dimanche 20 août 2023

Mollusques ou hommes libres

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À force de « tolérance » bobowoke stupide, nous préparons la couche à l’horreur, comme on organise un week-end de détente. J’en connais qui auront des réveils difficiles quand les viandes seront cuites à point.
En rang d’oignon, nous bordons le totalitarisme dans son paddock pour l’interminable nuit qu’il nous réserve. Nous le veillerons peut-être comme on prend soin d’un bien précieux, ou d’un être cher, car nous sommes ces robots programmés pour n’être que cela, des robots, insensibles au bien et au mal. Pensant qu’avoir une pensée personnelle est un péché mortel !
Je ne sais pas si la France est le seul pays au monde où un homme corrompu est célébré comme une star du show-biz, mais une chose est sûre : au rythme où vont les choses, l’homme honnête va devenir une denrée hors de prix.
Je le constate avec Sarko, alias Minimus, ou les propres ministres du gouvernement, pointés du doigt pour « conflit d’intérêt » ou escroquerie en bande organisée, reçus sur les antennes nationales comme des modèles irréprochables.
Si l’idée vous vient de parler de cette femme violée avec un manche à balai à Cherbourg, que vous montrez dégoût et haine devant tant de barbarie, que l’on réclame la peine maximale, certains citoyens regrettant l’abolition de la peine de mort pour cet acte barbare, vous voilà rangé dans le rayon raciste, parce que l’auteur est d’origine étrangère et que de ce fait parler de barbarie devient tabou aux yeux de qui tout ce qui est mal pour les uns est forcément bon pour les autres.
Mais qu’avons-nous fait de notre humanité, nom d’un chien !
Que nous soyons contre l’horreur du viol, contre l’incendie des lieux de culte, dont la dalle de béton du silence tient lieu de sépulture, contre les mensonges du COVID-19 ou sur ceux concernant le climat, nous sommes ces moins que rien qu’il faut réduire au silence par n’importe quel moyen et sous n’importe quel prétexte.
En ce qui concerne le climat, puisqu’il en est beaucoup question, ce qui est normal en cette saison de l’année, on sait – du moins pour ceux qui ne suivent pas les infos des télés oligarques – qu’avec les nouvelles technologies développées par l’armée, on peut modifier beaucoup de choses, allant de la température à la pluie, mais aussi déclencher des tsunamis ou provoquer des tremblements de terre…
Je ne m’attarderai pas sur les terribles incendies sur l’île de Maui à Hawaï, mais ça sent vraiment le cramé. Des incendies dont l’étrangeté font penser à des causes non naturelles, ce qui n’aurait rien d’étrange dans le contexte apocalyptique actuel. Selon des avis « autorisés » il s’agirait d’une action par « arme à énergie dirigée », dans le but de faire fuir les habitants de cette île et la transformer en « paradis » pour riches. Si on dérange, il faut le dire !
Encore une « théorie du complot » qui se révèlera vraie plus vite qu’il ne faut du temps pour le dire.
Se taire ou se faire tirer dessus par des inconscients ayant abusé de la soumission jusqu’à quitter l’état d’humain pour devenir des mollusques sans âme ?...

Sous l’Casque d’Erby



mercredi 9 août 2023

Il suffit que l’Afrique se libère de l’Occident pour...

