mardi 20 octobre 2026

Peste ou choléra ? Les deux, Monseigneur !

La France est sous très haute tension, et ce n'est pas un hasard. Le hasard n’existe pas en politique. Crises successives, frustrations ignorées, violence, choix politiques qui ont distendu le lien entre citoyens et dirigeants : la dégradation n'est plus une surprise, c’est un projet. Le danger survient quand les antagonismes cessent d'être un problème à résoudre pour devenir un jeu de manipulation politique. 
Une nation ne bascule pas dans le chaos du jour au lendemain. Elle y glisse, anneau après anneau, à mesure que les discours se durcissent, que la violence s’installe dans l'espace public, avec les dérives et les traumatismes habituels. Nul besoin d'une volonté de conflit : une succession de décisions et de calculs suffit à rendre la confrontation inévitable. 
Depuis bientôt dix ans, des dirigeants européens ont été désigné par les élites pour attiser la contestation, entretenir les violences urbaines, les affrontements avec les forces de l'ordre et le rejet croissant des institutions. La gouvernance par le chaos ne fait-elle pas partie de la politique de la « terre brûlée » chère à la minorité globaliste ? 
Il serait trop simple de n'y voir que des débordements épisodiques émaillant le fonctionnement politique d’une saine démocratie : c'est le symptôme d'un sentiment d'abandon que le pouvoir a traités par la communication clivante plutôt que par l'apaisement. L’invasion de la ville espagnole de Ceuta et l’attitude observée par Pedro Sánchez et son gouvernement en sont l’illustration. 
Le piège tient en un système tellement simple que lorsque l’on présente les traits, principaux l’on refuse de vous croire. À chaque élection, on nous propose un choix entre deux périls. La montée des extrêmes permettant au pouvoir de se poser en dernier rempart, la peur de l'alternative poussant la partie la plus aveugle de l'électorat à renouveler son soutien par défaut. La démocratie se réduisant à une succession de votes de barrage : on ne vote plus pour ce que l'on espère, mais pour le « moins pire ». 
Y a-t-il là une stratégie délibérée pour provoquer une guerre civile ? Rien ne permet de l'affirmer, même si les symptômes y sont palpables . Mais on peut juger un pouvoir sur les conséquences de ses choix, et l'incapacité à restaurer un dialogue apaisé. Une société sans perspectives est plus vulnérable aux extrémismes, et quand les institutions ne désamorcent plus les crises, mais les alimente, la violence n'est plus un incident : c'est le signe d'une gouvernance volontairement hasardeuse. 
La France mérite un pouvoir capable de rétablir l'autorité de l'État sans renoncer aux libertés, de sanctionner les violences sans exploiter les peurs, de s'attaquer aux causes des colères plutôt que d'en tirer profit. Mais la question fondamentale est : qui veut encore d’un pays souverain dans un continent gangrené par la tumeur technocratique ? L'enjeu dépasse Emmanuel Macron et les prochaines échéances : c'est la capacité de notre démocratie à sortir de l'affrontement permanent. Une démocratie ne s'effondre pas brutalement ; elle peut aussi s'éteindre à force de renoncements, d'impuissance et de désillusions. 
Quand le choix se résume à la peste ou au choléra, la vraie question n'est pas de savoir lequel est le moins mortel, mais pourquoi nous peinons tant à accepter de changer le processus de guérison.
Alors, l'avenir ? La connexion avec ma boule de cristal est rompue pour cause d'improbabilité. Même le destin manque de réseau !
 
Sous l'Casque d'Erby 
 
 

