lundi 2 novembre 2026

Deux peuples dans la Pampa : conte gaucho.

Il paraît que Javier Milei, président de la Nation argentine, a promis cent mille hectares de terres forestières du pays dont il a la charge à Israël, pour fonder un second État dans des contrées plus hospitalières. Rumeur non vérifiée, fantasme géopolitique ou ballon d’essai ? Rien ne permet, à ce jour, d’établir qu’un tel engagement existe, même si la résurgence du fameux plan Andinia lui redonne corps et ailes. 
 
Il était une fois, dans l’immensité de la Pampa, dans un « no man's land » improbable, deux peuples revendiquant la même terre. Les premiers brandissent des titres de propriété, montrent les tombes de leurs ancêtres et des factures de réparation des clôtures. Les seconds, invités surprise, déroulent des cartes anciennes, des textes sacrés et une mémoire abîmée par l’inclémence des temps, convaincus que l’Histoire leur donne le droit de récupérer un ancien bien ! 
Les uns disent : « Ici, c’est chez nous ! » 
Les autres répondent : « Pas du tout ! » 
Et à chacun ses martyrs, ses héros, ses historiens impartiaux et les morts dûment homologués. Quant aux survivants, ils ont surtout faim et soif. Plus les uns que les autres, selon la ligne de barbelés qu’ils occupent ! 
Un jour, les grandes puissances réunies dans un salon VIP décident de régler le problème. Cela devenait moralement urgent. Les nappes de sang se répandaient sur la mer comme une marée rouge polluante. On dépliait une carte, on traçait des frontières au feutre extensible et l’on distribuait les territoires comme des petits fours lors d’un banquet auquel les intéressés ne sont pas invités. 
— Et les habitants ? demande un conseiller. Sans doute un novice.
— Quels habitants ? répond le président de séance. Nous parlons de géopolitique ! L’assemblée applaudit la démonstration de démocratie sans démocrates. 
La rumeur des cent mille hectares enfle. Personne n’a vu l’accord, mais chacun connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui en a entendu parler. Et comme souvent, on revient à l’expression : « il n’y a pas de fumée sans feu » pour donner corps à une probable invasion extraterrestre. 
Certains annoncent déjà la naissance du « Nouvel Israël » au cœur de l’Argentine. La vérité, elle, n'attend pas qu’on lui fournisse des pièces à conviction, elle sait. Prenant son temps, comme souvent, elle a emprunté les escaliers. Têtue, elle continue sa progression degré après degré.
Pourquoi s’embarrasser de preuves quand l’indignation est gratuite et que la haine trouve toujours un bon investisseur ? Imaginons maintenant que le projet devienne réalité. On parle de développement, de sécurité, d’investissements et de coopération internationale. 
Sur les brochures, diffusées à des millions d'exemplaires, les villages sont verdoyants ; sur le terrain, on pose des barbelés. Les expulsions deviennent des relogements, les résistances des troubles à l’ordre public, et les maisons détruites des « cachettes pour terroristes » ! 
La langue administrative a le talent de faire disparaître les hommes sans prononcer le mot « disparition ». 
Un journaliste interroge alors un vieux gaucho qui boit son maté devant sa cabane. 
— Señor, à qui appartient cette terre ? 
Le vieil homme hausse les épaules. 
— Le cadastre vous dira qui possède le terrain. Le cimetière vous dira qui y est enterré. Mais aucun des deux ne vous dira qui a le droit de chasser les vivants. 
— Et quelle serait la solution ? 
— Apprendre les bonnes manières ? Mais pour cela, il faut de l’éducation. 
— C’est si simple ? 
— Non, mon garçon. Ce qui est simple, c’est d’expliquer pourquoi l’autre doit partir. Ce qui est difficile, c’est de construire un avenir où personne n’a besoin de disparaître pour que le voisin existe. 
Il désigne d’un mouvement de tête un camion chargé de rouleaux de barbelés. 
— Songez. Ceux qui se disputent la terre finissent par la perdre. Par contre, ceux qui vendent les clôtures, ne seront jamais perdants. Regardez cette terre rude et ce ciel à la torture. Et cette plaine, où le vent est libre comme l’air. Où la Cordillère se dresse comme des châteaux imposants. Ici, on apprend l’humilité. Avez-vous plongé dans un de ces lacs turquoise où la couleur danse à sa guise ? C’est cela qu’on veut offrir à la rapine ? 
Le journaliste arrête l’enregistrement. Cela ne fera pas la une, il en est sûr. 
Le gaucho glisse sa main sous le poncho, sort une affichette et la tend au journaliste : 
— Tenez, vous êtes bien jeune. Vous ne savez sans doute pas, ou alors vous êtes un précoce ! 
Le journaliste prit le tract. 
— De quoi s’agit-il ? 
— Ce sont des dates. Des simples dates. Lisez. 
Il lut. Sur son visage, des plis apparurent, une ombre le recouvrit : 
Argentine, 2037-2093 : l’occupation : 
« Plusieurs villes argentines sont passées progressivement sous domination israélienne. De Rosario à Buenos Aires, de Córdoba à Mendoza, la population subit expulsions, massacres, confiscations de terres, arrestations et effacement de son histoire. 
« De 2037 à 2093, chaque date est une blessure : quartiers détruits, familles déplacées, archives brûlées et noms de rues effacés. 
« Le pouvoir légitime sa domination en réécrivant le passé et vandalisant la mémoire des victimes. 
« Dans la clandestinité, des enseignants, des historiens et des familles transmettent les noms des disparus et le souvenir des lieux perdus. Malgré la répression, une résistance silencieuse se poursuit de génération en génération. Un régime peut conquérir des territoires, rebaptiser des villes, détruire son identité, mais il ne peut maîtriser la mémoire d'un peuple. 
« Ils ont pris les villes, changé les cartes, effacé les noms. Mais chaque enfant qui apprenait la vérité devenait une archive vivante. Quand on fait de la mémoire un titre de propriété, le passé devient une arme, le présent un champ de bataille et l’avenir un terrain à vendre. La terre se moque des généalogies, des passeports et des discours sacrés. Elle finit par aligner tout le monde, propriétaires légitimes ou conquérants autoproclamés. 
« Vive l’Argentine libre ! Libre des prophètes et des marchands de frontières qui vendent l’avenir au mètre carré ! » 
Le visage fermé, la glotte faisant des va-et-vient dans son gosier, le journaliste tendit le tract au gaucho. 
— Vous pouvez le garder. J’en possède d’autres. 
— Que voulez-vous que j’en fasse ? 
— Rien. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