Si c’est à Napoléon le 1ᵉʳ que Macron faisait référence en demandant au peuple français 100 jours – c'était au mois d’avril – pour apaiser le climat de violence sociale qu’il a tant contribué à installer, ses conseillers n’ont pas mesuré la portée d’une telle idée.
N’est-ce pas au terme de ces 100 jours que Napoléon gagna un billet sans retour pour Sainte-Hélène en jouant à la guerre du côté de Waterloo ? Qu’on ne ressorte pas l’affaire Grouchy, s’il vous plaît ! Ce maréchal de l’Empire, gambadant dans la campagne voisine avec les forces qu’il fallait pour prendre l’ennemi à revers, où se déroulait un drame d’une portée historique inouïe, insouciant et admirant le paysage champêtre, pendant que son Maître se faisait proprement charcuter par la coalition ?
Et dire que si Grouchy avait fait diligence, c'est une tout autre histoire qu’on lirait dans les manuels scolaires !
Il y a des signes du destin qui ne trompent pas ! Encore faut-il leur donner un coup de main. Les étoiles naissent et meurent dans un éclat. En ce qui concerne Manu, ni éclat ni étincelle, mais un misérable néant ! Même pas besoin de souffler dessus pour que ça s’éteigne.
Et pourtant, cela fait deux quinquennats que le peuple supporte le faux frère, le faux président et le vrai traître ! Dans un péplum, il aurait tenu haut la main le rôle du félon, tapi dans l’ombre, attendant son frère de sang pour lui porter le coup de poignard fatal !
Dernière affaire en date, l’Afrique. Pour des raisons liées à l’essence même du colonialisme, nous n’avons jamais fait avec l’Afrique autre chose qu’entretenir une relation de maître à subalterne. Quand un chef d’État se faisait élire, c’était la France qui le désignait, ce qui était aux antipodes de la souveraineté d’un pays libre, comme trop souvent proclamé, étant donné que l’heureux élu n’était que l’otage de la Françafrique. Un pion qu’on déplace ou on supprime sur l’échiquier.
Après l’épisode malien, où l’attitude du président puait l’insolence, se posant en donneur de leçons, voici que le Niger est sur le point d’échapper au « contrôle » français pour se retrouver du côté russe, qui te cajole ça que c’est misère à voir !
Cela serait catastrophique pour l’économie française qui se vantait pourtant d’avoir porté un « coup fatal » à l’ennemi Poutine avec nos ridicules sanctions économiques.
À force de faire le mariole pour plaire à l’Empire anglo-saxon, c'est le peuple tout entier qui se retrouve dans la mouise ! Emmanuel Macron n’est pas un président, c’est un chef de meute au service d’un Maître à qui il lèche la main, lequel l’abandonnera sur le bord de la route quand il le jugera bon.
Même si ce larbin n’est pas seul responsable de ce qui nous arrive, parmi ceux qui l’ont précédé dans la fonction, il est celui qui s’est porté candidat pour enfoncer le clou !
Dernier exemple en date, le Niger. À ce qu’il paraît, ce dingue a chopé une colère homérique, jetant la responsabilité des événements (qu'il n'aurait pas vu venir) sur les services secrets français, qui, à l’instar de la diplomatie, sont quasiment à la rue par sa seule faute. Il faut bien se défouler pour cacher son double jeu, à moins qu’il ne s’agisse ici d’un cas d’extrême nullité !
À l’heure actuelle, j'ignore si russes et chinois changeront quelque chose au destin de l’Afrique, s’ils sont là pour l’aider à s’affranchir définitivement ou à remplacer un colonialisme par un autre. En ce qui concerne Poutine, je crois qu’il est sincère. En revanche, les chinois m’inspirent au minimum une certaine appréhension…
Le fait est que les propos de Poutine concernant l’Europe et l’atlantisme effréné des dirigeants de UE, résonnent comme le glas sous un soleil de plomb. Je cite de mémoire : « Il suffit que l’Afrique se libère de l’Occident pour que l’Europe meure... » 
Ceci n’étant ni la faute de l’Afrique, pas plus qu’elle n’a rien à voir avec Poutine, qui n’a fait que défendre les frontières de son pays depuis que l'Occident a commencé à jeter de l'huile sur le feu.
Tout ceci est le travail cumulé de notre brillant cartel politique !

Sous l’Casque d’Erby

LIEN pour un meilleur éclairage de l'illustration

mardi 1 août 2023

Le silence des Chagos – Shenaz Patel

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« La première panacée pour une nation mal dirigée est l'inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile. Les deux sont le refuge des opportunistes économiques et politiques. »
 
