lundi 2 mars 2026

Le Grand Échiquier

 

Il y a les cartes qu’on nous montre : frontières nettes, drapeaux en miniature, sigles sérieux. L’état des forces du « bien », balisé comme un plan de métro pour touristes pressés. Et puis il y a l’autre carte, celle qu’on ne montre jamais. Une toile d’araignée collante, invisible, mortelle. Celle qui porte le deuil de l’humanité. 
On nous parle de bases américaines à l’étranger. Une centaine, alignées comme des cases de jeu de l’oie. On imagine des soldats jouant aux cartes sous un ventilateur, des cantines avec des hamburgers tièdes. Un peu comme dans le film M.A.S.H. de Robert Altman. 
Sauf que ces « colonies » ont des pistes pour bombardiers, des hangars pour drones, des rotations temporaires qui durent depuis vingt ans et plus. Ce n’est plus une présence : c’est un filet jeté sur la planète, maille après maille, qui ne dort jamais. Radars, satellites, stocks d’armes… tout attend son heure. 
Quand on recule, trois cercles apparaissent : Moscou, Téhéran, Pékin. Trois colliers de sécurité, trois ceintures (de « chasteté » ?) pour nous protéger. 
 
À l’Est : la guerre froide revient 
Depuis 2014, l’Europe de l’Est n’est plus un vieux film en noir et blanc. Les convois roulent jour et nuit, les missiles lèvent leur museau comme des chiens de garde, et les bataillons multinationaux s’installent à demeure. On parle de « stabilité » tandis que l’Ukraine devient ligne de front, terrain de guerre pour puissances occidentales. 
Les morts s’accumulent, anonymes, pendant que les décideurs calculent, surveillent, planifient et distillent des sanctions qui se retournent contre les peuples qu'ils dirigent.
 
Au Sud : on joue avec le feu 
Dans le Golfe, l’air sent l’orage à plein nez. Des porte-avions glissent dans le détroit d’Ormuz, trente kilomètres de goulot d’étranglement par où passe le sang noir de la planète. On nous dit que c’est pour « contenir la menace iranienne ». L’Iran chercherait ce qu’Israël possède depuis 1960, et on nous explique que l’étouffer, c’est pour notre bien. On pousse l’opinion intérieure de l’Iran à se libérer de l’oppression, de l’État « autocratique », mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est la même stratégie utilisée précédemment, en Irak et en Libye, avec le résultat que l’on sait. 
De son côté, Israël, au cœur du complot, pousse, teste les limites, accumule tensions et violences et là, rien à signaler. Tout va bien. Or, tout ne va pas bien avec Israël depuis sa fondation forcée et ses multiples crimes de guerre ! 
Et la question est : Qui des États-Unis ou d’Israël manipule qui ? 
Et si la position de Trump était un piège tendu au sionisme ? Les paris sont ouverts. 
 
À l’Est lointain : patience et contrôle 
Bases au Japon, navires en Corée, manœuvres autour de Taïwan. Prévenir, dissuader, stabiliser : toujours la même musique pour instruments de guerre. Les pièces avancent, reculent, menacent, sans jamais renverser l’échiquier. Pour l’instant. Mais les échiquiers se renversent, les pièces se brisent, et même les joueurs les plus habiles se trompent. 
On nous assure que tout est calculé, maîtrisé, sous contrôle. Que la paix repose sur cet équilibre précaire. Moi, je regarde la carte invisible : arcs tendus, flottes en veille, missiles prêts. J’y vois de la folie. Une folie qui suppose que l’erreur est impossible, que la prudence est une science exacte, que l’histoire ne bifurque jamais. 
Je ne suis pas stratège. Je paie mes factures, je fais mes courses (de plus en plus difficilement), je ne regarde jamais le journal, je sais dans quel béton il est coulé. 
Mais je sais qu’ailleurs, quelqu’un dicte le narratif, calcule les trajectoires de missiles comme on calcule un itinéraire sur Google Maps. Quelqu’un décide, en notre nom, de ressources à piller, de guerres à déclencher, de vies à sacrifier. 
Le monde n’est pas un échiquier. C’est de la poudre à canon. Et nous sommes les étincelles. 
 
