samedi 1 décembre 2018

Foulards rouges, idées jaunes

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C’est dans le très socialement sinistré département du Vaucluse qu’est né le groupe Foulards rouges - à ne pas confondre avec les mouchoirs rouges de Cholet, de sinistre mémoire -, en réponse au mouvement des Gilets jaunes. Ces citoyens en guenilles, bandana rouge noué au biceps, militent pour la « libre circulation » des conducteurs et pour le « droit de ne pas adhérer aux idées des Gilets jaunes » (?!).
Agissant de la sorte, ces hommes et ces femmes, anonymes ostracisés, au bord du précipice social, veulent par leur action, libérer la parole, danser la carmagnole en réduisant, tant que faire se peut, le niveau de douleur, d’anxiété, de stress ou de colère d’une société sous l’influence de charmeurs de serpents. Métier certes honorable mais ô combien aléatoire. Ils militent en outre pour la saisie des pungis, clarinette des charmeurs, dont le son dicte au serpent le comportement à observer devant la foule éblouie.
Créé sur Facebook, groupe fermé, les Foulards rouges dénoncent dans un élan inéquivoque « les actions des Gilets jaunes et l’inaction des pouvoirs publics » et se proposent de fluidifier la circulation dans le département du Vaucluse en appliquant ce que l’on suppose être une émanation du qi gong, discipline traditionnelle chinoise fondée sur la « libération de l'énergie vitale, associant mouvements fluides, exercices respiratoires et concentration de l'esprit » avant la prise d’un apéro bien mérité, au pied du Mont Ventoux, à un souffle d'Avignon, hameau d'origine de  notre très hugolienne Cosette.
Cette jacquerie est-elle le prélude à un mouvement de plus vaste amplitude ou, comme lors des épisodes précédents, va-t-elle donner lieu aux habituelles complications où, schisme, déviations, apostasie l’emporteront sur les valeurs d’origine ?
Comme ne se lasse pas de le répéter mon voisin sinologue : pour un homme avec un marteau tout ressemble à un clou.


Sous l'Casque d'Erby


jeudi 29 novembre 2018

Saloperies diverses

Monde de dingues !
Que n’ai-je pas gardé les œillères attachées à la têtière ! Je n’aurais pas vu venir le coup de fouet labourer mon flanc !
Gaffe aux cerveaux ! Gare à nos fesses ! L’inquisition mentale est à l’œuvre. Elle a insidieusement planté des doigts griffus dans nos crânes pour contrôler les esprits. Les empêcher de se mouvoir dans une autre sphère que celle recommandée par des puissances obscures.
Des exemples ? Non, mais, ça va pas ! Vous voulez ma perte définitive ! M’empêcher d’assister à la lente et inexorable déchéance d’un monde sur lequel j’avais osé espérer le meilleur.
Des exemples… Des exemples… Puis quoi encore !
Prenons, pour rester terre à terre, hors champ politique, ces deux icônes de la cinématographie mondiale que sont Michael Douglas et Gérard Depardieu, accusées, la première de s’être masturbée à chibre tendu devant une obscure employée, utilisant des mots obscènes, éjaculant un foutre agressif sur une vulgaire table du bureau, ce qui a durablement perturbé la dame, puisque trente ans plus loin elle s'en souvient encore. Pour ce qui est de la seconde icône, notre Gégé national, c’est encore pire puisqu’il aurait introduit de force sa bistouquette dans la poche secrète d’une jeune comédienne de 22 printemps l’été dernier ! Un monde s’effondre. Quel cauchemar !
Pour ma part, désormais, je n’approche plus aucune femme à moins de 100 mètres et ce, en présence de nombreux témoins, comme pour une manif de gilets jaunes. Finis les baisers sur les joues, la main posée sur l’épaule et le ça va ? amical qui va avec ! Car plus rien n'est amical en ce monde ! Nous ne nous adresserons plus la parole qu'à l’aide d’un mégaphone, par mesure de précaution, car le pire n’est jamais évitable ! Le tout filmé à l'aide d'une caméra cachée, au cas où...
Des exemples… Des exemples… Je t’en foutrai de l’exemple !
Saviez-vous, par exemple, qui était en réalité le robuste Hercule, fils de Zeus, dont on porte aux nues les 12 travaux ? Eh bien, ce citoyen exemplaire de la Grèce antique, servant à instruire des générations d'écoliers de par le monde depuis un bail, n’était en fait qu’un sale quidam, condamné à des travaux d’utilité collective pour avoir massacré femme et enfants dans un accès de fureur meurtrière. Mérite-t-il le respect qu'on lui voue ?... Pour sa défense devant le tribunal local de l’histoire, on invoqua des circonstances atténuantes, car le pauvre homme fut, dit-on, perverti par une maîtresse-femme, une certaine Héra, déesse de son état…
Héra ou pas, l’histoire a jeté les victimes et gardé son héros !
Mais à qui peut-on se fier ! 

