vendredi 8 janvier 2016

Le festival BD d’Angoulême, c’est Clochemerle

A Angoulême, le festival annuel de la BD bat des valseuses que c’est misère ! Le tout mâle, fort de ses prérogatives, se disputant le Grand Prix final de la 43e édition dans un univers fermé aux femmes fait queue basse devant le scandale qui l’ébranle. A l’instar du pâté d’alouette (un canasson pour un piaf), en pire, les dessinatrices y sont proscrites : la liste des concurrents au Grand Prix final ne dénombrant pas l’ombre d’une libellule à se mettre sous les wonders ! Du 100% gonze ! Pas parce que les frangines n’auraient aucun talent, bien sûr que non, mais parce que les gougnafs de la direction du Festival perpétuent une pratique féodale qui la fout mal au sein d’une institution s’affichant comme le fleuron de la modernité et du progrès.
Un bien joli scandale qui n’a fait que s’aggraver au fur et à mesure que montait la colère du Collectif de créatrices de bande dessinée dénonçant avec vigueur, comme le rapportent certains médias, Acrimed entre autres, un ostracisme infamant dont l’écho, vite relayé sur les réseaux sociaux, a semé la panique au sein de la direction du Festival, qui, dans un rétropédalage burlesque, a, dans un premier temps, décidé, sans même parfois consulter les heureuses élues, de colmater la voie d’eau, ajoutant à la trentaine de burnés listés une demi-douzaine d’auteures venues d’horizons et de pays différents sur le site du Festival, avant que les noms de ces frangines n’en soient biffer sans plus d'explication !
Devant le boucan engendré par le procédé, la direction du Festival, dégoûtée, renonce à publier la moindre liste, laissant « au libre arbitre absolu des auteur(e)s l’élection du lauréat/de la lauréate » de la présente édition. 
Rien dans le calcif, les mectons !

En prime DPP nous offre un fdkl & co canon ! Cadeau. 

Sous l’casque d’Erby



jeudi 7 janvier 2016

Désolé, Charlie, mais je ne marche pas au pas !

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Un an après les attentats de sinistre mémoire, je ne suis toujours pas Charlie, malgré la mouscaille qu’on nous met aux yeux !
Je me souviens et pense aux familles des victimes et au trauma des rescapés. Pour le reste, je suggère qu’on éjecte Dieu de nos pensées et que l’on raisonne comme des hommes libres.
Être Charlie c’est être contre l’Etat, contre l’ordre établi ! Or si l’Etat s’en mêle, supplante Charlie, bariolant la façade à sa guise, instrumentalisant les esprits comme à son habitude, où est donc passé l’esprit libertaire qui soufflait jadis sur ce canard si cher à nos cœurs ? Evaporé dans l’atmosphère avec les émanations capricieuses du Yellowstone politique ?... Collé dans le bitume avec la gomme des marcheurs de la souvenance, le cerveau barbouillé par des « éléments de langage » projetés sur grand écran, repris à la chaîne par des millions d’individus en voie de domptage ?...
Un an après la fabuleuse entreprise de récupération de la tragédie par l’Etat, nous avons quoi au menu ?... Surtout n’ouvrez pas la carte pour vous enquérir, vous risquez, au pire une attaque, au mieux un pas de plus vers le soliloque et la solitude de l’incompris.
Après avoir stigmatisé du Dieudonné, balancé de l’antisémitisme comme on pulvérise du Roundup dans un champ de pissenlits, agencé la montée du FN comme on vend des chrysanthèmes à la Toussaint, vendu de la trouille à des milliards de pixels, du complotiste à pleines pelletées, ramassé les dividendes par sondages interposés, vendu des breloques post-mortem, accroché des plaques commémoratives, où le pigeton vient se prosterner, déposer un bouquet de fleurs dont le coût est amputé au budget culture politique, nous avons quoi à nous mettre sous la dent ? Des lois sécuritaires, une police avec des pouvoirs « inespérés », de la déchéance nationale et une maladie orpheline dont on ne trouve pas de remède ! Autant dire que le néant n’est plus un cauchemar dont on finit par se réveiller après une mauvaise nuit mais la triste et cruelle réalité !
Même s’il ne l’avoue pas ouvertement, le FN est aux anges, tant l’offre dépasse la demande ! Quant à la République, n’en parlons plus ! De moribonde, elle est passée à l’état d’extrême-onction !
Pendant que le tout républicain braille de l’unionisme, qui, parmi les Valls, Hollande et autre Conseil d’Etat s’inquiètent, donnent de la voix, appellant les médias à la rescousse pour empêcher la venue d’un vétéran néonazi ukrainien le 16 janvier prochain à Nantes, pour une conférence pédagogique, organisée par le White Rebels Crew, groupe nationaliste français, qui soutient les actions de l’armée ukrainienne et plus particulièrement celles du bataillon nazi Azov contre les populations russophones du Donbass ?...
Marcher ? Oui, mais dans quelle direction ?...