PS : J’allais toucher un mot sur le rôle insignifiant de la France dans le « concert des nations », mais je me ravise. Laissons-la à la place à laquelle Kéké Rose l’a mise. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 
 

dimanche 1 mars 2026

68, rue du bâtiment - Conte bref


 
Mai 68 hurle. Les idéologies virevoltent. L’ouvrier reste au sol, les mains pleines d'une poussière réelle. 
 
Le Quartier Latin, c’était une arène, un cirque. Pas celui des rires et des pommes d’amour, non : un cirque politique, bruyant, peuplé de prophètes en carton et de clowns qui s’ignoraient. 
Mai 68 y avait tout vomi : dogmes, barbes et certitudes — sans l’ombre d’un rasoir pour peler tout ça, nettoyer la peau. Ce n’était assurément pas un temps pour les coiffeurs-barbier. 
Marxistes amidonnés comme des curés ; trotskistes à lunettes cerclées s’écoutant penser sur les conditions de vie d’un prolétariat qu’ils n’avaient jamais vu ; maoïstes transis devant un dictateur niché à dix mille kilomètres ; libertaires Ploum Ploum-tralala ; révolutionnaires à temps partiel, rêvant de guérilla urbaine : révolution la nuit, café crème le matin, croissant beurré et bonne conscience. 
Ça défilait, ça citait, ça pérorait. Ça se prenait pour des icônes d’un patchwork d’idéologies rapiécées, couleurs criardes, slogans mal orthographiés et rêves trop grands pour leurs chaussures. 
Katmandou sous acide, la Goutte d’Or découvrant la dialectique : kermesse métaphysique où l’on fumait, hurlait, s’embrassait, refaisait le monde toutes les vingt minutes, rêvant de départs en stop et de communautés autonomes en Ardèche. 
Le ridicule ? On s’y roulait avec bonheur. Plus c’était grotesque, plus ça se croyait profond ; plus c’était théâtral, plus ça se disait historique. Le sérieux déguisé en carnaval, le carnaval persuadé d’être l’Histoire. On criait « mort aux vaches » d’une voix prépubère, avant de rentrer dîner chez papa-maman. Eux avaient rangé le costume trois pièces dans la naphtaline — le temps vient toujours assez tôt. 
On brandissait le Petit Livre rouge comme une hostie exotique : « Tiens, camarade, ta part de salut — direction paradis… ou goulag, détail technique. Notre Dieu s’appelle Karl. » 
Karl comment ? 
On jouait à la révolution comme d’autres jouent aux cow-boys. On jouissait sans entrave.
Moi, je sortais du chantier, neuf heures par jour, un samedi jusqu’à midi sur deux. Jour de paye, dos en vrac, mains blanchies de plâtre, de ciment ou de peinture, les parois nasales enduite de poussière. La fatigue réelle, pas la dialectique. L’odeur âcre du travail collée aux fringues. 
C’était la Belle Époque ! Eux voulaient abattre le capitalisme ; certains allaient, pour le fun, jusqu'à se faire embaucher aux usines Renault de Billancourt, ça durait une semaine, un mois à tout casser ; moi, je ripolinais des murs en pensant à la bringue que j’allais faire avec mon acompte. Pas le même monde. 
Pourtant j’y allais, séduit par le tumulte — chaud, bordélique, humain dans ce qu’il a de carnavalesque. Dans les assemblées « barbares », on refaisait l’humanité sur des chaises branlantes qui grinçaient comme des certitudes. Des mots-marteaux : Peuple, Histoire, Révolution, Conscience. Tout le monde savait, personne n’apprenait, peu comprenaient.
Un moulin à vent rempli d’egos. Ils maudissaient le vieux monde, la France rance, ses Dupont, sa baguette, son litron, sans savoir planter une étagère droit ni tenir un niveau à bulle. 
Leur passion pour l’abstraction me fascinait : le monde comme concept, le peuple comme slogan, la misère comme poésie. 
J’ai compris : le savoir ne pousse pas dans le vacarme ; la pensée ne s’épanouit pas dans la foire. Le bruit, c’est l’ennemi de l’intelligence. 
Leurs certitudes faisaient plus de tapage que les marteaux-piqueurs. Alors, je me mettais en retrait. Je regardais le carnaval : chefs sans troupes, gourous sans disciples, révolutions finissant au bistrot, slogans qui collent aux semelles. Et je me disais : tout ça va mal vieillir. 
Ils ont appelé ça « héritage culturel », vendu leur jeunesse en coffret collector. Oubliée, la lutte de classes. Place au confort des idées, aux causes propres, aux indignations de salon. On repeint le monde sans jamais toucher les murs. 
Je me souviens du vacarme et des illusions en solde. De cette comédie humaine où chacun jouait au héros sans jamais salir ses mains, sans jamais sentir l’odeur de la vie. 
 