samedi 17 octobre 2026

France : souveraineté en spectacle, peuple enchaîné

Une nouvelle élection approche. Avec elle, la promesse de tourner la page de dix années de macroséisme — dix années qui sont les plus désastreuses de l’histoire de la Cinquième République. 
La France est-elle encore une nation souveraine ou le simple décor d’une vaste mise en scène ? Une réalité politique ou une illusion projetée sur écran géant ? 
Directement ou indirectement, chacun contribue à sa lente agonie : par conviction, par intérêt, par résignation ou par lâcheté. 
La France est un leurre. À l'instar de l’Espagne ou d’autres nations européennes, elle brandit sa souveraineté tout en se soumettant aux diktats d’une technocratie déconnectée : l’UE. Une machine bureaucratique qui prétend gouverner au nom de tous sans jamais avoir à répondre devant personne. 
Tous souverains, paraît-il. Tous libres ! Mais libres de quoi ? De choisir nos chaînes ? De désigner ceux qui administreront notre impuissance ? 
Tous libres, donc... mais pas tout à fait. Tous souverains... mais certains plus que d’autres. Tous candidats à la liberté... mais bien peu disposés à en assumer les conséquences. Voilà le paradoxe : un marché politique soi-disant libre dans un cercle fermé dont les portes ne s’ouvrent qu’aux initiés, aux puissants et aux privilégiés. C’est dans ce réduit que se joue l’impitoyable guerre d’ambitions que l’on nomme « campagne électorale ». On y détourne les mots, les idées, les concepts. Chaque principe est une arme, chaque conviction une opportunité, chaque promesse une marchandise électorale. 
Et chacun chantant en chœur : « Tous des tricheurs, sauf moi ! » 
Et moi ! Et moi ! Et moi ! 
La politique est un théâtre d’ombres où les egos remplacent les programmes et où l’ambition personnelle remplace les projets nationaux. Chaque candidat réclame sa place sous les projecteurs, prétend incarner le renouveau et promet de sauver le pays — ce même pays qu’il contribue à ruiner. 
Pendant que l'on se dispute les restes, la réalité continue de broyer ceux qui n’ont ni tribune ni porte-parole. Que deviennent ceux qui osent sortir du cercle ? Qu'advient-il des Gilets jaunes, des lycéens ou des agriculteurs acculés jusqu’au suicide ? Que réserve-t-on à celles et ceux qui contestent, refusent et ne se reconnaissent plus dans cette mascarade institutionnelle ? 
Une bonne bastonnade ! 
On les matraque, on les discrédite, on les poursuit et on les déclasse. On les livre en pâture à une vindicte publique prompte à condamner avant de comprendre, hurlant au fascisme sans même en connaître le sens. 
Une démocratie qui redoute son peuple, une République qui méprise ses citoyens et un pouvoir qui confond contestation et menace ne peuvent indéfiniment se réfugier derrière les concepts qu’ils ont dénaturés. 
À l’approche de cette nouvelle joute électorale, la véritable question n’est pas de savoir qui saura le mieux promettre le salut de la France. Elle est de savoir si la France dispose encore des moyens de décider de son destin. 
Une nation ne meurt pas seulement lorsque ses frontières s'effacent ou que son drapeau s'abaisse. Elle meurt aussi quand son peuple cesse de croire que sa voix compte ; lorsque sa colère devient un délit moral ; lorsque ses libertés se réduisent à des permissions révocables ; et lorsque ses élections ne servent qu’à faire croire qu'elles sont importantes !
 
Sous l'Casque d'Erby
 

mardi 13 octobre 2026

De l’utopie à l’atlantisme : la gauche en perdition

 
Erby
Tout le monde le sait, peu osent le reconnaître : la gauche — terme générique pour désigner une nébuleuse — n’existe pas. Pour tout dire, elle n’a jamais existé. La gauche est une utopie mise en bière avant même d’avoir vécu. A contrario, des gens qui ont tout donné pour elle, à la vie, à la mort, eux, ont bel et bien été leurrés jusqu’à la fin des temps. À ce point leurrés, à ce point gavés de doctrine et conditionnés que, s’ils revenaient, ils reformeraient des bataillons entiers pour, une nouvelle fois, tomber dans le même piège. 
J’ai lu quelque part que l’homme est un animal, un vrai, un tatoué, le seul qui vit pour se raconter des histoires ! 
Dimanche, Ségolène Royal, éternelle perdante — à croire qu’elle aime ça —, n’a pas caché sa scoumoune chronique en découvrant les résultats de la primaire socialiste. Elle a lâché, laconique : « Le stagiaire a gagné la primaire, malheureusement. » 
Raphaël Glucksmann, élu dès le premier tour avec 66 % des voix, est le dernier d’une entreprise familiale, avec le charisme d’une huître à qui on aurait chouré la perle, jouant et mouillant le maillot pour l’impérialisme sioniste. Si quelqu’un y voit un pléonasme, c’est volontaire ! 
On nous le vend comme un gars de gauche de nouvelle génération, mais qui est-il, sinon le jouet d’un sinistre projet : contrôler le monde par le mensonge, le chantage et la violence. Le gentil petit soldat que voilà ! 
La question revient lourdement : comment un homme pareil a-t-il pu arriver là ? Comment un type tel que celui qui squatte l’Élysée aujourd’hui, avec le même pourcentage de popularité, peut-il se retrouver à la tête d’un pays qu’il enfonce méthodiquement dans les abysses ? 
Les néoconservateurs français, BHL, Kouchner et tant d'autres, sont à la fête. Ils ne quitteront peut-être pas ce monde sans assister à l’effondrement du pays qui les a tant nourris ! Bel exemple de noblesse ! 
Tous sont passés de l’extrême gauche au camp impérialiste et « radicalement sioniste » sans état d'âme. 
En 2003, le père Glucksmann n’avait-il pas milité sans ciller en faveur de la guerre d’Irak ? C’est ce réseau qui a aidé à bâtir la gauche libérale, pro-européenne et atlantiste qui nous fait croire qu’elle est la prophétie tant attendue. 
Quarante ans plus tard, cette gauche se donne le fils Glucksmann pour candidat… 
Je vous le dis : le père Noël est une ordure ! 
 