samedi 31 octobre 2026

Citrouilles, démissions et coup de force : l’automne de tous les dangers.

L’automne a le don particulier de mélanger les genres. D’un côté, on fleurit les tombes de nos chers disparus entre deux tranches de citrouille évidée et bricolée à la va-vite avec un fil électrique pour lui donner un air de fête. De l’autre, la grande lessive politique a commencé et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça transpire dans les chaumières. 
On nous l’assurait pourtant sur tous les tons : c’était prévu, écrit, proclamé jusqu’à l’effacement. 
Voilà que les réseaux sociaux s’affolent au rythme d’une véritable épidémie de démissions en « Macronie ». Les rats désertent le navire. Pierre Moscovici quitte la Cour des comptes européenne, avec le sceau des « services rendus », tandis que Christine Lagarde, passablement binguée, apparaît à l'image  pour annoncer qu'elle aussi jette l’éponge à la Banque centrale européenne. 
Ce départ de Lagarde émoustille les mémoires : condamnée en 2016 pour un détournement massif de centaines de millions d’euros, c’est cette même personnalité qui pousse pour imposer le projet d’euro numérique, aboutissement ultime d’une puissance anonyme où le citoyen, rivé à son écran, prie pour que le système ne décide pas un beau matin d’effacer son solde et son identité d’un simple clic. 
De belles âmes bien pieuses ! 
Quand la voie légale coince, certains choisissent la force, comme l’a illustré la Pologne en cette période de célébration. 
Profitant d’un déplacement officiel du président polonais, qui survolait alors l’Afrique en direction du Sénégal, le Premier ministre pro-UE Donald Tusk a tenté un coup de force pour s’emparer de la Cour constitutionnelle. 
Aussitôt prévenu en plein vol, le président a sommé son pilote de faire fissa demi-tour. Au sol, la fracture est immédiate : au sein des forces de l’ordre, certains choisissent la sédition quand d’autres opposent un niet catégorique, pendant que la population descend dans la rue pour conspuer et caillasser la flicaille aux ordres du Premier ministre. 
Beaucoup de Polonais reprochent désormais à Tusk de rouler pour les intérêts allemands en sabordant ceux du pays, mû par un idéal fédéraliste prêt à sacrifier la souveraineté de Varsovie au profit de Bruxelles. Rien de plus banal dans un système qui ne cache pas sa passion totalitaire ! 
Si la situation demeure confuse, le coup d’État semble avoir échoué, et l’on attend désormais, un brin goguenards, le communiqué officiel de l’Union européenne pour condamner son propre putsch ! 
Une peur chasse l’autre, et cela ne rassure personne : vivre en état d’alerte permanent n’est-il pas l’évangile des États ? 
 