Sous l'Casque d'Erby
 
 

jeudi 26 février 2026

L’Europe, ou l’art de naviguer à vue

Combien sommes-nous, dans nos démocraties de façade, à nous croire à l’abri simplement parce que nos comptes sont à l’équilibre ? 
Comme dit l’autre, et nous sommes nombreux dans son cas : « Ce n’est pas la fin du monde qui fait peur, mais la fin du mois ! »  
Combien de temps encore pensons-nous que l’édifice tiendra debout ? Le temps qu’ils voudront ! 
Et au fond, qu’est-ce que l’Europe ? Certainement pas cette construction technocratique que l’on réduit à l’Union européenne. L’Europe est une civilisation, une profondeur historique, une puissance potentielle. 
Il faut relire Charles de Gaulle pour comprendre ce que pourrait être une Europe véritablement souveraine : une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », indépendante des blocs, maîtresse de son destin, enfin débarrassée des guerres. 
Ce n’est pas pour cela qu’on nous a vendu l’UE ? 
La vision gaullienne du continent a toujours inquiété les puissances maritimes dominantes, à commencer par Washington, D.C. et la City of London. 
Comprenons-nous pourquoi la guerre en Ukraine occupe une place si stratégique dans l’équilibre continental ? Elle redessine les alliances, réactive les dépendances, et empêche toute recomposition autonome de l’espace européen. 
Les peuples, dites-vous ? De la portion congrue ! Un vaccin par ici, une guerre plus loin, une pandémie bien orchestrée, une agriculture à terre, une migration sauvage... 
Cette Europe institutionnelle, étroitement intégrée aux intérêts financiers transatlantiques, ne s’est pas construite par hasard. L’histoire du XXe siècle montre déjà combien les logiques industrielles et bancaires dépassaient les frontières idéologiques. 
La question dérange, mais elle mérite d’être posée : pourquoi certains milieux d’affaires occidentaux ont-ils vu en Adolf Hitler un rempart contre d’autres menaces, celle, par exemple, d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural ? 
Les intérêts stratégiques ne se limitent jamais au court terme. Lorsque le régime nazi a cessé d’être prévisible et maîtrisable, les alliances ont changé. L’histoire n’est pas un conte moral ; elle est un jeu de puissances, d’intérêts et de rapports de force. Ce qui la rend opaque, ce ne sont pas les faits, mais les narratifs qui les entourent. 
Si l’on cherche les centres d’impulsion du système actuel, il faut regarder du côté des pôles politico-financiers comme Wall Street, Washington et la City. C’est là que se croisent capitaux, stratégie et influence. Les réseaux transnationaux — qu’ils prennent la forme de fondations, de forums ou de programmes d’élites — façonnent les décideurs bien avant qu’ils n’accèdent aux responsabilités. Dès lors, la question devient existentielle : l’Europe peut-elle redevenir un sujet politique, ou restera-t-elle un espace administré ?
Retrouver des marges de souveraineté, réapprendre la décision politique, redéfinir l’intérêt des peuples — voilà l’enjeu véritable. 
Penser large, penser long, penser civilisationnel : c’est peut-être la seule manière d’espérer voir, un jour, la lumière traverser la muraille de la nuit. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

