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dimanche 21 janvier 2018

Pour qui ne connaît pas Notre Dame des Landes, le dossier

Notre Dame des Landes, le dossier


La décision est prise : elle sera pleinement entérinée dans quelques jours, car le 8 février la Déclaration d'Utilité Publique sera obsolète, et non renouvelée. Pas un coup de pioche n'a été donné par les promoteurs sur le périmètre de la ZAD depuis le début, ce qui aurait pu faire dire que les travaux avaient été commencés.

Malgré tout certains ne désarment pas. Le dossier est pourtant colossal, y compris pour donner les arguments "contre".

PRIX : il avait été convenu que les travaux de l'aéroport seul reviendraient, à la louche, à 580 millions, dont 300 versés par Vinci en échange de l'exploitation pendant 55 ans. Bonne affaire. Entretemps, les évaluations se sont envolées, en particulier parce que pour construire sur "le dur" la piste (et non plus deux pistes comme conclu au départ) il fallait forer des piles multiples de quatre-vingts mètres dans l'argile. Vinci en restait à ses 300 millions, en revanche les collectivités locales et régionales auraient dû payer de plus en plus cher (aux alentours de deux milliards semble-t-il) ; sans compter naturellement les travaux de voirie et de chemin de fer très importants pour desservir ce coin perdu.

En face, l'aéroport actuel n'est pas près d'être saturé, les autorités ont donc le temps pour apporter des aménagements – en particulier pour faciliter les décollages et atterrissages tous temps. La piste est aussi a re-surfacer, pour un coût modique et des travaux qui ne bloqueraient les trafics que pour 2 ou 3 jours. En tout 200 à 250 millions.

NUISANCE SONORE : elle est tellement négligeable que quand fut proclamé le résultat de la CONSULTATION de juin 2016 les citoyens actuellement sous les avions ont majoritairement voté pour garder l''aéroport actuel, ce sont ceux qui sont moins concernés qui ont voté pour le transfert. A Nantes les quartiers bourgeois du nord ont dit oui, les quartiers sud près de l'aéroport, plus "populaires", ont voté non, total cent voix d'écart seulement pour la ville même.
Au niveau du département, ce sont les communes du nord, les plus loin des deux aéroports, l'actuel et le projet, qui ont davantage voté oui, les autres ont dit non,
Seule exception au sud : Saint Aignan de Grandlieu, adossée au lac du même nom (seconde zone de migration d'oiseaux aquatiques de France après la Camargue) a voté oui pour bénéficier du départ de l'aéroport, afin de construire de nouveaux quartiers bien plus gênants pour les oiseaux, que les avions. Tous les experts sont d'accord là-dessus.

Petit bémol : de toute façon il fallait garder une piste à Nantes Atlantique, afin de permettre les mouvements du curieux avion Bélouga. Celui-ci emmène de l'usine Airbus les grandes pièces en direction de Toulouse, et il n'y a aucune autre façon de le faire.

RISQUES POUR LA VILLE : allons, les pilotes sont unanimes, Nantes Atlantique est très "facile" en comparaison de beaucoup d'autres aéroport, dont la plupart sont au moins aussi près d'une grande ville. C'est au point que, cruel rappel aux partisans du nouveau terrain, en 2013 Nantes-Atlantique a reçu le prix du meilleur aéroport européen.

En revanche, la région de Notre Dame des Landes, extrêmement humide, est bien connue pour ses brouillards fréquents. Et qu'on ne dise pas qu'il n'y a aucun risque en cas d'écrasement de l'avion : dans l'axe de la piste (eh oui, il n'y en avait plus qu'une dans le projet "amélioré") se trouve un peu plus loin la centrale électrique thermique la plus importante de France à Cordemais.

