mardi 30 juin 2015

Charles Pasqua est mort

ERBY
Pasqua était un vieux monsieur d'allure vénérable. Un vieux vert, comme on disait de lui dans les maisons (j’allais écrire closes) de retraite du 92, du 93 dans lesquelles il tournait de temps en temps pour les « besoins de la cause ». Paix à ses cendres, comme on dit de quelqu’un qui vient de passer l’arme à gauche.
Pour mémoire, monsieur Pasqua était un gros pourri, un vendeur de pastaga qui n'ignorait rien sur le secret des urnes, sur la presse au pas et sur une Constitution de 58 qu’il a accompagnée dans les fonts baptismaux, pour la défense de laquelle il n’a jamais ménagé sa peine.
Charles nous venait de cette France à la faconde légère et à la main lourde. Sous des dehors populo se cachait une star  du coup tordu. Un regard par en dessous, aussi venimeux que la morsure du mamba noir. Le vrai mauvais flic de l'histoire dans une série noire dialoguée par Alphonse Boudard ou Michel Audiard. Celui qui jouait au gentil, tout en tenant son calibre collé à la nuque du suspect pour lui niquer le limbique au moment où il se penchait pour allumer la cigarette qu'il venait gentiment de lui offrir.
Pour Pasqua, tout citoyen était un sociopathe en puissance, bon pour l’échafaud. Est-ce pour cette raison que Manuel Valls a fait lever la gauche à l'Assemblée nationale, créant un début de malaise ? Dans le cirque médiatique, Charles a toujours fait un carton. Il était le second couteau qu'on montrait à la télé comme un singe savant, par le biais de qui on pouvait se procurer un vrai-faux passeport, entre autres menus services. En réalité un vrai mauvais-garçon en Borsalino roulant sa bosse dans des étranges paradis.
Charles Pasqua admirait Jean Gabin et aurait pu tenir un rôle dans « Le cave se rebiffe », une affaire de fausse mornifle : toujours clean, costume trois pièce, cravate assortie, bars de nuit, palace et pépètes, prenant le thé avec des rombières des quartiers chics au saut du lit. Pour mémoire, Charles aimait la nuit, sans doute parce que tous les chats sont gris.
Charles écumait le pavé de la République avec insolence, lavait les salissures, qui étaient souvent les siennes, occultait, intriguait, frottait les impuretés, observait et emmagasinait du renseignement sur des tiers, au cas où... Un jour tout ça servirait. En attendant, il profitait, souriait, divaguait, plaisantait et scellait des pactes. Lui, le vendeur de pastaga se dit en ricanant : « ils sont tous aussi propres que le vernis de mon voisin, là-bas, au pays, quand j'étais minot. » Quelque part, Charles était l'acrostiche d'un système corrompu, se lisant à l'horizontale se révélant à la verticale. Toujours un code, un pseudo ou un mot de passe à cacher dans la boîte à reliques. Ce qui lui avait permis de rouler carrosse dans des berlines avec, à l'intérieur, des pépées carrossées dernier cri, affichant des bassins à reproduire de la faune sur n'importe quelle planète en formation. Sur ses vieux jours, alors que durant des décénnies il avait régné sur l'ensemble des corps constitués, des malappris de la justice, des juges, ont bien cherché à prendre leur revanche, lui plomber l'autonomie en l'envoyant in pace comme une vulgaire blatte dans une zone de non transit pour une durée indéterminée. Peine perdue. Non-lieu !
Des situations difficiles à gérer, Charles en a vue des tonnes dans sa longue vie ! Je me souviens l’avoir observé un soir à la télé, sur le plateau de Frédéric Taddei, à côté de Siné et, dans des registres très opposés, aucun ne manquait de souffle. Siné restant l'artiste de l'intégrité morale, mais dans celui de gros dégueulasse Pasqua a été à la hauteur !


Sous l'casque d'Erby



lundi 29 juin 2015

Manuel Valls El Cocoricator !