 

mardi 24 février 2026

Brevet de vertu et condamnation express

Image IA
Les réseaux sociaux, ce sont des salles d’audience portatives. On y juge en accéléré, on y condamne encore plus vite, et on y délivre des brevets de vertu comme on distribue des bons points, en même temps qu’ils servent de caisses de résonance à des scandales que l’État et les élites cherchent à cacher. 
Il existe désormais une élite sans mandat, mais non sans pouvoir : une « aristocratie » morale qui ne gouverne pas, mais qui décrète. Elle ne dit pas seulement « je ne suis pas d’accord ». Elle dit « ceci est indigne »
On vous décrète antisémite ou facho, parce que vous exprimez une pensée contradictoire. Bientôt, cela se pratique déjà, des tribunaux réels vont sanctionner ces écarts à grande échelle. C’est dans les cartons et Orwell nous l’avait annoncé. 
Ce qui inquiète cette élite du larbinage n’est pas tant l’existence d’idées qu’elle combat — ce qui l’inquiète, c’est qu’elles puissent être choisies librement. Ainsi donc, je lisais cela hier de la bouche d’une célébrité éphémère qui veut sauver le monde, entre deux séquences d’épilation intime et un selfie égocentré, que la femme précipite sa perte en empruntant le chemin scabreux des idées extrémistes. Entendez par là, le chemin ô combien périlleux de l’extrême-droite !
Et pourquoi cela ? Parce qu’elles se sont mis en tête de défendre des valeurs dites « conservatrices » ! Autrement dit, le pays dans lequel elles vivent. 
La stupeur n’est jamais feinte lorsque certaines femmes, à force de subir, finissent par s’écarter du chemin balisé.
Après avoir été femme soumise. Femme au foyer. Femme objet. Pétroleuse. Femme libérée, insoumise, révolutionnaire, les voici opérant un virage à 360° pour devenir ce qu’elles ne sont surtout pas : des fachos !
On ne débat plus avec elles. On les explique. On les dissèque. On les soupçonne. La liberté devient un problème à corriger. On prétend défendre l’émancipation, mais à condition qu’elle aille dans le bon sens. 
Derrière cette indignation se cache un mépris social à peine maquillé. On transforme des peurs en fautes morales. Et pendant que l’on excommunie à tour de bras, les structures de pouvoir, elles, ne vacillent pas. Les inégalités se creusent, les décisions majeures échappant largement au débat public. 
Aucune caste culturelle, aucun milieu médiatique, aucun cercle auto-certifié n’est et ne doit être la frontière du pensable. La démocratie n’est pas un club privé où l’on entre par cooptation idéologique.
Ce qui effraie l’ordre moral contemporain — et l’opinion manipulée — ce n’est pas l’extrême. C’est l’indiscipline. C’est l’idée qu’une femme — ou quiconque — puisse penser sans demander l’aval du comité central de la vertu. 
On croyait l’émancipation acquise et la démocratie installée ; on découvre que tout est sous licence. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

dimanche 22 février 2026

La ration du naufragé - Conte bref

Les lieux se souviennent parfois à notre place — non des mots dits, mais des silences. On les traverse sans les voir, comme l’air qu’on respire, jusqu’à ce qu’il manque. Alors, on avance, une image en main, et l’on interroge le silence. 
 
