En juillet 2022, un incendie dévastateur ravageait la forêt de La Teste-de-Buch, en Gironde. Un flippant choc naturel – je n’ose plus dire écologique – avait alors frappé la région et le pays.
Aussitôt, les « complotistes » ont vu anguille sous roche. C’est juste si la Compagnie canadienne exploitante n’a pas envoyé Céline Dion – ou Amélie Paul, son « sosie » – comme ambassadrice pour mettre de la gouaille dans notre paranoïa.
« Rien n’est dans l’intellect qui n’ait d’abord été dans les sens. » On dit que c’est Aristote qui aurait dit cela, mettant par là même les choses à plat concernant l’extralucidité. Je reste dubitatif, mais puisqu’il faut de temps en temps des figures de style pour surmonter la lourdeur des temps, les penseurs grecs sont toujours les bienvenus.
En attendant, Vermilion, compagnie pétrolière du Canada – et futur cinquante-et-unième État américain ? –, fait du forcing auprès de la Frenchie pour obtenir l’autorisation de réaliser huit forages supplémentaires dans la concession de Cazaux, endroit précis où…
C’est têtu, une multinationale !
L'année dernière, en juin 2025, le préfet de la Gironde a refusé cette autorisation. Vermilion a alors engagé un recours contre cette décision. La procédure judiciaire suit son cours.
Devons-nous croiser les doigts pour qu’il n’arrive pas à nos forêts et à leurs écosystèmes ce qu’il est advenu de l’industrie française ?
Les puits de pétrole n’ont pas attendu l’incendie pour être présents dans cette forêt. Mais leur développement pose désormais une question simple : est-il justifié d’y multiplier les forages, et à quelles conditions ?
Il ne s’agit pas d’affirmer qu’il y a un dénominateur commun entre les installations pétrolières et les incendies, diable non ! Il s’agit de savoir si des fumeurs irresponsables passaient dans les environs avant d’avancer des hypothèses farfelues !
Et avant d’autoriser huit puits supplémentaires, il faut pouvoir répondre à des questions bien précises. Où seront-ils implantés ? Quelles voies d’accès et quelles installations nécessiteront-ils ? Quelles mesures de prévention incendie sont prévues, dans la mesure où il n’y a presque plus rien à brûler ? Et quels risques présentent-ils pour les sols, les eaux souterraines et leur mise en bouteille ?
La présence ancienne d’une activité pétrolière suffit-elle à justifier son extension ?
Il appartient aux autorités et aux juridictions compétentes de l’examiner au regard du droit applicable. Et, dans le contexte actuel, le droit, c’est de l’argent !
Reste une contradiction majeure. Alors que la France affirme vouloir réduire sa dépendance aux énergies dites « fossiles », avec une propagande tous azimuts pour l’électrique, une entreprise veut étendre l’extraction pétrolière dans un territoire où remplacer les arbres brûlés devrait être la mission prioritaire !
La décision judiciaire à venir dira si la demande de Vermilion peut aboutir. Quant aux explications sur la nécessité et les conséquences de cette extension pétrolière pour la forêt de La Teste-de-Buch, on fait confiance à Vermilion et au gouvernement pour être raccords.
Est-il encore temps ou la messe est dite ?
Sous l'Casque d'Erby