Sous l'Casque d'Erby 
 
 

lundi 5 octobre 2026

Lycéens dans la rue : qui tient la laisse ?

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À première vue, l'histoire est simple : des lycéens descendent dans la rue parce que leur école va mal. Manque de professeurs, classes trop chargées, bâtiments dégradés, avenir bouché. La colère est réelle. Elle n'a besoin d'aucun complot pour exister. 
Mais une fois la rue occupée, une autre partie commence. 
Une mobilisation spontanée est tout sauf prévisible. Les plateformes militantes sont au taquet. Un objectif : canaliser, contrôler, guider, diviser, tirer la couverture à soi, pour que tout redevienne comme avant. C'est la vérité vraie ! 
Ceux qui disposent de militants, de syndicats, de relais médiatiques et de réseaux sociaux le savent : la confusion est le meilleur garant de l’ordre. Pour l’État, c’est de la routine : il suffit de quelques personnes organisées en bande, placées aux bons endroits, transformant une colère pacifique en chaos organisé. 
C'est ce que l'on observe aujourd'hui. Ce que nous voyions hier. Ce que les livres d’histoire nous montrent avec des faits imparables ! 
Des organisations lycéennes et étudiantes structurent le mouvement. Des syndicats cherchent la convergence. Personne ne veut rater le train. C’est la cohue ! La CGT ne peut qu’envisager la mobilisation, faute de quoi... Les militants de La France insoumise, excités comme des puces sauteuses, font du moulinet une œuvre d’art. À force, ils vont finir par se désarticuler ! 
En Seine-Saint-Denis, on note l'intervention de militants politiques dans l'organisation et la communication des actions. Qui pour s’en étonner ? 
Faut-il en conclure que les lycéens sont manipulés ? Ils ne seraient pas les seuls, ni les derniers ! 
Ne nous y trompons pas cependant : une mobilisation peut être spontanée et récupérée en cours de route. Elle peut paradoxalement être authentique et instrumentalisée. Le jeune qui bloque son lycée parce qu'il en a assez de ses conditions d'étude n'est pas nécessairement le militant qui, quelques heures plus tard, transforme cette colère en contenu viral, avec selfies à l’appui, en veux-tu, en voilà ! 
Car, comme à chaque événement de même nature, chacun a intérêt à raconter l’histoire à sa manière. 
Pour la gauche radicale — façon de parler —, la mobilisation est la preuve d'une jeunesse qui refuse les choix gouvernementaux. Pour les syndicats, elle est l'occasion d'élargir le rapport de force afin de montrer un pouvoir débordé. Et le gouvernement dans tout ça ? Dissocier les revendications scolaires des blocages et, surtout, des violences, afin de déplacer le débat de l'école vers celui de l'ordre public, quitte à se servir de ses propres casseurs pour parvenir à ses fins. 
Quatre récits pour une seule colère. Qui ne perdrait pas son latin ? 
Car dès qu'une voiture brûle, qu'un établissement est dégradé ou qu'un affrontement éclate, les revendications initiales disparaissent des écrans. Le débat n'est plus : « Pourquoi ces jeunes sont-ils dans la rue ? » Il devient : « Qui contrôle les débordements ? »  
Le pouvoir peut alors dénoncer une mobilisation incontrôlable. Ses adversaires y voient une répression politique. Les images circulent, les réseaux s'enflamment, chacun sélectionne celles qui confortent son récit. 
Pendant ce temps, le sujet de départ — l'état de l'école — recule. Celui de la société qui s’en soucie ? La ruine du pays dont nos dirigeants en ont la responsabilité, qui en parle vraiment ? 
C'est ainsi qu'une colère sociale se transforme en bataille politique avec les ingrédients clivants de la future présidentielle ! 
Ou comment s’offrir une belle propagande sur le dos de pauvres gens ! 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

