lundi 1 mai 2023

1er Mai, la fête continue !

Je déteste les célébrations ! Ça m'agace à un point qu'on n'imagine pas. Chacune porte en elle l’amertume de la défaite des peuples.
Tout aussi déchirant que des adieux sur un quai de gare. Ce que j'aime dans les gares, ce sont les arrivées. Bienvenue en enfer !
En ce 1er mai de célébration et de défilés, la seule chose qu’on use, c'est de la grolle et quelques litrons de salive. C’est mon avis et je le garde.
Tout minot, dans le petit monde de la dictature dans lequel je vivais, quand je matais les grandes personnes, viocs, assoupis, prosternés de toute nature et condition, faire le salamalec à l'église ou dans les lieux publics devant plus puissant que nous, ça me mettait dans une rogne ingérable.
Ayant intégré certaines règles, acquises à coups de férule, voyant les gars de ma génération reproduire le même schéma – pour finir, on ne fait que copier/coller ce qu'on nous inculque –, ça faisait déborder la boîte à rouscailler que c'était Tragédie !
Pour un n'importe quoi, forcément tragique et injuste, célébration ! De la mort du bébé phoque à la mue de l'aiglon, victime prématurée d'une balle de fusil de chasse ; du moineau au piaf le plus insignifiant, phagocyté par son prédateur naturel, commémoration ! Fidèles au rendez-vous de la pleurniche, mes amis de la loose, comme on les désigne chez les capitalos, prennent rendez-vous commémoratif pour un déploiement festif de bannières, afin de lutter « contre l'oubli » et quelques revendications ponctuelles, en souvenir des ouvriers de tous bords défalqués pour nourrir grassement les gangsters qui gouvernent le monde depuis la nuit des temps, avant, pendant et longtemps après les grèves sanglantes du mois de mai 1886 à Haymarket Square, Chicago, couronnées par une manipulation criminelle que le pouvoir profond perpétue siècle après siècle.
Comment peut-on oublier que la racine sous les godasses, ce n'est pas du muguet, mais du chardon ! Marches bitumeuses, agitation de mouchoirs, irritation des gosiers, des slogans plus ou moins bien sentis sur le « mal que l'on nous fait » ; sur la « mal organisation des festivités » ; le « manque d'unité chez les opprimés », chacun vantant le produit dérivé de sa chapelle, probablement fabriqué par le Lumpenprolétariat chinois ou indien, pour, in fine, sans concertation formelle, rendez-vous est pris pour la prochaine, un massacre quelconque perpétré par le haut gratin au nom de la patrie et de sa saloperie de morale, pas plus tard que la semaine suivante, tant le calendrier ne manque pas de crimes passés à commémorer et des nouveaux à fomenter.
1er mai ou pas, les célébrations de ces défaites deviennent pénibles !
Mais, malgré cela, j’ai une pensée solidaire pour mes frères les opprimés, massacrés par les gros salopards de la caste !
 
Sous l’Casque d’Erb
 
 