SATURATION : on est très loin du compte, parce que les avions depuis la création de l'avant-projet en 1962 sont devenus à la fois plus grands, plus économes, moins bruyants, mieux remplis. Oui, Nantes-Atlantique voit le nombre de mouvements d'avions (le seul critère à prendre en compte) augmenter tout doucement, mais il y a beaucoup de marge par rapport à des aéroports comparables qui reçoivent deux, trois fois plus d'avions. Entretemps il se pourrait bien que le trafic aérien entre en récession pour différentes raisons (économiques, raréfaction du carburant...)

ACCÈS : Pour rappel, au départ il était prévu deux pistes, pas de taxiway à Notre-Dame des Landes. En raison de l'envolée des coûts de construction, Vinci a préféré réduire à une piste, et le nombre de portes d'envol aurait été inférieur à celui de Nantes Atlantique. En revanche le parking voitures (à plat, parce que c'est moins cher) devait être agrandi, et la surface commerciale de l'aérogare également. On évite de penser à ce que cela représente pour un handicapé moteur obligé de parcourir l'immense parking, puis longer les très nombreuses boutiques avant de pouvoir accéder enfin aux avions. Quant à un accès via le train, dans combien d'années aurait-il été disponible ?

En revanche, maintenant Nantes acceptera sans doute d'allonger la ligne 3 du tram (1,5 Km dans une zone non construite) afin d'accéder directement à l'actuelle aérogare : voilà une desserte facile ! Et comme des rails passent déjà à proximité, il pourrait même y avoir des accès TER directs également. Ce n'est dépendant que d'une volonté politique.

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Voilà. Face à un État tentaculaire et souvent sourd aux arguments, des dizaines, des centaines de milliers de personnes en France ont réussi à rétablir le bon sens et les vraies priorités. Maintenant la ZAD va pouvoir devenir la Zone Artistement Diverse, un lieu au départ unique de création du nouveau. Un nouveau qui a peut-être déjà existé dans un autre contexte, mais dont le souvenir a disparu.




Les détracteurs vont sans doute se précipiter pour hurler : « Mais ce n'est pas possible ! Vous n'avez pas le droit, pas le droit de ceci, de cela, pas le droit de l'ouvrir, à peine de la fermer, encore moins d'exister ! »

Le droit SUIT la Vie, il ne la précède jamais. En revanche, il ne se gêne pas pour précéder la mort.

jeudi 18 janvier 2018

Sans entrer dans les philippe – hic sur les Landes

On ne peut qu'admirer le saut de l'ange (déchu ?), après la décision de garder les oiseaux de feu à Nantes-Atlantique. Salamandres, tritons crêtés ou non, et autres pourront continuer à se promener dans les ruisseaux de cette éponge qu'est Notre Dame des Landes.


Le samedi 10 février, leurs amis viendront à nouveau les saluer, et apporter à cette occasion des végétaux nouveaux à planter, pour renforcer les haies et buissons. Gageons qu'à nouveau nous serons nombreux, comme ce 8 octobre 2016 où nous fûmes plus de quarante mille venus planter nos bâtons. Il est d'ailleurs risible d'entendre "les autres" qualifier ces bâtons restés sur place, de "herses", de chausse-trapes, de pièges ou de je ne sais quoi encore. Leur manque-à gagner dans quelques opérations immobilières juteuses à notre détriment leur fait dire n'importe quoi.

La solidarité sans faille a payé, malgré les propagandes décrivant "les zadistes" comme des monstres prêts à manger les petits enfants, comme des barbe-bleue de passage. A part une poignée d'exaltés qui repartiront comme les routiers d'autrefois, la plupart, devenus agriculteurs modèles, resteront semer, planter, récolter, de bien beaux légumes particulièrement "bio", de quoi faire pain, fromages, bière en toute amitié et bonne humeur.


En fait s'est reconstitué là le village des Gaulois Irréductibles. Leur potion magique ? Une solidarité qui s'est étendue à toute la France (des centaines de comités solidaires) et même à l'étranger. Fi donc des tentatives de forces venues d'ailleurs, de semer la zizanie, l'individualisme et la morosité, C'EST RATÉ !

bab


Sous l'Casque d'Erby