Sous l'Casque d'Erby 
 

lundi 26 octobre 2026

La Teste-de-Buch et forages pétrolier

En juillet 2022, un incendie dévastateur ravageait la forêt de La Teste-de-Buch, en Gironde. Un flippant choc naturel – je n’ose plus dire écologique – avait alors frappé la région et le pays. Aussitôt, les « complotistes » ont vu anguille sous roche. C’est juste si la Compagnie canadienne exploitante n’a pas envoyé Céline Dion – ou Amélie Paul, son « sosie » – comme ambassadrice pour mettre de la gouaille dans notre paranoïa. 
« Rien n’est dans l’intellect qui n’ait d’abord été dans les sens. » On dit que c’est Aristote qui aurait dit cela, mettant par là même les choses à plat concernant l’extralucidité. Je reste dubitatif, mais puisqu’il faut de temps en temps des figures de style pour surmonter la lourdeur des temps, les penseurs grecs sont toujours les bienvenus. 
En attendant, Vermilion, compagnie pétrolière du Canada – et futur cinquante-et-unième État américain ? –, fait du forcing auprès de la Frenchie pour obtenir l’autorisation de réaliser huit forages supplémentaires dans la concession de Cazaux, endroit précis où…
C’est têtu, une multinationale ! 
L'année dernière, en juin 2025, le préfet de la Gironde a refusé cette autorisation. Vermilion a alors engagé un recours contre cette décision. La procédure judiciaire suit son cours. 
Devons-nous croiser les doigts pour qu’il n’arrive pas à nos forêts et à leurs écosystèmes ce qu’il est advenu de l’industrie française ? 
Les puits de pétrole n’ont pas attendu l’incendie pour être présents dans cette forêt. Mais leur développement pose désormais une question simple : est-il justifié d’y multiplier les forages, et à quelles conditions ? 
Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il y a un dénominateur commun entre les installations pétrolières et les incendies, diable non ! Il s’agit de savoir si des fumeurs irresponsables passaient dans les environs avant d’avancer des hypothèses farfelues ! 
Et avant d’autoriser huit puits supplémentaires, il faut pouvoir répondre à des questions bien précises. Où seront-ils implantés ? Quelles voies d’accès et quelles installations nécessiteront-ils ? Quelles mesures de prévention incendie sont prévues, dans la mesure où il n’y a presque plus rien à brûler ? Et quels risques présentent-ils pour les sols, les eaux souterraines et leur mise en bouteille ? 
La présence ancienne d’une activité pétrolière suffit-elle à justifier son extension ? 
Il appartient aux autorités et aux juridictions compétentes de l’examiner au regard du droit applicable. Et, dans le contexte actuel, le droit, c’est de l’argent ! 
Reste une contradiction majeure. Alors que la France affirme vouloir réduire sa dépendance aux énergies dites « fossiles », avec une propagande tous azimuts pour l’électrique, une entreprise veut étendre l’extraction pétrolière dans un territoire où remplacer les arbres brûlés devrait être la mission prioritaire ! 
La décision judiciaire à venir dira si la demande de Vermilion peut aboutir. Quant aux explications sur la nécessité et les conséquences de cette extension pétrolière pour la forêt de La Teste-de-Buch, on fait confiance à Vermilion et au gouvernement pour être raccords. 
Est-il encore temps ou la messe est dite ? 
 
Sous l'Casque d'Erby
 

samedi 24 octobre 2026

Espagne : des élections anticipées pour quelles conséquences ?