samedi 15 avril 2023

Bouton totalitaire en état de marche

Erby
L’histoire est obstinément têtue ! Vous croyez l'avoir chassée, elle revient au triple galop !
Cette affaire de « marquage chimique » des manifestants à Sainte-Soline me ramène à la mémoire l’époque finissante du franquisme vers les années 70. La jeunesse espagnole s’enhardissant manifestait de plus en plus ouvertement son ras-le-bol contre la dictature. Un régime, bien que chancelant, n’hésitant pas à faire fusiller, pour l’exemple, quelques pauvres diables qu’une certaine opposition, par excès d'imprudence et calcul politique, offrait au franquisme pour se faire un peu de publicité dans les manifestations organisées dans les capitales des pays étrangers.
La police espagnole utilisait déjà les canons à eau pour disperser les manifestants. Pas satisfaite de l’efficacité du procédé, elle eut alors l’idée de remplacer l’eau du camion-citerne par de la peinture acrylique. C’est ainsi qu’une fois souillés, les manifestants se faisaient cueillir par les brigades volantes comme on ramasse le raisin mûr.
Une méthode remise au goût du jour par nos champions en démocratie à Sainte-Soline et bientôt partout en Hexagonie ! Qu’importe le nom que nous donnons au régime, puisque deux polices totalitaires se ressemblent autant qu'une rangée de boutons sur l'uniforme !
Je crois que c’est Felipe González, vieux routier de la politique politicarde, avocat et patron du PSOE, qui disait que « la vérité est ce que les gens pensent qu’elle est et non pas ce qu’elle est en vérité ». Jolie pantomime pour cacher des montagnes d’ordures sous le tapis ! Pour cela, ils sont forts nos traîtres en tout genre !
Qu'il est étrange de voir disparaître une à une les valeurs qui ont fondé une nation et forgé la personnalité de ses enfants au cours de sa longue histoire, sans même nous en rendre compte, ou presque. Il n'y a guère que trois ans – en 2020 pour être précis – nous vivions encore dans ce qu'on désigne désormais comme le « monde d'avant », oubliant que dans les laboratoires du pouvoir profond – pour ceux qui en sont conscients – se mettait en place un complot planétaire à visée génocidaire. Il aura suffi d'un canular pour que la dystopie tant redoutée par Orwell ne nous fouette le visage comme un cauchemar bien réel.
On se surprendrait quasiment à parler de ce que nous vivions il y a trois ans comme on lit des témoignages sur la période insouciante précédant l'occupation nazie, sans que cela soulève la moindre oscillation sur le pont du navire. C'est juste si on n'accepte pas comme naturelle la nouvelle mode chez les miliciens de l’État français, je parle de la police : le lancer de manifestants ! Qu'est-ce qu'ils doivent se marrer dans les casernes en se repassant les images !
Comme le disait très précisément un commerçant qui a tout perdu depuis 2020, au cours d'une énième manifestation. Je cite de mémoire, mais elle est bonne : « On ne peut plus se contenter de ces petits défilés. Nos chefs n'ont rien à foutre de nos « jérémiades »... Ils sont là pour tout casser !... Protester comme on le fait, c'est pisser dans un violon ! Ils font ce qu'ils veulent... C'est programmé... Si on ne durcit pas le mouvement, c'est foutu de chez foutu !... »  
Tout comme nous, cet homme sage et en colère n'a pas envie de laisser un tel héritage aux futures générations.
 
Sous l'Casque d'Erby 
 

 