La sale série continue : René Vautier, l'auteur de "Avoir vingt ans dans les Aurès" est lui aussi parti il y a tout juste un an.. Film en vidéo du jour.
Plus Vautier-la-caméra-rouge : Afrique 1950, par Rem*

Sous l’casque d’Erby



samedi 2 janvier 2016

Retour sur Terre après le tout festif

Erby
Au gris des visages qu’on croise, au vent qui fouette les ardoises, aux civilités vite expédiées, au soulagement qu’on éprouve en s’éloignant, à l’odeur de morgue qu’on laisse dans son sillage, au tic-tac des montres réglées aux satellites des habitudes, guettant les quatre zéros sur les cadrans pour sauter de joie, la seule bonne nouvelle vient de l’envie qui vous prend de détaler pour essayer de trouver un peu de paix dans une autre dimension !
Au fond, cette envie est aussi absurde que rasante, puisque tous les ans, après coup, je dis la même chose, sans me donner les moyens de m’en prémunir avant !
Chacun son héroïsme !
En matière d’héroïsme, précisément, voici de quoi souiller abondamment le sol carrelé avec la vomissure des morts : les Charlie-salauds de la « république » n’ont pas fait dans le détail en cette fin 2015 : pas un ver n’a échappé à la cérémonie de distribution industrielle de breloques. Wolinski et Cabu, en tête de catafalque, ont « solennellement [été] décorés par des badernes de fond de ministère », sans qu’aucun n’en moufte le moindre refus, ni ne tire la chasse d’eau. Ou… Quoi encore !...
« Plus l’hôtel est borgne, plus le sommier grince », disait feu San Antonio dans l’une de ses aventures. Puisque nous sommes en pleine foire à la citation et à la reprise de textes anciens, ceci expliquant sans doute le naufrage moral actuel, j’en ajoute une suivante que j’emprunte cette fois à E. Armand : « La nature vise toujours à l’emploi complet des facultés et des aptitudes de tout organisme, donc à son usure, donc à sa destruction. L’usure ou la consommation, c’est la fin de l’économie naturelle. »
Soyons audacieux, comme le proclame un collègue de bordée, qui n'a jamais lu de grands livres : je nous la souhaite longue et plate, cette satanée année !

Dernière minute : En guise de vœux, Rémi me suggère par mail la lecture de ceux de Gramsci il y a 100 ans chez les Cénobites tranquilles, « le meilleur blog » qu’il connaisse. Ce que je fais avec plaisir, évidemment. Et merde à tous les autres blogs bien pourris auxquels je me dépêche de faire des plates excuses en ces temps féroces !

Sous l’casque d’Erby



vendredi 1 janvier 2016

jeudi 24 décembre 2015

Le bon Noël !