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Selon un sondage – nous avons les préparateurs mentaux que l’on mérite – les français et plus précisément les sympathisants PS interrogés pour l’occase, préfèrent Manuel Valls à François Hollande pour les représenter à la présidentielle de 2017 ! Apparemment, aucun de ces passés à la question n'a eu la présence d'esprit de répondre : « Ni l'un ni l'autre ! »
Pas d’inquiétude pour autant, les amis. Si on prend en compte le taux d’abstention qui ne fléchit pas de scrutin en suffrage cela nous donne une idée sur le sérieux de telles études, ainsi que sur la légitimité future des élus. Et pourquoi pas un tirage au sort comme celui qu'on pratique dans les milieux sportifs où les têtes de série sont systématiquement épargnées ?
Mais qui sont-ils ces français listés, citoyens « normaux », affirmant vouloir être représentés par un gugusse plus proche d’un Nicolas Sarkozy que d’un Léon Blum ? Un coquelet qui, comme le cousin gallinacé, les pattes enfoncées dans le fumier, la kippa en guise de crête, cocoricote dès le lever du jour et jusque tard dans la soirée, un chant hostile à l’égard de tout groupe humain qu’il juge bon pour la série noire. De nature tourmentée, Manuel Valls vit dans un état d'irritation permanent, ne pouvant regarder son semblable sans lui trouver un je ne sais quoi de gibier de potence qui le condamne sans même savoir de quoi on l'accuse.
Au moindre frémissement des frondaisons dans son quartier le voici à la fenêtre de l’immeuble alertant le voisinage sur l’atrocité d’un acte islamo-fasciste téléguidé par le locataire de l’étage supérieur dont la femme n’est même pas musicienne dans un grand orchestre ! Et si d’aventure un chant aviné monte de la rue à une heure qu’il estime indue le voici crachant dans la bonnette sur le péril d’une cinquième colonne insidieusement installée en Hexagonie et contre laquelle il envisage une guerre impitoyable !
Mince d’esprit, à la foulée rapide et à la langue venimeuse, le voici nous mettant en garde sur la « guerre de civilisation » à laquelle la France est confrontée, sans toutefois préciser quelle civilisation cherche à occire la nôtre, mais chacun devine laquelle, puisque ses propos faisaient suite à une déclaration sur l’attentat islamiste en Isère. Ceci l’ayant conduit à faire commande d’une armure sur mesure dans une boutique médiévale.
Manuel Valls ne parle pas, il nous insulte !

Sous l'casque d'Erby



samedi 27 juin 2015

Grèce : l’Eurogroupe se prend un référendum dans les gencives !

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L’Europe et le FMI font des efforts extraordinaires pour faire capoter les négociations avec la Grèce. Tout est planifié pour la briser, faisant passer la victime du moment pour le bourreau. Pourtant, comme l’écrit très clairement Jacques Sapir, parmi d’autres : « Le drame de la Grèce est qu’elle a réalisé un effort budgétaire considérable mais uniquement au profit des créanciers. L’investissement, tant matériel qu’immatériel (éducation, santé), a donc été sacrifié sur l’autel des créanciers. Dans ces conditions, on ne peut s’étonner que l’appareil productif de la Grèce se dégrade et qu’elle perde régulièrement de la compétitivité. C’est cette situation que le gouvernement actuel de la Grèce, issu de l’alliance entre SYRIZA et l‘ANEL, cherche à inverser. Le gouvernement grec ne demande pas des sommes supplémentaires à ses créanciers. Il demande que l’argent que la Grèce dégage puisse être utilisé pour investir, tant dans le secteur privé que public, tant dans des investissements matériels qu’immatériels. Et sur ce point, il n’est pas prêt à transiger, du moins jusqu’à maintenant. »
Les médias, une bonne partie du moins, toujours soucieux d’indépendance quand il s’agit d’enfoncer du faible, ne se privant pas pour attribuer la responsabilité de cet « échec » au seul gouvernement grec, à son entêtement à refuser la négociation sous des prétextes fallacieux, guettant le moment de faiblesse ou, mieux, sa future capitulation, tout pareil que s’il s’agissait d’un match de foot et non de vies humaines, où la seule chose qui compte c’est la défaite de l’autre, peu importe la manière. Ainsi la moindre « concession tactique » de la part des amis grecs est présentéee comme un acte de « renoncement », largement relayée, histoire de mieux les discréditer et semer la discorde dans leur camp.
Pourquoi tant d'acharnement ? Est-ce parce que l’Europe et le FMI sont les otages de la haute finance et qu’ils n’osent pas l’avouer publiquement ?... Mais comment en serait-il autrement, puisque ces hauts dignitaires de l’économie, de la politique mondiale, de la morale irréprochable, sont de fait formés, dès leur plus jeune âge, à moudre du pauvre dans les plus hautes institutions et sont ensuite désignés pour devenir le bras armé d’une mafia qui ne dit pas son nom. Quelle différence entre le racket organisé par le FMI et l’Europe libérale et celle qui sévissait en Amérique pendant les années de la prohibition, de Al Capone à Lucky Luciano, de Vito Genovese à Dutch Schultz ?... Quel tribunal pour les juger ? Aucun, puisque le tribunal c’est eux !
Alors que nous reste-t-il comme alternative ? La parole, encore et toujours. La désobéissance civile. Mais quand la parole et la désobéissance civile s’avèrent insuffisantes, on fait quoi ?... On met le feu partout ?...
Pour l’heure, beaucoup plus responsable, Athènes annonce l’organisation d’un référendum le 5 juillet prochain, un recours démocratique et pédagogique qui perturbe grandement les saigneurs de la mondialisation tous azimuts, semant le trouble jusque dans leurs propres rangs !

