Par humanité, j’ai toujours été opposé à la peine de mort, ancré dans cette conviction profonde que la rédemption reste possible et qu’aucune faute, si terrible soit-elle, ne devrait effacer irrévocablement une vie entière.
Une société civilisée se distingue précisément par sa volonté de préserver la dignité humaine, y compris chez ceux qui l’ont le plus férocement bafouée.
L’écho de la plaidoirie de Robert Badinter en 1981 résonne encore en moi comme le symbole d’une justice noble et ferme, refusant de répondre au sang par le sang légal, une avancée que nous étions alors nombreux à célébrer comme un progrès moral historique.
Tant de chimères finissent par mettre les esprits à rude épreuve !
La réalité est venue violemment ébranler ces certitudes. Les décennies suivantes ont été marquées par des crimes d’une sauvagerie inouïe, qu’il s’agisse d’infanticides, de pédocriminalité, d’actes barbares aveugles ou d’atrocités commises par des criminels multirécidivistes.
Face à ces drames, à l’image du meurtre de la petite Lyhanna, une douloureuse évidence s’impose : des vies ont été épargnées alors que leurs victimes ont été privées de tout avenir, posant inévitablement la question d’une juste proportion entre l’acte et la sanction.
Lorsque le système judiciaire échoue à neutraliser des individus déjà condamnés à maintes reprises, la colère et l’impuissance des citoyens face aux défaillances des pouvoirs publics deviennent non seulement compréhensibles, mais légitimes.
À cette détresse quotidienne s’ajoute le poison du soupçon face à de grands scandales internationaux comme l’affaire Epstein. L’impression d’une justice française timorée, opaque ou à deux vitesses face à des réseaux d’influence puissants ne fait qu’accentuer le sentiment d’abandon d’une population fatiguée.
S’interroger sur le fonctionnement des institutions judiciaires n’est donc pas un réflexe réactionnaire, mais une exigence citoyenne fondamentale.
La légitimité de l’État repose sur sa capacité à protéger les citoyens par des peines à la hauteur des crimes. Quand la justice paraît laxiste ou incapable de prévenir la récidive, la confiance institutionnelle s'effondre.
Le problème actuel ne relève pas du manque de policiers dans nos rues, mais de l'application réelle et ferme des peines une fois les coupables arrêtés.
Sans abjurer mes principes humanistes, je dois admettre que l’horreur des crimes pousse notre conscience dans ses retranchements les plus extrêmes.
Devant la cruauté absolue, le doute s'installe et la question du rétablissement de la peine capitale surgit comme un ultime recours face à l’inacceptable.
C’est là que réside toute la tragédie de notre condition : le défi vertigineux de continuer à défendre les valeurs fondatrices de notre civilisation face à des actes qui semblent en avoir définitivement détruit l’humanité.
Que justice soit faite, c'est tout ce que l'on demande.
Sous l'Casque d'Erby


Le bonjour aux passantes et aux passants. Comme Erby, rien d'autre à ajouter.
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