jeudi 4 juin 2026

Le Mirage Démocratique : de la Restauration à l'Invention.

C’est le débat tendance : faut-il « réinventer » la démocratie ? Nous sommes à ce point égarés que nous prétendons réinventer ce qui n’existe pas. À vrai dire, on finit par se demander si l’existence des aliens n’est pas plus tangible que celle de la démocratie. 
Pour réinventer une chose, encore faut-il qu’elle ait véritablement existé. Même les grecs – nos modèles – n’ont pas réussi à affranchir leurs esclaves ! 
On ne réinvente pas un mirage ; on ne restaure pas une ruine aux fondations imaginaires. Depuis toujours, le mot démocratie sert de drapeau, de promesse ou d’alibi à des opérations abjectes. Derrière la façade des constitutions et la solennité des discours, les preuves de sa non-existence s’accumulent avec une régularité accablante. 
Le constat est partout : une corruption élevée au rang de méthode, une confiscation du pouvoir par des élites interchangeables, et une souveraineté populaire réduite à un rituel périodique, sans prise réelle sur les décisions vitales. 
Sur ce terreau prospère toute une flore d’illusions, entretenue par une faune familière : experts autoproclamés, scientifiques au rabais, gestionnaires du consentement et marchands d’espoir électoral. 
C’est l’utopie dans l’utopie, une machine dont la salive est le seul combustible — le seul, d'ailleurs, dont la gratuité semble encore faire des heureux. Mais pour combien de temps ? 
Ce que nous appelons démocratie n’a jamais été qu’un dispositif de légitimation du pouvoir. Un système dans lequel le peuple ne choisit qu’entre des options présélectionnées pour lui, entre deux tours d’écrous. 
L’expression citoyenne s’y limite à déposer un bulletin avant de retourner au silence civique — un bulletin qui vient garnir le compte d’une nébuleuse comptable où l'on finit par élire des candidats virtuels. 
« Réinventer la démocratie » ? Le langage lui-même participe à la supercherie : on parle de « représentation » pour masquer la dépossession, de « débat » pour désigner des monologues parallèles, et de « volonté générale » pour habiller des intérêts particuliers. Plus le fossé entre gouvernants et gouvernés s’élargit, plus le mot « démocratie » est invoqué avec ferveur, comme une formule magique destinée à conjurer l’évidence. 
Il est temps de cesser de prétendre la réinventer. La réinvention suppose un âge d’or perdu, une origine authentique dont nous nous serions éloignés. Or, ce passé exemplaire est introuvable. Chaque « avancée » supposée est un cimetière. Une fosse commune ! Ce qu’il faut entreprendre n’est pas une restauration nostalgique, mais une création véritable : inventer enfin ce qui n’a jamais eu lieu. Non plus un ordre dans lequel le peuple est consulté, distrait ou administré, mais un système où il exerce réellement son vouloir.
Tant que cette rupture n’aura pas lieu, la démocratie restera une fiction utile, un récit collectif à l’heure de la veillée. 
Pour l’instant, la seule certitude dont nous disposons est que nous n’avons obtenu ni le bonheur, ni la prospérité, ni la liberté que l’Union européenne promettait. 
À la place, se dessinent les contours d’un monde de plus en plus dystopique, aux remugles inquiétants de l’ex-Union soviétique. 
Dormez tranquilles, braves gens… le pire arrive. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 
 