Et aussi : Merci Tsipras, Merci Syriza, magnifiquement illustré chez des pas perdus




Sous l'casque d'Erby



vendredi 26 juin 2015

Ici l'Amérique, je vous écoute !

Après l'oeil de Moscou, les esgourdes ricaines - Erby
Les amerloques ont des grandes oreilles, suffit de regarder Mickey pour saisir le potentiel et la portée. Normal dès lors qu’il les laisse vagabonder un peu partout pour, à l’instar du tractopelle, ramasser le fumier qui traine. Pas moins de trois présidents français (Chirac-Sarko-Hollande) passés à la moulinette de la NSA ! Oh, la surprise ! Ce que n’importe quel quidam sait depuis longtemps nos chefs de guerre feignent le découvrir !
Aussitôt le lièvre levé, François Hollande, a parlé fort dans son salon, puisqu’il est sur écoute, inutile de faire les frais d’une communication outre-Atlantique aux frais du contribuable, de façon à être entendu dans le bureau ovale par Barack Obama en personne. Voici un large extrait de ce monologue :
« Puisque la confiance ne règne plus entre nos deux nations (pauvre La Fayette !) je décide unilatéralement d’armer mon pédalo pour aller rejoindre mes amis de la flottille pour Gaza, quittant les côtes européennes, pour briser le blocus maritime des sionistes sur la bande de Gaza. J’y ferai de la plongée sous-marine et arracherai aux fonds marins les preuves qui manquent (si les crabes y on laissé traîner des bribes après leur festin) et les apporterai à la CPI (Cour Pénale Internationale) pour qu’un terme définitif soit mis à une entreprise criminelle ! Le Foll (mais où est-il passé !), mon bandana rouge et mon opinel de chez Sylvester Stallone, je les ai rangés dans la malle contenant les œuvres choisies de Jean Jaurès dans la cave de l’appartement de Julie Gayet ! Ah, oui, pendant mon absence, je laisse à Ségolène le soin de gérer les affaires de la République. Elle saura se débrouiller… Autre chose. En ce qui concerne la conférence sur le climat vous donnerez toute latitude à Jean-Vincent Placé, il connait le dosage d’eau à mettre dans le vin mieux que personne !... Important, préparez-moi une note sur Ulcan, il va voir de quel bois je me chauffe !... Quoi, Manuel Valls ?... Laissez-le tranquille, il est très occupé par le dossier du Barça. Voyons, vous n’ignorez pas que l’équipe catalane est interdite de recrutement pour ne pas avoir observé le fair-play financier. Dossier épineux ! D’ici là je serais de retour. Une dernière chose, monsieur le Foll, n’oubliez pas de saisir dans la malle chez Julie, le drapeau noir qui recouvre mes reliques, cela me rappelera le bon souvenir de mes jeunes années, quand je lisais Bakounine en rêvant à la disparition de l’Etat » !
Entendant cela devant la console dernière génération fournie par la NSA, Barack Obama a saisi son Smartphone et envoyé un texto à François Hollande dans lequel il a écrit : « Tout ça, mon pote, c’est du passé ! »
Enfin rassuré, François Hollande a annulé sa virée sanglante en Terre sainte.