dimanche 9 avril 2023

Papiers collés – Georges Perros

Je n'ai pas de critère dans le choix d'un livre, je vais à l’instinct. Sauf quand il est question de morale et de corruption, de militantisme donc, ce dont notre actualité regorge. Pas de ligne directrice autre que le fond et la forme. Pour le reste, je laisse le hasard me guider comme il l’entend. Aucun éditeur pour me contraindre à parler de tel ou tel navet pour les profits d'une entreprise prenant le livre pour un objet et l'objet pour de la littérature ou de la philosophie.
Quand je file dans mon grenier, là où mes livres sont entassés dans un ordre incroyable, je cherche le temps et le silence. Là, je suis loin de la pourriture politique !
Sentir l'odeur indéfinissable du livre en dormance est un instant d’une magie inexplicable. Entendre la rumeur lointaine d'une respiration apaisée et me demander quel phénomène est à l'origine de ce fait, dans cet espace à la fois minuscule et immense, est un plaisir dont je revendique la nécessité.
Une bibliothèque est aussi vaste que l'univers, et aussi infiniment effacée que les choses dont on ignore l'existence.
Quand feu notre ami Rémi apprit que j'allai toucher un mot sur Georges Perros, il s'était dépêché de me proposer un titre de sa bibliothèque, soulignant de sa voix usée par une vie « dissipée »« tu les lis et tu me les renvoies », sachant bien que je n’en ferai rien ! La main sur le cœur, je lui répondis : « Évidemment ! Tu me connais ! »...
Maintenant qu'il est parti en villégiature sur une exoplanète, il n'est pas rare que je tombe sur des livres que je lui ai « empruntés » !
Georges Perros (né Georges Poulot) n'était pas un homme de choix mais de préférence. A la capitale, il a préféré la Bretagne. A un mauvais ouvrage, il préférait un bon article. La subtilité qui sépare (ou réunit) ces deux termes le définit beaucoup mieux que ne pourraient le situer des dizaines d'études.
Comme un livre est une histoire de sensations, celui (ici on devrait dire carnets) de Georges Perros l'est assurément autant que n'importe quel grand livre de n'importe quel « très grand » auteur.
Ce « Papiers collés », publié après sa mort, est le troisième d'une quête permanente du bien-être dans la pénombre de son contraire. Un livre rare. Un livre en trois volumes qu'on lit sans aucun souci d'ordre ni des règles. Rien ne nous oblige à tout lire d'un coup. Ni, non plus, à entreprendre sa lecture par le début, de manière binaire. Vous l'ouvrez n'importe où, vous lisez, et vous avez votre compte de rêve, de détresse ou de vague à l’âme.
Un livre bâti au hasard, à l'humeur de l'instant. Comme cette mer bretonne qu'il chérissait, si loin qu’elle se retire, jamais elle n’oublie de revenir laver nos pieds.
Un livre (des notes jetées à la volée) écrit pendant la période où il travaillait en qualité de lecteur chez Gallimard. Quel boulot ! Gagner sa vie en perdant ses yeux et parfois son temps, lisant des choses qu'on chercherait plutôt à fuir. Y a pas à dire : il n'existe pas de travail heureux !
Pour se distraire, pour combler une halte ou remplir un vide, il jetait des notes sur un cahier, comme pour libérer son esprit d'on ne sait quel maléfice. D'où un sentiment de tristesse et parfois de ras-le-bol ! Né à Paris en 1923, Georges Perros a été comédien à la Comédie Française avant de devenir lecteur de la NRF, grâce à l'intervention de Jean Grenier. Il était aussi l'ami de Gérard Philippe dont il lisait des manuscrits pour le TNP (Théâtre National Populaire). Ayant préféré la Bretagne à Paris il s'installe avec femme et enfants à Douarnenez où il meurt à l'âge de 55 ans.
C'était un jour comme un autre. Un jour où « l'horloge sonne. C'est le temps qui tâte son pouls. » « Papiers collés » est publié dans la collection l'imaginaire de Gallimard.
Un gars qui écrit, entre autres choses magnifiques : « notre postérité c'est le présent », on se dépêche d'aller le découvrir et de bien se garder de ne pas le prêter à n'importe qui !

Sous l'Casque d'Erby



dimanche 2 avril 2023

Pif Paf Pouf dans ta gueule !

Erby
Je traîne une crève carabinée. Comme j'en ai eu d'autres, en toute saison, depuis que je suis venu au monde. C'est ainsi que je l'ai toujours désignée, comme des millions personnes avant moi. Or depuis trois ans et l'apparition du Covid s'en est terminé de ma bonne vieille bronchite ! Pour mes proches, tous marqués comme on radio-identifie le bétail, j'ai le Covid !
De là à conclure que je dois me faire vacciner, il n'y a qu'une grosse quenelle. Ce que je me suis dépêché d'adresser aux « gens qui m'aiment » !
Pour ne rien arranger, nous voici fêtant le 1er avril et son traditionnel poisson. Même plus drôle, tant tout se déconstruit à Mach Plus.
J'ai bien vu un poisson volant installé sur une branche de noyer dans le jardin. Il était tôt, hier matin. Le jour tremblotait encore. Mais lui avait la forme. Il s'adressait à qui voulait l'entendre. Quelques piafs s'étaient installés sur le faîte d'un érable du Japon et ça formait comme une couronne. Il parlait (le poisson) comme le faisaient jadis les crieurs publics annonçant les proclamations officielles des édits royaux.
Il commença d'une voix énergique par Marlène Schiappa et sa promotion Playboy. Bien sûr je n'y ai pas cru ! Un premier avril, j'étais sur mes gardes ! Ce n'est que lorsque le fretin brandit le magazine que je finis par rejoindre les piafs au pied de l'érable. Les mauvaises nouvelles tombent comme la pluie.
Je vais être franc, Marlène n'était et ne sera jamais mon top-modèle, ni en politique, ni ailleurs !
Ce monde court irrémédiablement vers la laideur. A l'instar de la politique qui le représente !
Puis, sans plus attendre, le volatile aquatique, alla chercher au fond de sa sacoche, comme celles que portaient les anciens facteurs, la déclaration de Patrick Pelloux, médecin urgentiste qu'on connaît pour son alarmisme chronique et l'opportunisme politique, annonçant avec des trémolos dans le gosier «l'émeute » des gens à qui on refuse la vaccination. C'était du réchauffé, mais cela restait scotchant pour qui ignore la chose.
Combien de gens que nous pensions « honnêtes » sont passés armes et bagages dans le camp du fric ? Pas une nouveauté non plus. Une société qui repose sur le bakchich ne peut offrir que cette image diminuée de l'homme. Patrick Pelloux mourra avec sa conscience.
Après un silence assez solennel, notre poisson volant, repris des plus belle, soulignant avec roulement de tambour le côté puérile et infantilisant d'Emmanuel Macron président de la France.
Après le lamentable épisode Mcfly et Carlito à l’Élysée, il récidive avec les 75 ans de Pif Gadget !... Répondant, dit-on, aux questions des enfants sur le pouvoir (?!) et tout ce qui va avec. Les mises en examen des membres de son gouvernement aussi ?
C'est avec délectation que Manu s'est livré au seul exercice qu'il affectionne : nous prendre pour des enfants !
Et pourquoi s'en priverait-il, puisque ça lui réussi si bien.

