vendredi 2 octobre 2026

Perversité narcissique en Ibérie

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Le traité d'amitié franco-espagnol a surtout servi de prétexte à des règlements de comptes entre ennemis politiques, bien plus qu'à une quelconque hostilité envers la France. Il s'inscrit sur fond d'invasion de Ceuta : en juillet-août 2026, entre 50 000 et 70 000 personnes ont franchi en quelques jours la frontière marocaine, la majorité étant rapidement retournée. L'opposition dénonce un épisode d'invasion orchestrée face à l'inertie du gouvernement de Pedro Sánchez, tandis que celui-ci parle seulement de « crise migratoire soudaine ». 
Cette passivité a déclenché des manifestations et des marques de soutien dans toute l'Espagne, où on y voit de la haute trahison. 
Alors qu'Emmanuel Macron débarquait à Madrid pour sceller des accords, panser ses plaies politiques et jouer les héros de Top Gun, le Sénat espagnol a rejeté le texte négocié avec l'exécutif. Une gifle parlementaire pour Pedro Sánchez, un camouflet pour sa politique européenne et une petite fessée pour le président français, venu chercher une consécration diplomatique qui lui a finalement échappé. 
Macron attendra avant de parader ! Quand deux pervers narcissiques sont à la manœuvre, cela ne peut que faire des étincelles, même si tous deux font tout pour relativiser le bruit de la claque ! 
Derrière ce vote se joue avant tout l'affrontement entre la majorité socialiste et l'opposition conservatrice, rien que nous n'ayons déjà vu maintes et maintes fois dans l'arène politique. Le Parti populaire (PP) conteste certaines dispositions du traité, à commencer par la participation de ministres français à des réunions gouvernementales espagnoles, tandis que Vox (équivalent espagnol du RN) y voit l'occasion de dénoncer les orientations européennes et environnementales de Sánchez. 
Faut-il pour autant y voir une poussée d'hostilité anti-française ? Pas du tout. Les relations économiques, diplomatiques et stratégiques entre les deux pays demeurent étroites. Le rejet parlementaire ne traduit pas une remise en cause de l'amitié franco-espagnole. Le véritable enjeu est politique : il s'agit d'affaiblir Pedro Sánchez en contestant l'un des symboles de sa politique européenne.  Dans un climat intérieur tendu, le traité devient un instrument de confrontation. La droite espagnole affiche sa fermeté face au gouvernement, tandis que Sánchez dénonce un blocage préjudiciable à la coopération européenne. 
Lors de leur rencontre, les deux dirigeants ont affiché la volonté de préserver les relations franco-ibériques. Le message est aussi simple que la gifle est vexante pour les protagonistes : les désaccords parlementaires espagnols ne sauraient compromettre les liens entre les deux États. 
En définitive, cet épisode relève d'un bras de fer de politique intérieure plutôt que d'une crise bilatérale. Il rappelle combien les relations internationales servent de terrain d'affrontement partisan lorsque le gouvernement en place est fragilisé. L'amitié entre Paris et Madrid reste intacte, même si Emmanuel Macron n'a pas obtenu la vitrine politique qu'il espérait. 
Quant à Sánchez, il a intérêt à s'atteler aux problèmes de Ceuta plutôt qu'à agiter des écrans de fumée, tous aussi foireux les uns que les autres. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

1 commentaire:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. Ce n'est pas en cachant la poussière sous le tapis que celle-ci disparaît. La bonne journée.

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