," l'Imagination au pouvoir ", de 68, s'était révélé plus fécond que "le bolchévisme au Kremlin", de 17,  que "la CIA aux Affaires Multinationales", de 50 et que le "Mao-Sait-Tout - à la timonerie de la zone des tempêtes", des années 60-70...
            Le pouvoir est dans ma tête. Là est l'essentiel de MAI-68, d'où la conséquence révolutionnaire : Place aux femmes, enfin.
            Certes il y a eu régression, y compris du féminisme. Il y a, hélas, toujours lieu de chanter le "çà ne finira donc jamais", surtout en ces mélancoliques temps d'hyper contre-révolution dite "pensée unique", en fait d'hyper pouvoir du fric. Mâle...
            "L'amour ou l'argent ?" : L'argent, depuis toujours, a essayé d'acheter l'amour. Cela s'appelle l'esclavage sexuel, très à la mode de riches "consommateurs" dits modernes. Au fait, ce XX° siècle, après les autres, pire que les autres, voit le développement de l'esclavage, théoriquement aboli : Celui  des nazis ou des japonais d'hier, ouvertement, racialement. Et celui de l'Organisation Mondiale du Commerce d'aujourd'hui, d'une façon plus hypocrite, plus sordidement unique, efficace : pour d'autres famines à venir, encore pires, contre d'autres très insensées fortunes, pires encore ...?
Holà, il va encore falloir beaucoup se fâcher, se libérer, rire, aimer vivre. Inventer la révolte permanente pour le XXI° siècle : via sa poésie …

Sous l’casque d’Erby



mardi 3 novembre 2015

DE QUOI S'AGIT-IL ? (1° PARTIE)

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J'ai eu la visite hier de Jérôme, jeune pompier, pour la rituelle tournée du calendrier de l'an prochain. J'ai fait mieux que d'en prendre un, je me suis fait un nouvel ami de ce jeune homme. Jérôme a oublié sa tournée pour une heure de parlotes « à en refaire le monde », bien sûr. A son départ je lui ai donné l'un des derniers exemplaires d'une de mes petites brochures que j'aime le plus : « Zagazig », publiée il y a juste 16 ans. Et après son départ, j'ai parcouru cet ouvrage oublié et j'ai trouvé, hélas, que son premier texte n'a pas pris une ride - « hélas » car cela prouve qu'on piétine...
À quelques mots près ( « notre actuel XX° siècle » au lieu de XXI°, par exemple), j'aurais pu l'écrire aujourd'hui ! Je vous le propose donc, en deux billets - Rem*

*

            Il va s'agir d'agir : de viser juste, zen. La cible, l'épouvantable XX° siècle ; la flèche, sa superbe poésie ; l'archer, le petit moi, demeuré Zagazig.
            Il va s'agir de donner du sens, celui de sa place au monde, après Verdun, Auschwitz, Hiroshima et Tchernobyl...: Il va s'agir de se comprendre dans ce siècle si cruel où nous vivons si mal, pacifiques poètes contrariés...: Ni l'humour-plus-l'amour, ni le fric-plus-vanité, ni le talent-plus-misère, ni rien-de-rien - ni le poids des ans ! - n'empêchent : Nous vivons dans un foutu siècle qui promettait merveilles et qui a accouché de monstres.
            Où vivre debout, poète sinon rien.
            Pas à pas, page à page, il va s'agir de noircir un sentier de papier, de fouler des labyrinthes de l'Histoire - explorateur-autodidacte d'entre historien-poète : libre, libertaire.
            Il va s'agir du milieu du siècle et du milieu du monde en ce siècle. D'Algérie. De Kateb Yacine..., de Nedjma... et de tout.
            Il va s'agir du jeu de Colin-Maillard, avec multiples bandeaux sur nos yeux d'honnête citoyen aveuglé. Bandeaux aux travers desquels voient le poète, à sa façon, et d'une autre façon l'historien. Il va s'agir de la guerre, Monsieur Foch, qui aviez le tic célèbre de clamer : "DE QUOI S'AGIT-IL ?" dès qu'un "empêcheur de tuer en rond" se pointait dans vos aréopages d'École de Guerre. Non mais ! : Il s'agit de vivre en Paix, Foch ! : Allez-donc nous la foutre, la Paix ?...
            Vous êtes, messieurs les diplômés d'Écoles Militaires,  professionnels de tuer. Nous sommes sans diplômes, écoles ni vergognes, amateurs de vivre. En paix, en amours, en humours, en misères... et  pleines possessions de vous dire : M E R D E.
             "Merde à Vauban ", aux bouchers de 14-18, au Mur de l'Atlantique...
            Il va s'agir de  prouver, Na, que la Paix existe : Poésie.
De prouver que LE SECRET BANCAIRE et autre STOP-TOP-SECRET-DEFENSE nous réduisent en esclaves et nous tuent.

            Nous tous, si jolis enfants du XX° siècle, chacun.
            Si...joliment soumis à M'sieur-Dam' De-La-Combine...

            La combine ne date pas d'hier. Il va donc s'agir de la dénoncer ; d'en rire - parfois jaune - , sinon d'en pleurer - parfois dur - : en bouffon.
            Depuis au moins quatre mille ans existent des bouffons et autres nécessaires pitres, anonymes. Le premier à avoir légué son nom à l'Histoire est "LE" Triboulet de François 1°. Puis vint un certain Poquelin - devenu "LE" Molière que l'on sait, sous un autre roi, dont il éclipse aujourd'hui le prestige...Na !
            Les vrais successeurs de Molière ne sont pas Les Grands-Noms-de-la-Comédie-Française. Ce sont plutôt le clown Grock, le touche-à-tout Charlie Chaplin, l'incroyable Raymond Devos, l'époustouflant Bartabas...et mille et mille anonymes bateleurs. Plus Dario Fo, évidemment !
            Ces génies-là, avec ou sans nom, me font optimiste :                 
            Oui, puisque de tels talents existent, il mérite de vivre.

            Et pourtant - Tant guette la folie, dedans ce foutu siècle !


(A SUIVRE)

Sous l'casque d'Erby