lundi 5 octobre 2026

Lycéens dans la rue : qui tient la laisse ?

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À première vue, l'histoire est simple : des lycéens descendent dans la rue parce que leur école va mal. Manque de professeurs, classes trop chargées, bâtiments dégradés, avenir bouché. La colère est réelle. Elle n'a besoin d'aucun complot pour exister. 
Mais une fois la rue occupée, une autre partie commence. 
Une mobilisation spontanée est tout sauf prévisible. Les plateformes militantes sont au taquet. Un objectif : canaliser, contrôler, guider, diviser, tirer la couverture à soi, pour que tout redevienne comme avant. C'est la vérité vraie ! 
Ceux qui disposent de militants, de syndicats, de relais médiatiques et de réseaux sociaux le savent : la confusion est le meilleur garant de l’ordre. Pour l’État, c’est de la routine : il suffit de quelques personnes organisées en bande, placées aux bons endroits, transformant une colère pacifique en chaos organisé. 
C'est ce que l'on observe aujourd'hui. Ce que nous voyions hier. Ce que les livres d’histoire nous montrent avec des faits imparables ! 
Des organisations lycéennes et étudiantes structurent le mouvement. Des syndicats cherchent la convergence. Personne ne veut rater le train. C’est la cohue ! La CGT ne peut qu’envisager la mobilisation, faute de quoi... Les militants de La France insoumise, excités comme des puces sauteuses, font du moulinet une œuvre d’art. À force, ils vont finir par se désarticuler ! 
En Seine-Saint-Denis, on note l'intervention de militants politiques dans l'organisation et la communication des actions. Qui pour s’en étonner ? 
Faut-il en conclure que les lycéens sont manipulés ? Ils ne seraient pas les seuls, ni les derniers ! 
Ne nous y trompons pas cependant : une mobilisation peut être spontanée et récupérée en cours de route. Elle peut paradoxalement être authentique et instrumentalisée. Le jeune qui bloque son lycée parce qu'il en a assez de ses conditions d'étude n'est pas nécessairement le militant qui, quelques heures plus tard, transforme cette colère en contenu viral, avec selfies à l’appui, en veux-tu, en voilà ! 
Car, comme à chaque événement de même nature, chacun a intérêt à raconter l’histoire à sa manière. 
Pour la gauche radicale — façon de parler —, la mobilisation est la preuve d'une jeunesse qui refuse les choix gouvernementaux. Pour les syndicats, elle est l'occasion d'élargir le rapport de force afin de montrer un pouvoir débordé. Et le gouvernement dans tout ça ? Dissocier les revendications scolaires des blocages et, surtout, des violences, afin de déplacer le débat de l'école vers celui de l'ordre public, quitte à se servir de ses propres casseurs pour parvenir à ses fins. 
Quatre récits pour une seule colère. Qui ne perdrait pas son latin ? 
Car dès qu'une voiture brûle, qu'un établissement est dégradé ou qu'un affrontement éclate, les revendications initiales disparaissent des écrans. Le débat n'est plus : « Pourquoi ces jeunes sont-ils dans la rue ? » Il devient : « Qui contrôle les débordements ? »  
Le pouvoir peut alors dénoncer une mobilisation incontrôlable. Ses adversaires y voient une répression politique. Les images circulent, les réseaux s'enflamment, chacun sélectionne celles qui confortent son récit. 
Pendant ce temps, le sujet de départ — l'état de l'école — recule. Celui de la société qui s’en soucie ? La ruine du pays dont nos dirigeants en ont la responsabilité, qui en parle vraiment ? 
C'est ainsi qu'une colère sociale se transforme en bataille politique avec les ingrédients clivants de la future présidentielle ! 
Ou comment s’offrir une belle propagande sur le dos de pauvres gens ! 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

2 commentaires:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. Je vais être absent des radars pendant un petit moment. Là où je vais, pas de réseau, pas de télé, pas de radio, pas de journaux. Le bon tout à toutes et à tous.

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