Le hall ne se traverse pas.
Il s’étire, se contracte, hésite à tenir debout. Le silence y est matière — dense, visqueuse — où dérivent des silhouettes usées. Pas des fantômes, mais des restes de fantômes. Des formes que le souvenir a désertées. 
Elles se frôlent, s’emboîtent, se repoussent dans des affrontements sans cris. Une violence sans colère, méthodique, ancienne. 
Des nuages de poussières quadrillent l’espace.
Ici, pas de blessés. Pas de sang. Pas d’explosion. Tout est déjà consommé. La guerre a lieu sans que personne sache ce que c’est. Personne ne réclame les disparus. Personne ne dresse de liste. Les registres se sont dissous. S’ils ont existé. 
Dans cet espace aux limites mouvantes, un vivant apparaît — anomalie tiède parmi les ombres froides qui l’observent, ou pas. Il avance avec précaution, comme si le sol était lui-même une absence. Entre ses doigts, une photographie sépia. Une image pâlie, incomplète. Sa seule provision. Sa ration de naufragé. 
Il la tend. Comme une preuve. Comme une prière. 
— L’aurais-tu croisé ? 
— Saurais-tu où diriger mes pas ? 
Rien ne répond. 
Les mots tombent sans bruit. Il ne s’entend pas parler. Le monde est en pause. Pas en attente. En pause définitive. 
Il continue. S’il est encore vivant, cela ne suffit pas à le rendre palpable, a-t-il la sensation.
Les ombres glissent le long des cloisons. 
Une danse sans musique. Un rythme amputé. Les corps se croisent, exécutent une chorégraphie sans origine, sans spectateur. Comme un sortilège qui perdure. 
Je tends la main. Le brouillard avale le geste. Suis-je encore de ce monde ? 
Une ombre passe à ma hauteur. 
— Viens. On danse ?
Marcher, voler, rêver. Écouter les battements du cœur. Qui se souvient ? 
Son corps contre le mien. Nous réapprenons les courbes. Les contre-courbes. Les gestes premiers. 
Je flotte — ballon d’hélium retenu par un filament. 
Et l'on se demande, sans vouloir le savoir, si une danse privée de musique ne mériterait pas d'être appelée a cappella
Puis le mouvement s’efface. 
La main serre toujours l’image. Le regard oscille entre brume et néant. 
— Quelqu’un l’aurait-il aperçu ? 
Il ne cherche plus vraiment une direction. Seulement un assentiment. La preuve que cela a été réel. 
Que quelqu’un, quelque part, dans cet immense théâtre d’ombres, s’en souvient encore : que la vraie parole ne s’est pas enfuie. Que la mémoire n’a pas été effacée. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

 

jeudi 19 février 2026

On vous ment : la violence n’est pas un accident, c’est un projet

Illustration IA
En France aujourd’hui, des groupuscules extrémistes s’affrontent dans la rue, et ce sont presque toujours des jeunes qui en paient le prix le plus lourd – souvent sans même savoir exactement pourquoi ils se battent.
Cette violence, canalisée et instrumentalisée par des idéologies radicales, n’est pas un accident : elle est le symptôme criant d’une crise profonde de sens, de repères et d’avenir dans notre société.
Comme si des mains invisibles orchestraient tout ça avec la ferme volonté de ruiner un pays et ses valeurs fondamentales. 
Au même moment, le climat politique s’envenime. Les assemblées deviennent des arènes de cris et d’insultes, chacun renvoyant la faute sur l’autre, le dialogue se mue en jeu de dupes où personne n’est gagnant. 
Cette incapacité à résoudre les conflits par la parole et le compromis ne fait qu’alimenter la spirale : plus on refuse le débat, plus la rue prend le relais – et la violence avec. L’histoire nous a déjà montré ce mécanisme à l’œuvre dans les années 1930 : une crise économique et sociale mal gérée, des élites politiques impuissantes ou irresponsables, et très vite les extrêmes qui prospèrent sur le désespoir et la division. Est-il besoin d'illustrer le propos avec des liens sourcés ? 
Nous pensions avoir tourné définitivement cette page noire. Pourtant, les mêmes ingrédients se rassemblent sous nos yeux : irresponsabilité politique, détresse sociale croissante, polarisation extrême et la volonté de faire basculer la société vers un système totalitaire. 
Ne nous y trompons pas cependant : l’ennemi n’est pas toujours celui qu’on nous désigne !
La répétition de ces erreurs n’est pas seulement lamentable ; elle est dangereuse, voire criminelle. Il est urgent que la politique retrouve sa vocation première : rassembler plutôt que diviser, dialoguer plutôt que confronter. Et gérer le pays plutôt que de le vendre !
Il est urgent de cesser de justifier des dépenses publiques colossales dans des guerres perdues d’avance, qui ne servent qu’à masquer l’innommable : développer une corruption généralisée. 
Il est urgent de regarder en face les conséquences d’une crise économique orchestrée – ou du moins mal anticipée – conjuguée aux quotas migratoires imposés par l’Union européenne et acceptés (parfois à contrecœur) par l’ensemble des dirigeants des pays membres, entraînant par le fait un déséquilibre social et des tensions graves. 
Ces politiques, quand elles pénalisent massivement les classes populaires, nourrissent la haine raciale, la rancœur et, in fine, la violence incontrôlée. 
Le temps presse. Laisser la fracture s’élargir encore, c’est accepter que l’histoire recommence – et cette fois, nous n’aurons plus l’excuse de l’ignorance. 
À moins que tout cela ne résulte d’un plan machiavélique soigneusement planifié !
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

