Combien sommes-nous, dans nos démocraties de façade, à nous croire à l’abri simplement parce que nos comptes sont à l’équilibre ?
Comme dit l’autre, et nous sommes nombreux dans son cas : « Ce n’est pas la fin du monde qui fait peur, mais la fin du mois ! »
Combien de temps encore pensons-nous que l’édifice tiendra debout ? Le temps qu’ils voudront !
Et au fond, qu’est-ce que l’Europe ? Certainement pas cette construction technocratique que l’on réduit à l’Union européenne.
L’Europe est une civilisation, une profondeur historique, une puissance potentielle.
Il faut relire Charles de Gaulle pour comprendre ce que pourrait être une Europe véritablement souveraine : une Europe « de l’Atlantique à l’Oural », indépendante des blocs, maîtresse de son destin, enfin débarrassée des guerres.
Ce n’est pas pour cela qu’on nous a vendu l’UE ?
La vision gaullienne du continent a toujours inquiété les puissances maritimes dominantes, à commencer par Washington, D.C. et la City of London.
Comprenons-nous pourquoi la guerre en Ukraine occupe une place si stratégique dans l’équilibre continental ? Elle redessine les alliances, réactive les dépendances, et empêche toute recomposition autonome de l’espace européen.
Les peuples, dites-vous ? De la portion congrue ! Un vaccin par ici, une guerre plus loin, une pandémie bien orchestrée, une agriculture à terre, une migration sauvage...
Cette Europe institutionnelle, étroitement intégrée aux intérêts financiers transatlantiques, ne s’est pas construite par hasard. L’histoire du XXe siècle montre déjà combien les logiques industrielles et bancaires dépassaient les frontières idéologiques.
La question dérange, mais elle mérite d’être posée : pourquoi certains milieux d’affaires occidentaux ont-ils vu en Adolf Hitler un rempart contre d’autres menaces, celle, par exemple, d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural ?
Les intérêts stratégiques ne se limitent jamais au court terme.
Lorsque le régime nazi a cessé d’être prévisible et maîtrisable, les alliances ont changé. L’histoire n’est pas un conte moral ; elle est un jeu de puissances, d’intérêts et de rapports de force. Ce qui la rend opaque, ce ne sont pas les faits, mais les narratifs qui les entourent.
Si l’on cherche les centres d’impulsion du système actuel, il faut regarder du côté des pôles politico-financiers comme Wall Street, Washington et la City. C’est là que se croisent capitaux, stratégie et influence. Les réseaux transnationaux — qu’ils prennent la forme de fondations, de forums ou de programmes d’élites — façonnent les décideurs bien avant qu’ils n’accèdent aux responsabilités.
Dès lors, la question devient existentielle : l’Europe peut-elle redevenir un sujet politique, ou restera-t-elle un espace administré ?
Retrouver des marges de souveraineté, réapprendre la décision politique, redéfinir l’intérêt des peuples — voilà l’enjeu véritable.
Penser large, penser long, penser civilisationnel : c’est peut-être la seule manière d’espérer voir, un jour, la lumière traverser la muraille de la nuit.
Sous l’Casque d’Erby