lundi 1 juin 2026

Affaire Zapatero : Le crépuscule d'une icône socialiste

Source
L’affaire Zapatero n'est pas qu'un simple dossier judiciaire pour la gauche espagnole ; elle incarne un symbole politique particulièrement infamant. 
Longtemps présenté comme la figure la plus respectable du socialisme ibérique — arborant ce visage d’ange offrant des parcelles de paradis à tout-va —, José Luis Rodríguez Zapatero se trouve au cœur d’une tempête non paradisiaque. 
Une enquête le vise pour trafic d’influence, blanchiment et corruption en bande organisée, notamment autour du sauvetage public de la compagnie aérienne Plus Ultra, à capitaux vénézuéliens. Les faits imputés remontant à la peu glorieuse période de la pandémie. 
Maudite pandémie et maudits effets secondaires !
De quoi plonger la « paroisse » socialiste dans un sérieux trou d'air. Il faut dire que ladite paroisse est déjà largement érodée par des scandales à répétition et par un exercice du pouvoir très éloigné des vertus qu'elle prêchait pour y accéder. 
Au-delà de la nature des accusations, c’est le portrait dressé par les enquêteurs qui frappe les esprits. On y découvre un ancien chef de gouvernement qui, une fois les clés du pouvoir rendues, aurait émargé des sommes considérables sur son très grand réseau d'influence politique, en Amérique latine en général et au Venezuela en particulier. 
La justice s’efforce de démêler un labyrinthe de sociétés et de circuits opaques, pour déterminer si cette influence a servi à orienter des décisions publiques et à détourner des fonds. À vouloir s'y retrouver, on en perd son latin ! 
La dimension « entreprise familiale » achève de donner à ce scandale une tournure proprement crapuleuse. Les juges passent au crible des flux financiers suspects qui auraient profité à Zapatero lui-même, mais aussi à une société dirigée par ses propres filles. Rien n’est trop beau pour les fifilles à papounet ! 
Les indices s'accumulent — Hercule Poirot y laisse ses cellules grises — évoquant des mouvements de capitaux transitant par des sociétés écrans à l’étranger. 
Qui dit écran... Dit écran !
Pour l'opinion publique, le récit d’un système d’influence institutionnalisé autour de l'ancien dirigeant prend corps. Pour les socialistes, en revanche, on temporise, priant le très haut pour que le pire n'advienne : il ne s'agirait que d'une enquête « inachevée », reposant sur des soupçons qui restent à prouver devant les tribunaux, disent-ils en croisant très fortement les doigts ! 
C’est bien connu, il faut de bonnes preuves — ou un bon appât — pour attraper le pesket ! Le véritable problème pour l'actuel chef du gouvernement, Pedro Sánchez, c’est que cette affaire s'ajoute à une cascade de procédures judiciaires qui cernent déjà son entourage politique et familial.
Dans l'esprit d'une grande partie des Espagnols, ce dossier n’est plus une anomalie isolée, mais le énième symptôme d’une dérive globale des héritiers de feu Karl Marx. Même en l’absence de condamnation définitive, l’effet corrosif est profondément toxique — ce qui semble être le propre du monde politique en général, et des socialistes au pouvoir en particulier. 
Le choc est également historique. Depuis la transition démocratique espagnole, jamais un ancien président du gouvernement n’avait fait l’objet d’une telle enquête pénale. Voir le nom de Zapatero associé à des perquisitions, des saisies et des auditions, constitue un traumatisme politique majeur, surtout pour les électeurs qui lui avaient naïvement accordé leur confiance. 
Pour l’heure, la présomption d'innocence demeure. Les prisons regorgent d'innocents aux mains pleines. 
Mais, Zapatero, nie en bloc toute irrégularité et martèle que les sommes perçues proviennent d’activités de conseil parfaitement légales. Quand on voit le nombre de comptes en son nom propre ou via des sociétés écrans, ou, encore, au nom de sa femme, on peine à imaginer qu'il soit victime d'un complot des forces réactionnaires venues du passé pour lui pourrir la vie !
Malheureusement pour lui — et pour le contribuable —, le mal est bien là. L'ancien dirigeant qui a incarné pendant des années une gauche réformiste, propre et épargnée par les affaires, voit son nom définitivement accolé aux mots « commissions occultes », « sociétés écrans » et « comptes à l'étranger ». Tout le mal que l’on reproche au capitalisme cannibale et au pouvoir profond ! 
En politique, ce genre d'association d'images est dévastateur. Et le verdict de l'opinion publique tombe toujours bien avant celui des tribunaux. 
En espérant que ces derniers ne décrètent pas un non-lieu, pour « faute de preuves » ! 
 
Sous l’Casque d’Erby