vendredi 2 octobre 2026

Perversité narcissique en Ibérie

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Le traité d'amitié franco-espagnol a surtout servi de prétexte à des règlements de comptes entre ennemis politiques, bien plus qu'à une quelconque hostilité envers la France. Il s'inscrit sur fond d'invasion de Ceuta : en juillet-août 2026, entre 50 000 et 70 000 personnes ont franchi en quelques jours la frontière marocaine, la majorité étant rapidement retournée. L'opposition dénonce un épisode d'invasion orchestrée face à l'inertie du gouvernement de Pedro Sánchez, tandis que celui-ci parle seulement de « crise migratoire soudaine ». 
Cette passivité a déclenché des manifestations et des marques de soutien dans toute l'Espagne, où on y voit de la haute trahison. 
Alors qu'Emmanuel Macron débarquait à Madrid pour sceller des accords, panser ses plaies politiques et jouer les héros de Top Gun, le Sénat espagnol a rejeté le texte négocié avec l'exécutif. Une gifle parlementaire pour Pedro Sánchez, un camouflet pour sa politique européenne et une petite fessée pour le président français, venu chercher une consécration diplomatique qui lui a finalement échappé. 
Macron attendra avant de parader ! Quand deux pervers narcissiques sont à la manœuvre, cela ne peut que faire des étincelles, même si tous deux font tout pour relativiser le bruit de la claque ! 
Derrière ce vote se joue avant tout l'affrontement entre la majorité socialiste et l'opposition conservatrice, rien que nous n'ayons déjà vu maintes et maintes fois dans l'arène politique. Le Parti populaire (PP) conteste certaines dispositions du traité, à commencer par la participation de ministres français à des réunions gouvernementales espagnoles, tandis que Vox (équivalent espagnol du RN) y voit l'occasion de dénoncer les orientations européennes et environnementales de Sánchez. 
Faut-il pour autant y voir une poussée d'hostilité anti-française ? Pas du tout. Les relations économiques, diplomatiques et stratégiques entre les deux pays demeurent étroites. Le rejet parlementaire ne traduit pas une remise en cause de l'amitié franco-espagnole. Le véritable enjeu est politique : il s'agit d'affaiblir Pedro Sánchez en contestant l'un des symboles de sa politique européenne.  Dans un climat intérieur tendu, le traité devient un instrument de confrontation. La droite espagnole affiche sa fermeté face au gouvernement, tandis que Sánchez dénonce un blocage préjudiciable à la coopération européenne. 
Lors de leur rencontre, les deux dirigeants ont affiché la volonté de préserver les relations franco-ibériques. Le message est aussi simple que la gifle est vexante pour les protagonistes : les désaccords parlementaires espagnols ne sauraient compromettre les liens entre les deux États. 
En définitive, cet épisode relève d'un bras de fer de politique intérieure plutôt que d'une crise bilatérale. Il rappelle combien les relations internationales servent de terrain d'affrontement partisan lorsque le gouvernement en place est fragilisé. L'amitié entre Paris et Madrid reste intacte, même si Emmanuel Macron n'a pas obtenu la vitrine politique qu'il espérait. 
Quant à Sánchez, il a intérêt à s'atteler aux problèmes de Ceuta plutôt qu'à agiter des écrans de fumée, tous aussi foireux les uns que les autres. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

