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C’est à peine si les membres du tribunal avaient fini de digérer les croissants du petit déj’ qu’ils annonçaient la nouvelle, juste à temps pour l'apéro, sans le moindre ménagement concernant les dégâts que les travaux de construction du futur aéroport vont causer sur le bocage, ce dont les squales de la politique et de la finance n’ont rien à glander.
A peine si le tribunal de Nantes avait eu le temps d’annoncer la nouvelle que Manolo Valls, vif comme l’éclair, annonçait, effet de manche compris, que les travaux allaient reprendre alors que tous les recours ne sont pas épuisés et que les défenseurs de la nature, en cette année de conférence sur le climat organisée à Paris, envisagent de faire appel.
Mais à cela Manolo n'accorde qu'un intérêt relatif, puisqu’il est taillé dans l’étoffe de ces héros pour qui il n’existe qu’une loi : la sienne. Raison pour laquelle chaque fois qu'il le désire il s'offre du 49-3 comme on allume un clope à la sortie du bordel.
Mais dans cette triste affaire d’argent et de corruption, de lutte entre deux façons d’imaginer le monde, il n’y a pas que les opposants, il y a la misère économique, l’angoisse liée au chômage et à la précarité, la promesse d’un job ( 3 000 mille emplois que Vinci et le pouvoir politique garantissent) pour ceux qui n’en ont pas, la carotte avec laquelle le gang libéral gangrène la société en subdivisant les individus par groupes d’intérêt, les poussant à l’affrontement pendant qu’en loucedé ils placent leur magot dans des paradis fiscaux !
C’est ainsi donc que nos propres frères de misère, partisans du projet, aussi vifs que Manolo Valls, sont venus nombreux jusqu’au lieu de ce que seront les pistes du futur aéroport pour un lâcher de trois mille ballons, bleus et blancs, pour célébrer la décision du tribunal administratif de Nantes !
Eh, les gars, un peu de décence, ce n’est pas parce qu’on nous prend pour des cons que nous sommes obligés de le devenir !
Sous l'casque d'Erby