Ernest Hemingway, Notes sur la guerre, 1935


La vie n'est qu'un bateau perdu dans les naufrages de l’histoire.
À Diego García, île principale de l'archipel des Chagos, dans l'océan Indien, les natifs furent mis au vide-ordures, au nom de la raison du plus fort !
« Propriétaire » de ce bouquet de perles minuscules, posé au milieu de l'océan Indien, l’État anglais, qui, comme tous les États de même nature, ont fait du bien d’autrui les fonts baptismaux d'une civilisation criminelle.
Pour des arrangements géostratégiques, l'endroit représentant un intérêt pour l’Empire, les Anglais ont loué Diego García à l'armée américaine pour qu'elle y construise (quoi sinon ?) une base aéronavale.
Située au croisement de voies maritimes, reliant l'Extrême-Orient à l'Europe, l'île de Diego García offre une vue stratégique sur l'Inde, l'Afrique, l'Indonésie, le golfe Persique et permet d'avoir l’œil sur l'ennemi russe dont la présence et le commerce avec les pays riverains importunait grandement l'Oncle Sam.
En échange, le cousin anglais obtiendra « un tarif réduit » sur l'achat de fusées Polaris. Tout ça  pour le bien du « monde libre » !
Pour illustration, ce petit lopin s’étend sur 40 km² avec un immense et profond lagon à l’intérieur, capable d’accueillir porte-avions et sous-marins. Et comme nous sommes en pleine guerre froide… Un prétexte valant bien un autre !
Avant que la peste impérialiste — fléau qu'on justifie, mais qui n'a aucune excuse —, ne fasse irruption en cette partie du monde, les chagossiens vivaient d'une économie de subsistance. À l'opposé de l'idéologie économique occidentale, chaque membre reçoit la même ration de nourriture, entretenant par le fait l'héritage d'une culture dans laquelle l'humain en était le centre. Quel mal faisaient-ils à l’humanité ? 
Puis vint le jour, dans la décade 60-70, où des étrangers débarquèrent, s'installèrent en seigneurs et maîtres et trois petits voyages plus loin, les valeurs qui avaient fondé la communauté se perdirent dans le sabir elliptique des discours dominants.
En effet, trois voyages ont suffi, entre 1971 et 1973, pour vider Diego García de ses occupants, environ deux mille habitants, la plupart descendants d’esclaves.
Trois petites rotations de cargo, pour que ces « ilois, comme on les surnomme avec mépris », soient largués à Maurice, qui vient d'obtenir l’indépendance, ou aux Seychelles.
« Un jour pas comme les autres, des hommes en uniforme sont venus, ont massé les habitants au centre de l'île et ont dit : prenez vos affaires, dare-dare, vous partez. Tout de suite. On vous amène en croisière. Ouste ! ».
Des années durant, des années plus tard, toujours et à jamais, une question obsède les chagossiens sans que la moindre réponse vienne les soulager.
Le pire ennemi n'est-il pas le silence ?… C'est au son du makalapo* et par les voix de Charlesia et de Désiré, à qui Shanez Patel prête sa plume, sous le regard abstrait du gardien du port, que nous découvrirons, non pas l'histoire détaillée des personnages comme dans un récit linéaire, mais la part d'émotion, de violence, de douleur et de non-dits qui est la marque de plaies non cicatrisées. C’est certes moins spectaculaire que celle d'un coup de machette ou des éclats de mitraille dans la chair, mais bien plus brutale, parce qu'elle est sans remède. L'exilé est un naufragé du passé privé d'avenir. L'âme à vif, « au nom toujours écorché, il est une plante dépourvue de racines ».
Dans ce roman, paru en 2005, aux éditions de l'Olivier, Shanez Patel quitte le sentier aride du reportage « coup de poing » pour nous offrir ce que l'écriture a de puissant, de vrai, d'humain et de merveilleusement extraordinaire, la poésie. Elle nous révèle le silence insupportable de l’oubli et le plaisir à emprunter les chemins de traverse d’une mémoire jamais perdue. Un voyage au centre de nous-mêmes.
On dit que l’été est la période idéale pour lire, comprendre et s’enrichir… Pour moi c’était une relecture.

*instrument fabriqué à partir de fûts blancs qu'on enterre en laissant dépasser un bâton souple planté au milieu, courbé à l'aide d'un fil de fer vibrant, de façon que, quand on le pince, il produit un son sourd. À la fin du jour, on le désaccorde, sinon, la nuit, les esprits viennent en jouer et c'est signe de mauvais présage…

Sous l’Casque d’Erby