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Par Rem*
Je viens enfin de lire
« Le funambule » de Jean Genet, dont je ne connaissais (depuis des
décennies) que les plus célèbres citations. Et je découvre que ces citations
sont, sinon assassines, du moins impuissantes à révéler la très étrange beauté
de ce texte. Celle d’un bloc animé d’une tension lyrique très singulière, 25
pages d’écriture étincelante qui forment une sorte de poème en prose serrée,
comprenant fortes et folles déclarations d’amour de l’auteur pour le corps de
l’artiste, son art virtuose et sa mort attendue...
Oui ce texte est fascinant de
maîtrise pour dire justement la fascination qu’exerce sur le poète Genet le
funambule Abdallah. Et Genet fait là exercice littéraire parallèle à l’exercice
physique du danseur acrobate, exercice inouï pour un gratuit « geste de
beauté », tant du spectacle de cirque que du texte créé. Avec cette
différence fondamentale que le poème reste pour toujours créé tandis que le
funambule ne danse qu’un fugitif moment. Puis entre deux spectacles survit en « vieille
clocharde édentée » ... ou bien tombe et meurt.
Mais, si reste le poème
parfois, le poète, lui, passe toujours : vit sa vie de funambule entre
sauts périlleux et clocharde édentée ...ou bien tombe et meurt.
Avis aux cartésiens :
cette littérature n’est pas pour vous, car Genet est un fou. En fin de texte, il
assène : « Il faut aimer le Cirque et mépriser le monde. Une
énorme bête, remontée des époques diluviennes, se pose pesamment sur les
villes : on entre, et le monstre était plein de merveilles mécaniques et cruelles :
des écuyères, des augustes, des lions et leur dompteur, des trapézistes
allemands, un cheval qui parle et qui compte, et toi. (…) Dehors, c’est le
bruit discordant, c’est le désordre ; dedans c’est la certitude
généalogique qui vient des millénaires, la sécurité de se savoir lié dans une
sorte d’usine où se forgent les jeux précis qui servent l’exposition solennelle
de vous-mêmes, qui préparent la Fête ».
Le 25 octobre 2017
Sous l'Casque d'Erby

Le bonsoir aux caillouteuses et aux caillouteux. Genet qu'une chose à dire : plaisir à mettre en ligne ce caillou de l'ami Rem* !
RépondreSupprimerLa bonne soirée. Excellent, l'Erby du soir et de toujours.
... et moi ça me fait plaisir que ce boulot de mettre en ligne ce caillou te fasse plaisir!...
Supprimeraprès avoir eu plaisir à (re)découvrir ce texte et a en avoir écrit une note de lecture.
Pour l'avenir, je souhaite (avec sûrement plein d'habitués du blog) que tu ais le temps et le loisir d'écrire de beaux billets à ta façon!
Et vive la suite, nom de d'là !
RépondreSupprimerPeuple, réveille-toi !
Une autre ?
RépondreSupprimerEt pour détendre l'atmosphère, un scopitone de 1961 dont Pierre Vassiliu a chanté quelques années plus tard une variante.
RépondreSupprimerjamais lu Jean Genet. Va quand même falloir que je m'y mette
RépondreSupprimerAlors un billet (magnifique) de rem sur un poète (magnifique) mis en ligne par un Lediazec magnifique qui n'écrit plus, mais qui signe...
RépondreSupprimerJe prends le lot avec plaisir et gourmandise.
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