Sous l'casque d'Erby



mercredi 24 juin 2015

Masques à la rade de Paimpol

La compagnie Bococo, à joué dans la rue en parodiant les  élus.
Le comité régional porcin (CRP) a organisé une exposition d’art itinérante sur le thème du cochon « La Pig parade ». Quinze éleveurs bretons sont les mécènes de l’événement inspiré de ce qui avait été fait pour la Menhir-parade en 2012. Quinze artistes bretons ont décoré dans leur style, sous contrôle des porchers qui les ont choisis, quinze énormes sculptures de cochon d’un mètre de haut et de plus de 800 kg, moulées à l’identique en béton fibré par un artisan de la région.
Désireux de changer le regard sur leur profession, les producteurs de porcs en intensif, souffrant de mauvaise réputation au regard de la pollution que leur système d’élevage développe, dont celle mondialement connue d’algues vertes sur les côtes, signent là une expo financée par le contribuable. Les villes dans lesquelles tourne cette exposition payent pour exposer les œuvres entre 8000€ et 10000€ et 30000€ de la part du conseil régional. De plus, comme c’est du mécénat, les porchers auront donc un gros allègement sur leurs impôts. Ce coup de com' et business bien ficelé, n'est pas sans provoquer la contestation des militants écologistes et autres personnes éveillées opposant à la « Pig parade », une « Pig Mascarade »




Contact entre un cochon de la Pig parade et le cochon de Monique Luyton






Cette dernière est constituée d'œuvres marquant le refus de la promotion d'un élevage intensif lourd de pollution, de souffrances animales, humaines et environnementales. On pourra remarquer que ce « coup de business » subtilement amené par nos compatriotes porchers, prouve qu’ils savent l’importance de l’effet artistique sur le cerveau.



Je ne peux que les féliciter sur ce fait. Ils n’ignorent pas, non plus, en tant qu’êtres humains, ce qui est indispensable au bien-être. Ils ont cherché à se servir de l’Art pour cacher la misère qu’ils infligent à la vie. Les sens ont besoin de vibrations agréables, la couleur en fait partie. 

La poésie de Lediazec figurait sur le masque qu'il portait

Ce coloriage ne suffira pas à effacer les paysages de sable devenus verdoyants sur nos plages, le bleu des algues qui tuent la vie des rivières, empoisonnent l’eau potable, la maltraitance des animaux et des ouvriers qui s’en occupent, le suicide des petits éleveurs qui essayent de travailler autrement face à la machinerie agroalimentaire. Non ! Le sourire festif de ces cochons coloriés que l’on pourrait croire joviaux ne pourra cacher le désastre. Les citoyens bretons souffrent de malbouffe et de pollution tout comme les acteurs de cette « Pig parade ». 



Pathys et sa cochonne qui se métamorphose en humaine ou le contraire


Il existe d’autres alternatives. L’art ne peut colmater les larmes des âmes blessées par le système ultralibéral… Ces artistes se sont pliés à cette tromperie sous le dictat des porchers attitrés. Ils ne seront rémunérés que si leur cochon est vendu aux enchères à la fin de leur périple à travers les villes bretonnes. Cette « pig parade » n’est pas loin des arènes antiques.


P.Diaz en mime de cochon,Otznek peint, Robin Diaz en porteur. Mes trois masques créés pour l'évènement.

Au public de voter… La vie est en esclavage et l’art aussi avec ses trente années sous le joug totalitaire dit « contemporain » sclérosé dans le style conceptuel servant le business. Les sens et la vie doivent coexister dans l’harmonie. Voilà qu’ils perdent leurs pouvoirs indispensables et servent leur autodestruction. L’art, harmonisateur des sens, ricoche sur les évènements. Il témoigne de l’histoire, des sentiments, de l’évolution, du vivant, poussant à rester en éveil, en vigilance sur les sens et l’essence de la vie, carburant de la vibration. Nous sommes tous des vibrants fragiles. Pour cette raison « L’ArTche des sens » a rejoint les artistes de la « Pig Mascarade » en cours de route.


Odile et Claire
 

























Elle était présente à Paimpol. Claire Gablin a tricoté les liens en queues de cochons....

Artistes de l'ArTche




Reportage photo d'Ivanhoé Merlin (sauf cette dernière) ainsi que les prises de vues pour la réalisation d'un film avec P.Diaz sur l'évènement qui fera suite.