Le drapeau de Ceuta flotte sur la ville espagnole ancrée sur la côte nord-africaine, mais aussi à travers toute l’Espagne en signe de solidarité, depuis son invasion fin juillet. Bicolore, noir et blanc, frappé d’armoiries centrales, son emblème remonte à la conquête lusitanienne de 1415. Il incarne une identité et une histoire singulières au cœur du royaume espagnol.
Pourtant, l’intrusion de la enclave par 80 000 « migrants » — l’équivalent de sa population autochtone — n’avait rien d’un accident. Ce fut un coup de pression calculé, exploitant méthodiquement les failles des politiques européennes sur fond de chantage et de corruption. 
Conséquence directe de ce désastre : l’Espagne s'apprête à retourner aux urnes pour des élections législatives anticipées, dans un climat de pression intenable où se mêlent haine et passions. 
Assailli par les blocages parlementaires, empêtré dans des affaires judiciaires de plus en plus glauques et sous la pression de vives tensions sociales, le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez est loin de conserver le pouvoir après huit années d’une gouvernance douteuse. Tâche d'autant plus compliquée que des nombreuses personnalités dans la direction du PSOE demandent ouvertement sa tête, l'accusant, lui et sa garde rapprochée, de gang de voyous n'ayant plus aucun lien de parenté avec l'idéal socialiste ! 
Crise aiguë du logement, flambée du coût de la vie, débats explosifs sur l’immigration, immobilisme suspect à Ceuta après l'invasion : le mécontentement populaire couve et s'amplifie. En parallèle, les frictions constantes avec la mosaïque de partis et de groupuscules extrêmes dont dépend sa majorité compliquent un peu plus l'équation. Deux voies antagonistes se dessinent désormais : le maintien de l'exécutif socialiste ou l’arrivée aux affaires d’une droite conservatrice soutenue par Vox. Une alternative qui ressemble à une aubaine pour le pouvoir en place : agiter le spectre du franquisme et l’épouvantail du militantisme « facha » pour s’extirper du piège dans lequel il s’est lui-même enfermé. 
Mais à force d’avoir été brandie à chaque échéance – et pas seulement en Espagne – cette stratégie de la peur semble usée jusqu'à la corde. Sur ce point, cependant, Sánchez n’a pas dit son dernier mot. Certaines mesures, telles que la Ley de Nietos, qui facilite l’accès à la nationalité espagnole pour des descendants d’Espagnols à l’étranger afin d’attirer par des avantages substantiels un électorat d'un type nouveau, suscitent des interrogations quant à l’honnêteté d’une telle manœuvre. 
De même, l’attribution de passeports espagnols à de jeunes ressortissants marocains, évoquée notamment à l’ambassade d’Espagne à Bruxelles, alimente les soupçons de ceux qui y voient une possible stratégie de fraude électorale à grande échelle. 
Les répercussions de ce scrutin pourraient être majeures pour l’avenir des politiques sociales et la gestion des flux migratoires, ainsi que la place de l’Espagne au sein de l’Union européenne. Bien que sur ce point la droite espagnole reste fidèle à l’UE, avec cependant quelques éclats de-ci, de-là. Pas plus. 
Pour autant, les urnes ne garantissent pas le retour à la stabilité. Faute de majorité claire, d'interminables négociations et le bricolage d'alliances bancales risquent de prolonger le désordre politique actuel. La lutte pour le pouvoir est une chose, la politique en est une tout autre. 
En définitive, l’enjeu dépasse la seule survie politique de Pedro Sánchez. Il s’agit de déterminer le cap économique et social que l'Espagne entend fixer pour son avenir, et la place qu'elle compte tenir dans une Europe déboussolée — une Union européenne qui se délite à force d’enfoncer les peuples dans le chaos. 
 
Sous l’Casque d’Erby
 

mardi 20 octobre 2026

Peste ou choléra ? Les deux, Monseigneur !