vendredi 25 septembre 2026

L'animal politique sans masques

Pixabay
Temps extrêmes, météo déchaînée : il y a les pour, les contre et les indécis. Le tout orchestré par les mains fermes de la Matrice, dont l’homme politique n’est que le servile exécutant. 
L'animal politique est quelqu’un qui voudrait être bon, lutter pour son prochain avec amour et désintéressement. Accordons-lui le bénéfice du doute. Mais ça, c'est la théorie, le rêve, la série à l’eau de rose que plus personne n’a envie de regarder. La belle image d’Épinal qui a accompagné tous ceux qui, un jour, ont décidé de se mettre au « service des autres ». 
En réalité, s'il s'est engagé dans la carrière politique, c'est parce qu'il en a flairé la « bonne affaire ». Ayant très vite compris la portée de ces privilèges, il a découvert qu'il n'y a rien de plus sûr pour quiconque souhaite s'adonner à ce que le vol et la tromperie ont de plus rentable et de mieux protégé : une carrière d'homme public. 
Entrer en politique ne signifie pas seulement accéder au pouvoir. Cela veut dire entrer dans un monde de privilèges, de prébendes, d'influences et de silences. Voilà pourquoi l'opposition entre les candidats n'a pas pour objet la lutte pour des valeurs fondamentales comme l'honneur, mais la seule conquête du pouvoir et l’épanouissement personnel. 
C'est un monde dans lequel les responsabilités se diluent, les promesses s'oublient et les erreurs deviennent de simples accidents vite effacés. Cela offre des droits et l'impunité, quoi que l'on fasse — et quoi qu'il en coûte aux peuples. L'homme politique peut se tromper, mentir, trahir ses promesses, changer de discours ou servir ses propres intérêts tout en proclamant défendre ceux des autres, tout en conservant intacte la dignité qu'il s'attribue lui-même. 
Le pouvoir a cette capacité de protéger ceux qui l'exercent, même lorsqu'ils ne méritent plus la confiance qui leur a été accordée. L'animal politique apprend vite que le pouvoir ne permet pas seulement de commander : il permet aussi de se justifier. Lorsqu'il découvre que le mot « service » peut devenir un alibi pour accéder aux privilèges, la vocation se confond alors avec l'ambition. 
L'homme qui disait vouloir lutter pour son prochain finit par lutter pour son poste. Celui qui parlait de sacrifice apprend à jouir des avantages de la fonction. Celui qui promettait de représenter les autres finit par ne représenter que lui-même. Ainsi, peu à peu, le rêve se transforme en métier, le métier en carrière et la carrière en un mécanisme d’autoprotection. 
C'est là le plus triste chez l'animal politique : il a commencé en voulant être bon et a fini par découvrir que, dans les sphères du pouvoir, il n'est plus nécessaire de l'être. Alors que le citoyen ordinaire répond de ses actes, l'homme public dispose de moyens extraordinaires pour échapper aux conséquences des siens. 
Le pouvoir, lorsqu'il cesse d'être un instrument au service du bien commun, devient alors un repaire de ruffians au service de la Matrice. 
 
Sous l’Casque d’Erby
 
 

lundi 21 septembre 2026

Les Renards Futés tirent le rideau

Les Renards Futés
Quand des amis baissent les bras, épuisés par un poids devenu insupportable, leur douleur est aussi la mienne. Pas besoin d’imaginer ce qu’ils ressentent : leur souffrance me touche et résonne en moi, à des degrés moindres, car j'ai connu cette même épreuve et ce sentiment d’impuissance, de découragement et de colère. 
Après les « Moutons enragés », c’est au tour des « Renards Futés » de mettre un genou à terre. Une fois de plus, c’est bien plus qu’un simple blog qui disparaît : c’est une voix qui s’éteint, une énergie qui s’essouffle et un pan entier du monde des luttes qui s'efface à un moment crucial.
Derrière ces engagements, des femmes et des hommes ont donné sans compter : leur temps, leurs nuits, leurs forces, et une part importante d’eux-mêmes. Il faut des convictions profondes et un courage rare pour porter un combat et œuvrer pour l’intérêt général sans jamais chercher de reconnaissance ni de profit — contrairement à ceux qui ont fait de la politique un commerce lucratif et du pays dont ils ont la charge, une ruine. 
C’est ce qui me bouleverse le plus : voir des personnes sincères, animées par le désir de faire bouger les lignes, finir broyées par l'épuisement et la disproportion des moyens face à un adversaire puissant et impitoyable. 
Leur abandon me fait mal. Au-delà des débats, il y avait là une passion et des êtres humains qui refusaient de rester simples spectateurs. Voir des amis renoncer, c’est partager leur fatigue, leur désillusion et leur peine. 
Et quand une voix comme la leur s’éteint, c’est une partie de nous tous qui sombre dans le silence. 
 
Sous le Casque d’Erby