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Il existe désormais une élite sans mandat, mais non sans pouvoir : une « aristocratie » morale qui ne gouverne pas, mais qui décrète. Elle ne dit pas seulement « je ne suis pas d’accord ». Elle dit « ceci est indigne ».
On vous décrète antisémite ou facho, parce que vous exprimez une pensée contradictoire. Bientôt, cela se pratique déjà, des tribunaux réels vont sanctionner ces écarts à grande échelle. C’est dans les cartons et Orwell nous l’avait annoncé.
Ce qui inquiète cette élite du larbinage n’est pas tant l’existence d’idées qu’elle combat — ce qui l’inquiète, c’est qu’elles puissent être choisies librement.
Ainsi donc, je lisais cela hier de la bouche d’une célébrité éphémère qui veut sauver le monde, entre deux séquences d’épilation intime et un selfie égocentré, que la femme précipite sa perte en empruntant le chemin scabreux des idées extrémistes. Entendez par là, le chemin ô combien périlleux de l’extrême-droite !
Et pourquoi cela ? Parce qu’elles se sont mis en tête de défendre des valeurs dites « conservatrices » ! Autrement dit, le pays dans lequel elles vivent.
La stupeur n’est jamais feinte lorsque certaines femmes, à force de subir, finissent par s’écarter du chemin balisé.
Après avoir été femme soumise. Femme au foyer. Femme objet. Pétroleuse. Femme libérée, insoumise, révolutionnaire, les voici opérant un virage à 360° pour devenir ce qu’elles ne sont surtout pas : des fachos !
On ne débat plus avec elles. On les explique. On les dissèque. On les soupçonne. La liberté devient un problème à corriger. On prétend défendre l’émancipation, mais à condition qu’elle aille dans le bon sens.
Derrière cette indignation se cache un mépris social à peine maquillé. On transforme des peurs en fautes morales.
Et pendant que l’on excommunie à tour de bras, les structures de pouvoir, elles, ne vacillent pas. Les inégalités se creusent, les décisions majeures échappant largement au débat public.
Aucune caste culturelle, aucun milieu médiatique, aucun cercle auto-certifié n’est et ne doit être la frontière du pensable. La démocratie n’est pas un club privé où l’on entre par cooptation idéologique.
Ce qui effraie l’ordre moral contemporain — et l’opinion manipulée — ce n’est pas l’extrême. C’est l’indiscipline. C’est l’idée qu’une femme — ou quiconque — puisse penser sans demander l’aval du comité central de la vertu.
On croyait l’émancipation acquise et la démocratie installée ; on découvre que tout est sous licence.
Sous l’Casque d’Erby













