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| Marco de Angelis via Erby |
La démocratie est en coma prolongé,
en piteux état, en ce que vous voulez, mais le diagnostic est sans
appel : c’est mort. Le Doc est formel, il a des infos à couper le sifflet
au premier piaf venu cueillir du sursis pour la victime.
Par la porte ou par la fenêtre,
quand les ouvertures ne sont pas étanches, le vent est comme chez lui, il fait
ce qu’il veut. Que vous trépigniez du pied, voire même des deux, c’est du
pareil au même, il vous décoiffe comme il en a l’habitude. Ça bat la campagne
avec une force colossale, rien ne résiste à son passage.
Les gros nous disent, à longueur et
à largeur, qu’ils ne sont pas plus gros que ça. A quoi bon tenter de les en
dissuader, puisqu’ils le croient dur comme fer et qu’ils le martèlent à la
forge comme on te cogne le melon dès le plus jeune âge ? Ils ne sont pas
gros parce qu’ils sont riches, mais parce que la nature les a ainsi pourvus.
Les maigres ont une autre idée. Ils
disent que c’est à cause de la ceinture, que si on la serre c’est parce que le
fabricant vous a vu plus obèse que vous ne l’êtes et que c’est une faute
professionnelle grave. En attendant réparation du Tribunal le plus proche, où plainte
a été déposée pour malfaçon, on consulte de l’avocaillon à mille fois la pièce
d’or. Comme voulez-vous avec ça faire chauffer la cheminée quand il gèle à
pierre fendre ? Des vraies sangsues !
Et vas-y que je t’édulcore la
chicorée : « c’est pas moi, c’est l’autre ! Le système, vous
voyez ce que je veux dire, oui ou non ?... »
Et l’autre qui ne finit pas de suer,
même que c’en devient une piscine à ses pieds quand il a fini de jargonner du
bonheur à vous ensabler les portugaises. Or vous savez ce que c’est qu’une
piscine électorale, grande ou petite, on finit par se noyer !
Avec ça, le clairon qui n’arrête pas
de sonner ! Avant même le chant du coq, il est déjà à nous siffler du décibel
à rendre marteau. Tant et si bien que pour le repos, c’est tintin et nuits
blanches.
Allez faire le jour avec ça chez le
bourgeois ! Récurer leur saleté de la cave au grenier, s’incliner pour
misère, courbette par-ci, remerciement par-là. On ramasse, on range, on sert le
repas, on recourbe le tout, on ramasse les miettes et quand les oiseaux se
cachent pour mourir, on se cache pour vivre, grignotant un quignon de pain disant
merci à la vermine.
Sous l’Casque
d’Erby