Pioché chez les moutons
Quels remue-méninges !
C’est fête, le moment idéal pour plumer la volaille.
Pauvre madame Taubira, se faisant bastonner comme il n’est pas permis par la meute déchaînée, cherchant à la farcir comme vulgaire dinde !
Ministre chargée d’ingurgiter de la couleuvre à tous les repas, elle acquitte son apostolat avec un courage de kamikaze. La voici obligée de défendre devant les députés le texte qui la fait dégobiller sur la déchéance de nationalité pour des « terroristes nés en France » et sur injonction du fossoyeur de l’Elysée. Une façon de dire aux terroristes ou supposés tels : « casse-toi, pauv’ con ! », sans que cela ne change pas la donne dans la lutte contre le terrorisme, offrant de fait un joli cadeau de Noël aux nostalgiques de l’obscurantisme qui n'en demandaient pas tant.
Des précédents en la matière, que nous devons à la gauche parlementariste, existent, puisque c’est « Daladier, président du Conseil radical-socialiste, homme de gauche, numéro deux du gouvernement du Front populaire dirigé par Léon Blum en 1936, qui prévoit la déchéance de la nationalité des Français naturalisés depuis moins de dix ans, ayant été condamnés à au moins un an de prison (décret-loi du 12 novembre 1938 article 22) ». Une loi qui a depuis été revisitée à maintes reprises, comme vous pouvez le découvrir sur ce lien.
C’est donc le cœur lourd et le remords à fleur d’épiderme que notre vaillante garde des Sceaux a décidé, non pas de démissionner, comme l’exige une certaine forme de morale, mais d’aller auparavant devant l’Assemblée, avec le talent d’oratrice qu’on lui connaît, pour dire sa répugnance et le dégoût que lui inspire le texte, le gouvernement dont elle est membre et le Président dont elle est la subordonnée.
Chiche !
La bonne ripaille à toutes et à tous.

Sous l’casque d’Erby



jeudi 17 décembre 2015

L'ArTche des sens en fête, le 19/20/21 décembre à Perros-Guirec

Miguel P.Diaz
Trêve de plaisanterie. A l’égout, la farce électorale !
Entre bulletins blancs, nuls et abstentions, cela fait presque 20 millions d’individus, sur près de 44 millions d’inscrits, qui ont fait un bras d’honneur à la truanderie organisée. 20 millions d’individus qui comptent pour des prunes ! Du rêve démocratique à la démocrasse, ça fait plutôt mal au cul ! A côté, la « montée » du FN, avec ses 6 millions, tarif plein, orchestre médiatique en soutien, c’est de la roupie de sansonnet ! Mais c’est avec ça que le banditisme politique est passé du statut d’entreprise artisanale à celui d’industrie multinationale du racket organisé.  
On dit qu’« une image vaut mille mots ». On attribue l’apophtegme à Confucius. Comme je n’étais pas là au moment où le vénérable a balancé sa trouvaille, je n’ai aucune raison de mettre en doute le témoignage de celui qui la lui a attribuée.
Et des images l’ArTche des sens en propose ce week-end (19/20/21 décembre) à la Ferme de Kerangloff à Perros-Guirec. Pas moins d’une trentaine d’exposants proposeront au public de la sculpture, de la peinture, de la poésie, de la photographie, de la marqueterie, de la mosaïque, de la vidéo, de la harpe celtique et de l’art vivant, avec El bobo et sa troupe B.A.I.T pour une série d’improvisations délirantes. Merci à l’ami Casa d’avoir contribué à cette rencontre qui s’avère magnifique ! Seront également de la fête, les Bococos et leurs masques pour une incursion burlesque au royaume d’Ubu et d’autres surprises…
Beaucoup, beaucoup de travail, pour l’équipe de bénévoles, vous vous en doutez, que la mise en place du dispositif pour rendre cohérente et aussi vivante que possible une telle manifestation. Raison pour laquelle je me fais rare par ici, mais il n’y a pas que cela, j’en ai aussi un peu ras-la-carafe de la jactance politique, de son frelaté, du rosbif ficelé que nous sommes, bourré de colorant, attractif sur l’étal, alors que l’on sait que la barbaque est dure à la dent et le produit qu'on nous vend est périmé.
Je m’en vais donc prendre l’air avec plaisir pendant quelques jours qui seront riches en belles surprises !
Si vos grolles vous mènent, en cette période de forte transhumance, par chez nous, il y aura, pour vous accueillir, en plus du programme, un bon bol de soupe, de la crêpe, du cidre et de l’amitié à rendre accessible l’infini.
Le 19/20/21 décembre à Perros-Guirec. Le parcours est fléché. Ou la meilleure façon d’avoir des cordes à son arc !