La France est sous très haute tension, et ce n'est pas un hasard. Le hasard n’existe pas en politique. Crises successives, frustrations ignorées, violence, choix politiques qui ont distendu le lien entre citoyens et dirigeants : la dégradation n'est plus une surprise, c’est un projet. Le danger survient quand les antagonismes cessent d'être un problème à résoudre pour devenir un jeu de manipulation politique. 
Une nation ne bascule pas dans le chaos du jour au lendemain. Elle y glisse, anneau après anneau, à mesure que les discours se durcissent, que la violence s’installe dans l'espace public, avec les dérives et les traumatismes habituels. Nul besoin d'une volonté de conflit : une succession de décisions et de calculs suffit à rendre la confrontation inévitable. 
Depuis bientôt dix ans, des dirigeants européens ont été désigné par les élites pour attiser la contestation, entretenir les violences urbaines, les affrontements avec les forces de l'ordre et le rejet croissant des institutions. La gouvernance par le chaos ne fait-elle pas partie de la politique de la « terre brûlée » chère à la minorité globaliste ? 
Il serait trop simple de n'y voir que des débordements épisodiques émaillant le fonctionnement politique d’une saine démocratie : c'est le symptôme d'un sentiment d'abandon que le pouvoir a traités par la communication clivante plutôt que par l'apaisement. L’invasion de la ville espagnole de Ceuta et l’attitude observée par Pedro Sánchez et son gouvernement en sont l’illustration. 
Le piège tient en un système tellement simple que lorsque l’on présente les traits, principaux l’on refuse de vous croire. À chaque élection, on nous propose un choix entre deux périls. La montée des extrêmes permettant au pouvoir de se poser en dernier rempart, la peur de l'alternative poussant la partie la plus aveugle de l'électorat à renouveler son soutien par défaut. La démocratie se réduisant à une succession de votes de barrage : on ne vote plus pour ce que l'on espère, mais pour le « moins pire ». 
Y a-t-il là une stratégie délibérée pour provoquer une guerre civile ? Rien ne permet de l'affirmer, même si les symptômes y sont palpables . Mais on peut juger un pouvoir sur les conséquences de ses choix, et l'incapacité à restaurer un dialogue apaisé. Une société sans perspectives est plus vulnérable aux extrémismes, et quand les institutions ne désamorcent plus les crises, mais les alimente, la violence n'est plus un incident : c'est le signe d'une gouvernance volontairement hasardeuse. 
La France mérite un pouvoir capable de rétablir l'autorité de l'État sans renoncer aux libertés, de sanctionner les violences sans exploiter les peurs, de s'attaquer aux causes des colères plutôt que d'en tirer profit. Mais la question fondamentale est : qui veut encore d’un pays souverain dans un continent gangrené par la tumeur technocratique ? L'enjeu dépasse Emmanuel Macron et les prochaines échéances : c'est la capacité de notre démocratie à sortir de l'affrontement permanent. Une démocratie ne s'effondre pas brutalement ; elle peut aussi s'éteindre à force de renoncements, d'impuissance et de désillusions. 
Quand le choix se résume à la peste ou au choléra, la vraie question n'est pas de savoir lequel est le moins mortel, mais pourquoi nous peinons tant à accepter de changer le processus de guérison.
Alors, l'avenir ? La connexion avec ma boule de cristal est rompue pour cause d'improbabilité. Même le destin manque de réseau !
 
Sous l'Casque d'Erby 
 
 

samedi 17 octobre 2026

France : souveraineté en spectacle, peuple enchaîné

Une nouvelle élection approche. Avec elle, la promesse de tourner la page de dix années de macroséisme — dix années qui sont les plus désastreuses de l’histoire de la Cinquième République. 
La France est-elle encore une nation souveraine ou le simple décor d’une vaste mise en scène ? Une réalité politique ou une illusion projetée sur écran géant ? 
Directement ou indirectement, chacun contribue à sa lente agonie : par conviction, par intérêt, par résignation ou par lâcheté. 
La France est un leurre. À l'instar de l’Espagne ou d’autres nations européennes, elle brandit sa souveraineté tout en se soumettant aux diktats d’une technocratie déconnectée : l’UE. Une machine bureaucratique qui prétend gouverner au nom de tous sans jamais avoir à répondre devant personne. 
Tous souverains, paraît-il. Tous libres ! Mais libres de quoi ? De choisir nos chaînes ? De désigner ceux qui administreront notre impuissance ? 
Tous libres, donc... mais pas tout à fait. Tous souverains... mais certains plus que d’autres. Tous candidats à la liberté... mais bien peu disposés à en assumer les conséquences. Voilà le paradoxe : un marché politique soi-disant libre dans un cercle fermé dont les portes ne s’ouvrent qu’aux initiés, aux puissants et aux privilégiés. C’est dans ce réduit que se joue l’impitoyable guerre d’ambitions que l’on nomme « campagne électorale ». On y détourne les mots, les idées, les concepts. Chaque principe est une arme, chaque conviction une opportunité, chaque promesse une marchandise électorale. 
Et chacun chantant en chœur : « Tous des tricheurs, sauf moi ! » 
Et moi ! Et moi ! Et moi ! 
La politique est un théâtre d’ombres où les egos remplacent les programmes et où l’ambition personnelle remplace les projets nationaux. Chaque candidat réclame sa place sous les projecteurs, prétend incarner le renouveau et promet de sauver le pays — ce même pays qu’il contribue à ruiner. 
Pendant que l'on se dispute les restes, la réalité continue de broyer ceux qui n’ont ni tribune ni porte-parole. Que deviennent ceux qui osent sortir du cercle ? Qu'advient-il des Gilets jaunes, des lycéens ou des agriculteurs acculés jusqu’au suicide ? Que réserve-t-on à celles et ceux qui contestent, refusent et ne se reconnaissent plus dans cette mascarade institutionnelle ? 
Une bonne bastonnade ! 
On les matraque, on les discrédite, on les poursuit et on les déclasse. On les livre en pâture à une vindicte publique prompte à condamner avant de comprendre, hurlant au fascisme sans même en connaître le sens. 
Une démocratie qui redoute son peuple, une République qui méprise ses citoyens et un pouvoir qui confond contestation et menace ne peuvent indéfiniment se réfugier derrière les concepts qu’ils ont dénaturés. 
À l’approche de cette nouvelle joute électorale, la véritable question n’est pas de savoir qui saura le mieux promettre le salut de la France. Elle est de savoir si la France dispose encore des moyens de décider de son destin. 
Une nation ne meurt pas seulement lorsque ses frontières s'effacent ou que son drapeau s'abaisse. Elle meurt aussi quand son peuple cesse de croire que sa voix compte ; lorsque sa colère devient un délit moral ; lorsque ses libertés se réduisent à des permissions révocables ; et lorsque ses élections ne servent qu’à faire croire qu'elles sont importantes !
 