mardi 17 février 2026

Affaire Epstein : Un vent incertain.

Image générée par IA
On adore les croyances quand elles viennent avec un petit bonus. 
L’affaire Epstein, c’est la boîte de Pandore premium : une fois ouverte, elle crache tout son chaos et te propose en prime une série de poupées russes emboîtées les unes dans les autres. 
Et comme par hasard, quand on ne sait plus où donner du factuel, on nous sert du Russe à tous les repas.
Particulièrement dans un pays où la corruption médiatique atteint des sommets. Un pays, la France, où il ne se passe jamais rien de scandaleux. 
Une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Epstein ? Allons ! Pour cela, il faudrait qu'il existe des éléments tangibles !
Un type intelligent a dit un jour – ou l’a écrit, peu importe : « Regarder est le contraire de connaître. » 
Classique. Parfait pour briller en société même quand on a plein des choses à dire. Mais si regarder est l’inverse de connaître, comment connaître sans regarder ? 
Ne nous laissons pas distraire. 
J’ai entendu un autre gars – il y en a beaucoup en ce moment qui disent des choses intéressantes – poser la question qui gratte vraiment : « Vous y croyez vraiment, vous, qu’Epstein était un super-vilain de comics, tout seul dans son coin à ficeler des plans machiavéliques pour tenir la planète par les couilles ? Qu’il n’y avait personne au-dessus de lui pour lui souffler les bonnes idées, lui dicter le menu du jour et lui rappeler l’heure du coucher ? » 
La question est légitime. Elle ne prouve rien, certes, mais elle oblige à douter. Et le doute, c’est déjà un petit pas hors du spectacle. Certains, les plus audacieux (ou les plus imprudents), y voient la main du Diable glissée dans la culotte du démon. 
Et hop, le Mossad n’est jamais loin quand il s’agit de pointer le grand marionnettiste. Sauf que par les temps qui courent, il faut faire gaffe. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, on vous plaque une étoile noire sur la poitrine et un écriteau rouge : « Antisémite ».
« Le ventre est encore fécond… » 
Ce n’est pas la dernière trouvaille d’Emmanuel Macron pour renvoyer dos à dos tous ceux qui accusent l’État d’Israël d’être au cœur de (presque) tous les mauvais coups – à commencer par ce qui se passe à Gaza ? 
Pouvons-nous encore être ces spectateurs qui regardent sans connaître, qui imaginent le pire parce qu’ils sentent confusément qu’ils sont en dessous de la vérité ? Ou bien est-ce que le vent emportera nos certitudes pliées en origamis, nous laissant nus face à ce qu’on refuse de voir ?
Comme l’écrivait Edgard Allan Poe, dans « Double assassinat de la rue Morgue » : « La vérité n’est pas toujours dans un puits. En somme, nous la cherchons dans les profondeurs de la vallée, mais c’est au sommet des montagnes que nous la découvrirons. » 
 
Sous l'Casque d'Erby