Sous l'Casque d'Erby

mardi 27 novembre 2018

Le jaune voit rouge, vraiment ?


ERBY
« Si haute que soit la montagne, elle se trouvera toujours plus bas que l’herbe qui pousse à son sommet. »



Bonnets jaunes ; gilets rouges ; tous des juifs allemands ; tous Charlie… Tous Charlots ?...
Tous ensemble pour la baisse du carburant à la pompe. Tous pompés ! Tous contre le rhume, mais pas contre le fait de se faire enrhumer par des banquiers insatiables.
Gauche, droite, centre, la marge, tous ensemble au pied des bastilles ! Que ça sente la bière et la frite jusque dans le cœur des rites !
On chante, on danse, on déclame. On proclame ! On célèbre, chacun sa chapelle. On rêve le rêve qu’on traine de frustration en frustration, à l’instar de Sisyphe roulant son éternelle caillasse de bas en haut, les mains calleuses et la sueur au front.
O Joies ! Ô misères ! On fait vroum avec les unes, tandis que les autres filent la scoumoune. La révolution multicolore. Tous ensemble, comme dans les bons vieux contes de fées. Les rouges, les noirs, les jaunes, les cuivrés, les blancs. Sans haine et sans crainte. Et après tout… C’est quoi la révolution ? sinon le bouleversement de l’ordre établi, baïonnette aux entrailles pour ceux qui ne marchent pas au pas de… l’oie !  Question subsidiaire, mais qui a son importance : de quelle couleur est l’oie ? Noire ? Blanche ? Rouge ? Jaune ? Brune ?...
Pauvre bête !
Une chose est sûre : l’escroquerie reste le ciment du pouvoir.
Comme les pauvres cloches que nous sommes avons mal à la comprenette, Manu 2 (le Premier s’en est allé ergoter chez les catalans d’Espagne), va nous l'expliquer, via la bécane à décerveler, missions parlementaires comprises, que tout ça c’est à cause de la « transition énergétique », que sans elle, le pompage de la nation à la source n’aurait aucune raison d’être. D’où l’idée de réunir du monde afin de « discuter » pour aider les pauvres à perdurer dans le crédit et la pauvreté. Pour cela, rien de tel que demander aux banques de se joindre à la kermesse pour nous aider à faire vroum-vroum avec des caisses moins polluantes. Grâce à des taux défiants la concurrence, le blaireau y laissera son pelage, remerciant le tondeur pour son amabilité !


Sous l’Casque d’Erby



Aux Champs Élysées.... 🎵🎵🎵🎵🎵🎵🎵🎵

dimanche 22 avril 2018

La stratégie des jambons c'est canon !