mardi 23 juin 2015

Derniers messages, par Stefan Zweig

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« Quelque différentes que puissent être nos opinions il est un fait sur lequel d’un bout à l’autre de la terre nous sommes tous d’accord aujourd’hui, c’est que notre monde se trouve dans un état anormal, qu’il traverse une grave crise morale. En particulier quand on regarde l’Europe on a le sentiment que tous les peuples et les nations qui la composent se trouvent dans un état de nervosité maladif. Le plus petit motif suffit pour provoquer une émotion intense. On accueille les mauvaises nouvelles plus facilement que les bonnes. Aussi bien les individus que les races, les classes et les Etats paraissent plus disposés à se haïr qu’à s’entendre. Personne ne croit à un développement calme et productif. Au contraire, tout le monde vit dans la crainte qu’une violente explosion ne se produise à tout moment.
D’où vient cette fièvre ? Je crois qu’elle est provoquée par un résidu de la guerre, un vieux bacille qu’elle a laissé dans le sang. Il faut se rappeler que dans tous les pays les années de guerre ont habitué les hommes à une haute et violente tension des sentiments. Des guerres ne peuvent pas être menées froidement. Il fallut donc un apport extraordinaire de passion pour mener, jusqu’au bout une guerre mondiale de quatre ans. Sans arrêt on excita les instincts de la haine, de la colère, de la fureur, car la passion, selon le mot de Goethe, « n’est pas comme le hareng saur une salaison qui se conserve des années ». La haine, la colère, la joie de se battre sont des émotions courtes, et c’est pourquoi on inventa cette effroyable science appelée propagande pour prolonger artificiellement ces états émotionnels. Des millions d’hommes d’ordinaire indifférents et pacifiques – trois ou quatre millions – furent pendant quatre ans habitués à produire en eux et à consommer plus de haine et d’hostilité qu’il n’était normal. Puis vint la paix et immédiatement ont mis fin à ce devoir de haïr et de tuer comme on tourne un robinet à gaz. Cela aussi est anormal. Quand un organisme s’est habitué aux narcotiques ou à des stimulants – café, morphine, nicotine – il ne peut s’en priver brusquement, et c’est ainsi que le besoin de se militariser, de haïr, de se battre, a continué de se manifester dans cette génération. Il a seulement changé d’objet. On ne hait plus le même ennemi. Mais on continue à haïr et à combattre avec la même passion dangereuse. » 

« Derniers messages », Stefan Zweig – chez Bartillat, Omnia Poche – 9€


Sous l'casque d'Erby




lundi 22 juin 2015

La Grèce, aujourd'hui, demain et toujours pour tous ? Non, merci !

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Combien de réunions de la « dernière chance » et d'ultimatums de la part des dirigeants européens sur la Grèce ? Si nous nous mettions à les compter, pour sûr, que la fameuse fausse dette serait biffée des cahiers depuis longtemps !
Et si au lieu de cela, nous parlions des « dommages et intérêts » que les oligarques de l’Europe et du monde devraient verser au peuple grec pour cynisme, expropriation, actes de spoliation et racket en bande organisée dont il fait l'objet sans que cela émeuve outre-mesure les dépositaires de la morale politique, sinon pour marteler : il faut casquer ! Casquer quoi ?... 
Lassés par les combines, stressés par la trouille, en état de choc, pressé au cul par des discours comminatoires, devant gérer une misère grandissante, à faire passer Cosette pour la numéro un du Numéricable, sans certitude d’aucune sorte, un peu éclairés par les infos alarmantes qui leur parvient sur la nature réelle du sort qu’on cherche à leur faire (l’esclavage à vie), coupant au plus court, les grecs retirent dare-dare (pour ceux qui en ont encore un peu) leur oseille de la banque. Résultat : les banques n’ont plus un drachme à avancer sur le guichet si d’aventure un retardataire, affolé, venait à réclamer son bien pour le mettre à l'abri, à savoir s'acheter un sandwich, si toutefois il a le bonheur de trouver une sandwidcherie qui n'a pas fermé pour cause de faillite.
Et ça, voyez-vous, c’est intolérable ! On peut tout faire en ce bas monde, mentir pour faire la guerre, pour l’éducation de nos enfants, pour l’histoire, pour la religion ou pour la philosophie, envoyer au bûcher des personnes honnêtes, encenser l’escroc, clipser des médailles militaires sur les vestes de bouchers sanguinaires qui, avec l'« héroïsme » de la haute finance, ont vidé nos campagnes de sa sève et privé le monde de liberté.
On peut tout faire, au nom de n’importe quelle monstruosité morale, mais s’il est une chose à laquelle on ne doit, en aucun cas toucher, c’est à la Banque ! Sur ce point l’aigrefin est à l’affût et se montre très tatillon : pas touche au fonds de commerce. Lui seul gouverne le monde et décide de la misère de tous et de chacun ! Raison pour laquelle l’Europe négocie pied à pied un accord de la « dernière chance » avec la Grèce : Sauver, non pas le peuple grec, mais LA BANQUE.