Sous l'Casque d'Erby



dimanche 26 mars 2023

Pan après pan, ça tombe et ça creuse

Erby
On dit souvent – pour justifier l'inqualifiable – que le peuple ne sait pas ce qu'il veut. Que dépourvu de pensée, il lui faut des esprits « supérieurs » pour penser à sa place. En substance, il lui faut des guides, faute de quoi des « mauvaises idées » lui travaillent l'esprit et l'égarent dans l'utopie.
Des professionnels du bonheur sont formés par les écoles d’État pour, en son nom, le tailler comme un boucher découpe un quartier de viande. On appelle cela la classe politique, qu'elle se trouve à la gauche ou à la droite du Roi !
Or quand la cote d'alerte de ce que le peuple peut supporter est atteinte – ce qui est le cas en ce printemps 2023 – il se rue dans la rue pour exiger le rétablissement de ce qu'on lui grignote de justice sociale, de droits et de dignité.
Pour toute réponse, le pouvoir envoie la police. Nourrie de haine et de frustration, celle-ci se défoule sans ménagement et sans aucun discernement sur les manifestants ou les simples passants : femmes, vieux ou enfants, pas de quartier ! La meute est lâchée ! 
Ainsi donc, du vaccin à la guerre ; de la pédophilie à la traite des humains ; du transgenrisme en guise d'éducation, le pouvoir qui nous a été imposé au nom d'une parodie « démocratique », bascule dans le totalitarisme, faisant du peuple son sac de frappe, pour le plaisir sadique de quelques psychopathes tapis dans l'ombre tels les monstres qu'ils sont !
Ces représentants de la « Nation », désignés pour nous représenter et défendre les valeurs qui l'ont fondée – se révèlent tels qu'ils sont en réalité : des parasites opportunistes. Des enflures qui n'ont jamais eu l'intention de défendre autre chose que leurs biens personnels, par les voies les plus obscures et plus si affinité !
Je ne sais pas si cette poussée de fièvre printanière du peuple sur la réforme des retraites, suite à des années d'amputations sociales et de privations de droits, aboutira à une victoire sur le capitalisme cannibale, en termes de justice sociale et de paix civile, mais je sais une chose : sans nous, ce capitalisme n'est rien !
J'ignore encore si la colère populaire qui monte dans le pays est le fruit de la spontanéité et du ras-le-bol du peuple devant le cynisme et la surdité des pouvoirs ou si elle est fomentée par ceux que nous combattons afin de mieux faire plier le mouvement social.
Rompu aux déceptions ; habitué aux coups de Jarnac, je me demande si, après avoir utilisé les sévices du pervers narcissique Emmanuel Macron, le pouvoir profond n'envisage sa chute, nous faisant croire au rétropédalage, comme précédemment avec Sarko et Hollande, pour mieux nous enfoncer la dague dans les reins.
Moralité ubuesque : La police est payée par l’État Français pour bastonner le peuple et l’État est sous les ordres de l’État profond pour détruire la France et ainsi avec le reste de l'Europe.