Impossible de jeter un œil épuisé aux bulletins d'information méthodiquement débités sur les chaînes de détournement de pensée sans éprouver un dégoût très marqué pour la politique, grande pourvoyeuse de saletés. Hommes, lois, systèmes, sont en passe de conjuguer l'inconciliable : nous rendre hideux.
Du mensonge à la tonne ! Le matraquage est tel que même pendant le sommeil, la micro poussière de temps qu'on mendie pout déstresser, l'esprit n'atteint plus ce fameux « repos réparateur » que le rêve rend si frétillant au lever. Et pour cause ! Plus le stress est grand, moins la pensée est féconde !
Le sommeil est aussi harassant que les journées de travail de Chaplin dans les « Temps Modernes ». Aussi coûteux que le repas du jour ou la couche du soir, qu'on arrache à des prix usuriers dans des lieux insalubres. Aussi incertain qu'une promesse électorale. Aussi trouble et peu potable que l'eau stagnante de la mare aux politicards !
Plus la quantité de marchandise périmée est importante, plus le prix de revient du produit est intéressant pour le distributeur. Ce dernier, l'habituel vendeur-arnaqueur, motivé par la cupidité et par l'idée de gravir vite fait les échelons de la hiérarchie sociale au prix d'une pêche au clampin parfaitement réussie, est à la bonne foi ce que le boucané est à la viande fraîche !...
Connaissez-vous Raymond Cousse ? Si vous ne connaissez pas cet homme singulier, il est temps de le découvrir. J'ai eu la chance de croiser ses écrits quelques années après sa mort, par le biais de sa « Stratégie pour deux jambons », livre transmis par Rémi il y a une quinzaine d'années.
Voici un roman cochon, ou le cochon raisonne et résonne de mille couinements mystérieusement humains dans les abattoirs de l'âme, avec drôlerie et justesse et que l'auteur a la délicatesse de dédier à ses chiens ! Le père Cousse, c'était quelqu'un !
Voici ce qu'il écrivait à la page 47 de ce roman insolite où il affirmait que s'il avait eu le choix de la réincarnation, le « cochon n'aurait jamais été sa terre d'élection » :
« J'aurais préféré m'incarner dans le tonneau, tenez, si j'avais eu le choix. Que de fois suis-je resté à baver devant les formes accomplies d'une barrique et que de larmes versées, en présence d'un idéal inaccessible ! J'en ai passé, des journées et des nuits, à rouler sur moi-même, à la recherche de la parfaite rotondité. Eh oui, si les pattes ne m'avaient entravé, je confinerais à la perfection, aujourd’hui. » 
Sur ce, la bonne lecture à tous. !



"Stratégie pour deux jambons" de Raymond Cousse


Sous l'Casque d'Erby


jeudi 8 mars 2018

Rem*, six pieds sous terre, je t'aime encore


Quand Daniel Geoffre, un ami commun, est mort, j'ai dit à Rémi : « Ne compte pas sur moi pour piper mot ! La douleur, ça va ! Si en plus il faut l'étaler comme de la confiote, non, merci ! »
En vieux singe qu'il était, il a ri, de ce rire malin qu'il avait et il a raccroché le combiné. Deux heures plus tard, il m'envoyait un texte à la mémoire de Daniel, pour que je le lise en public au funérarium de Paimpol où avaient lieu les obsèques.
C'est Martin, le fils de Daniel, qui s'en est chargé. J'ai horreur qu'on me regarde quand l'émotion me monte à la gueule ! L'anonymat n'est-il pas l’antichambre du recueillement et de la « lâcheté »? Pensait-il, ce singe savant, que j'allais, si vite, reprendre du service à son compte ?
Rémi, Daniel, Katell, moi (et bien d'autres), c'est plus de quarante ans d'histoire commune, d'un bout à l'autre de la planète terre avec pour géographie partagée, la Bretagne, diverse et singulière. 40 ans que ça dure cette histoire, avec ce vieux con, blogs compris. Pas le meilleur informaticien, le Rem*, mais qu'est-ce qu'il a fait chier le peuple avec ses excès, ses vapeurs, ses urgences tous azimuts pour un lien, pour un astérisque manquant. Pour rien et pour tout, en somme.
Quand on dit que Rémi était un anarchiste, je dis oui, tout de suite. Il était, dans ce cas précis, non point un anarchiste « organisé » - pas son truc ! » - mais un urgentiste de l'anarchie : un électron libre ! Pas d'organisation autre que la sienne ! Tout pareil que pour les femmes, sa vie : il les aimait et les détestait, comme on aime l'impossible, auquel il s'est, sa vie durant, accroché sans y réussir toujours le pari...




Sous l'Casque d'Erby