Sous l'Casque d'Erby
 

mardi 13 octobre 2026

De l’utopie à l’atlantisme : la gauche en perdition

 
Erby
Tout le monde le sait, peu osent le reconnaître : la gauche — terme générique pour désigner une nébuleuse — n’existe pas. Pour tout dire, elle n’a jamais existé. La gauche est une utopie mise en bière avant même d’avoir vécu. A contrario, des gens qui ont tout donné pour elle, à la vie, à la mort, eux, ont bel et bien été leurrés jusqu’à la fin des temps. À ce point leurrés, à ce point gavés de doctrine et conditionnés que, s’ils revenaient, ils reformeraient des bataillons entiers pour, une nouvelle fois, tomber dans le même piège. 
J’ai lu quelque part que l’homme est un animal, un vrai, un tatoué, le seul qui vit pour se raconter des histoires ! 
Dimanche, Ségolène Royal, éternelle perdante — à croire qu’elle aime ça —, n’a pas caché sa scoumoune chronique en découvrant les résultats de la primaire socialiste. Elle a lâché, laconique : « Le stagiaire a gagné la primaire, malheureusement. » 
Raphaël Glucksmann, élu dès le premier tour avec 66 % des voix, est le dernier d’une entreprise familiale, avec le charisme d’une huître à qui on aurait chouré la perle, jouant et mouillant le maillot pour l’impérialisme sioniste. Si quelqu’un y voit un pléonasme, c’est volontaire ! 
On nous le vend comme un gars de gauche de nouvelle génération, mais qui est-il, sinon le jouet d’un sinistre projet : contrôler le monde par le mensonge, le chantage et la violence. Le gentil petit soldat que voilà ! 
La question revient lourdement : comment un homme pareil a-t-il pu arriver là ? Comment un type tel que celui qui squatte l’Élysée aujourd’hui, avec le même pourcentage de popularité, peut-il se retrouver à la tête d’un pays qu’il enfonce méthodiquement dans les abysses ? 
Les néoconservateurs français, BHL, Kouchner et tant d'autres, sont à la fête. Ils ne quitteront peut-être pas ce monde sans assister à l’effondrement du pays qui les a tant nourris ! Bel exemple de noblesse ! 
Tous sont passés de l’extrême gauche au camp impérialiste et « radicalement sioniste » sans état d'âme. 
En 2003, le père Glucksmann n’avait-il pas milité sans ciller en faveur de la guerre d’Irak ? C’est ce réseau qui a aidé à bâtir la gauche libérale, pro-européenne et atlantiste qui nous fait croire qu’elle est la prophétie tant attendue. 
Quarante ans plus tard, cette gauche se donne le fils Glucksmann pour candidat… 
Je vous le dis : le père Noël est une ordure ! 
 
Sous l'Casque d'Erby