Sous l'Casque d'Erby

samedi 18 mars 2023

Western version faillite bancaire

Erby
Entre la rivière et la mer un mince et solide filet d'eau. Entre la sueur et l'argent un gros fil à la patte : la banque !
Récemment la tête remplie de misère et de violence ; de projets sépulcraux et de chaos mondial, pour me détendre, j'ai plongé dans un vieux film comme on en produisait jadis pour distraire la foule tout en lui faisant croire qu'on s'occupait d'elle.
Installé dans mon canapé, les arpions en éventail, je regardais un vieux western à la psychologie black and white. Le méchant étant très méchant et le gentil très gentil, limite benêt, on se laisse prendre par ce minimalisme très efficace.
Plongé dans les faillites bancaires, mon entourage fut atterré par ce choix baroque et par le détachement que je montrais devant une actualité sentant le feu et le sang sur fond de 49.3. La dixième fois qu'il nous le fourgue le Manu ! A part ça, si t'es pas content...
J'avais beau expliquer qu'il y avait un rapport, du moins dans mon esprit, rien à faire. « Mais comment peux-tu regarder un truc pareil ! Quelque chose m'échappe ! », me dit un cousin qui n'a toujours pas quitté ses frusques de l'époque où jeune rimait avec couillon !
J'avais beau dire qu'il n'y avait rien de plus limpide que cette histoire pour comprendre la faillite des banques, autrement dit le nettoyage des poches des citoyens par des gangsters en col blanc. On ne me comprenait pas. Circonstance aggravante, un film américain ! Un produit de l'Empire ! Quelle horreur ! « Et en quoi me dit-on un film de pan-pan qui date de Mathusalem aurait un rapport avec le krach bancaire ? »
Le film date des années quarante du siècle dernier, certes, mais le sujet c'est quand même la banque. Un sujet aussi vaste que les océans. La faillite des banques, tout le monde en parle et ça craint pour nos matricules. Tout comme dans mon western pourri, la faillite se résume au nettoyage à sec des poches du clampin dont la naïveté frise la complicité pour crime en bande organisée.
L'histoire de ce film à l'esprit désincarné, propre au genre, raconte l'histoire d'un campement de chercheurs d'or où la boue et la non-vie ont la part belle : hommes, femmes et enfants forment un tout hétéroclite et misérable qui rappelle « La ruée vers l'or du Klondike » du grand Jack London, dont Chaplin avait tiré un long-métrage.
Des « chanceux » ont trouvé des filons du précieux métal, mais, prudents, cachent leur joie. Le malfaiteur rôde en quête d'un sale coup avant le suivant. Motus...
La nouvelle s'étant répandue que des gisements importants... des chariots chargés de marchandises, d'alcool, bois de charpente, prostituées, clous et planches constitueront ce que deviendra très vite – avant l'existence même de chiottes publics – un bâtiment important, à la suite duquel d'autres s'ajouteront.
Ce bâtiment – en fait une cabane en bois assez imposante pour impressionner le passant – arborera une enseigne des plus aguichante avec quatre lettres magiques : BANK. C'est pas Vegas, mais pas loin !
Sa devise, proclamée par un monsieur élégant en costume-cravate jouant le bateleur : « Nous sommes ici pour protéger votre or ! Venez admirer la solidité de notre bâtisse et la résistance de notre coffre-fort ! Aucun voleur ne s'y risquerait sans le payer de sa tête, nos meilleurs pistoleros veillant au grain ! Signez ici, au bas de ce document attestant que vous êtes bien le dépositaire de telle quantité d'or... Une croix suffira ! »
En face de la banque, le saloon, où l’orpailleur épuisé va s'arsouiller jusqu'à plus soif, soulager une queue en souffrance dans le ventre des prostituées, elles aussi à la recherche de fortune pour fuir cet enfer et des joueurs de poker prêts à tout pour alléger vos fonds de poche.
Quand le pauvre chercheur émergera de cette bacchanale, ayant dépensé, jusqu'au dernier, les jolis dollars « offerts » par le banquier, il découvrira que la banque a fermé « ses guichets », fait faillite et qu'il ne lui reste plus qu'à continuer de gratter la roche jusqu'au sang en rêvant au monde merveilleux de Narnia.
La morale des banquiers, c'est de ne pas en avoir ! Nous étions prévenus, Naomi Klein l'a très bien résumé dans « La stratégie du choc », mais ce n'était qu'un vulgaire western !

Sous l'Casque d'Erby