Sous l'casque d'Erby


dimanche 13 décembre 2015

Le festin des drosophiles

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Avez-vous entendu jaser de la perversité temporelle ? Un truc d’ouf qui fait bander ceux qui veulent échapper à quelque chose ou réparer ce qui a précédemment été mal ou pas fait du tout. Ou qui cherchent dans le rêve le refuge idéal pour échapper à la déconfiture de l’esprit.
Le temps va et vient comme une feuille morte poussée par des automnes lointains ne manquant pas l’occasion de faire un coucou en rappliquant. Le frisson du temps jadis où tout était beau et bleu comme un ciel bleu.
Tranquillement installé dans votre salon, vous pensez vous trouver sur votre terrasse côté sud et en fait pas du tout. Hier comme aujourd’hui la boîte à manivelle vous joue des tours. En réalité, hier comme aujourd’hui, vous vous trouvez quelque part en milieu hostile, cerné par des loups affamés, pas une escarbille à vous mettre sous les dents pour chasser un encombrant bout de castor coincé dans un creux ; des ours démontés par l’absence de saumons vous tombant sur le paletot comme meute de Le Pen excitée par la chair fraîche, ou par des ministres voletant comme des drosophiles à l’idée d’un festin national.
Où suis-je ? Que dis-je ? Qu’écris-je ? La vilaine perversité temporelle !
Je parle des élections régionales de la France en état de « guerre civile », on me reproche l’oubli palestinien, le mur israélien, Gaza, sa violence, les victimes qui mangent le caillou à pleines dents.
Je parle de la Syrie, de l’usinage terroriste par des États pervers, des prémices d’une Troisième Guerre Mondiale, et me voilà de fait devenu un malfaisant poutinien, complice de je ne sais quel chef sanguinaire, sans que je ne sache davantage pourquoi...
De fait, j’oublie d’évoquer le Venezuela, où la bourgeoisie « locale », aidée par les amerloques, a coupé les vannes, privant les magasins d’alimentations du strict minimum pendant le déroulement de la campagne électorale, affamant le peuple pour l'obliger à « bien voter ». Suis-je coupable de n’avoir pas été assez chaviste ou de ne pas avoir été assez rapide à la détente ?...
Je parle d’élections régionales dans une France guerroyante, qui boit pour ne pas perdre espoir, on commente, ou on ne commente pas : « oui, bof, il y a mieux à faire ailleurs ! Mais la Grèce ?... Mais le Portugal ?... Mais l’Espagne ?… Et le Soudan  dans tout ça, on en fait quoi ?... Et l’escroquerie de la COP 21 ?... » Et j'en oublie. Atroce !
Entre 7 et 9 millions de pauvres, vivant sous le fameux « seuil de pauvreté » en Hexagonie, se disputant bouts de cartons et trottoirs interdits, faisant une queue humiliante devant les banques alimentaires ?... Aucune importance, puisque plus loin l’horreur est ô combien plus exotique !
Mais de quoi on parle ? Des pauvres du monde à nos pieds, partout où l’on pose un arpion, ou de la stratégie générale d’un capitalisme de la mort pour tout détruire sur son passage ? Mais de rien, puisque c’est toujours plus loin qu’on sert les meilleurs banquets !
Voilà à quoi ressemble la perversité temporelle en ce week-end où passé et futur vous font perdre le sens de l’orientation !
Je ne voterai pas ce dimanche, puisque les états-majors ont déjà signé des accords pour nous flanquer la dérouillée !

Sous l’casque d’Erby