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mardi 24 février 2026

Brevet de vertu et condamnation express

Image IA
Les réseaux sociaux, ce sont des salles d’audience portatives. On y juge en accéléré, on y condamne encore plus vite, et on y délivre des brevets de vertu comme on distribue des bons points, en même temps qu’ils servent de caisses de résonance à des scandales que l’État et les élites cherchent à cacher. 
Il existe désormais une élite sans mandat, mais non sans pouvoir : une « aristocratie » morale qui ne gouverne pas, mais qui décrète. Elle ne dit pas seulement « je ne suis pas d’accord ». Elle dit « ceci est indigne »
On vous décrète antisémite ou facho, parce que vous exprimez une pensée contradictoire. Bientôt, cela se pratique déjà, des tribunaux réels vont sanctionner ces écarts à grande échelle. C’est dans les cartons et Orwell nous l’avait annoncé. 
Ce qui inquiète cette élite du larbinage n’est pas tant l’existence d’idées qu’elle combat — ce qui l’inquiète, c’est qu’elles puissent être choisies librement. Ainsi donc, je lisais cela hier de la bouche d’une célébrité éphémère qui veut sauver le monde, entre deux séquences d’épilation intime et un selfie égocentré, que la femme précipite sa perte en empruntant le chemin scabreux des idées extrémistes. Entendez par là, le chemin ô combien périlleux de l’extrême-droite !
Et pourquoi cela ? Parce qu’elles se sont mis en tête de défendre des valeurs dites « conservatrices » ! Autrement dit, le pays dans lequel elles vivent. 
La stupeur n’est jamais feinte lorsque certaines femmes, à force de subir, finissent par s’écarter du chemin balisé.
Après avoir été femme soumise. Femme au foyer. Femme objet. Pétroleuse. Femme libérée, insoumise, révolutionnaire, les voici opérant un virage à 360° pour devenir ce qu’elles ne sont surtout pas : des fachos !
On ne débat plus avec elles. On les explique. On les dissèque. On les soupçonne. La liberté devient un problème à corriger. On prétend défendre l’émancipation, mais à condition qu’elle aille dans le bon sens. 
Derrière cette indignation se cache un mépris social à peine maquillé. On transforme des peurs en fautes morales. Et pendant que l’on excommunie à tour de bras, les structures de pouvoir, elles, ne vacillent pas. Les inégalités se creusent, les décisions majeures échappant largement au débat public. 
Aucune caste culturelle, aucun milieu médiatique, aucun cercle auto-certifié n’est et ne doit être la frontière du pensable. La démocratie n’est pas un club privé où l’on entre par cooptation idéologique.
Ce qui effraie l’ordre moral contemporain — et l’opinion manipulée — ce n’est pas l’extrême. C’est l’indiscipline. C’est l’idée qu’une femme — ou quiconque — puisse penser sans demander l’aval du comité central de la vertu. 
On croyait l’émancipation acquise et la démocratie installée ; on découvre que tout est sous licence. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

lundi 12 décembre 2022

Le Grand Complot

ERBY
S'inspirant d'une histoire vraie, « Les mutins de Tarnac », lamentable flop de l’État français sur un supposé réseau terroriste à haute intensité, dont la justice se souvient avec le sentiment d'avoir été prise pour ce qu'elle est devenue depuis, le voisin allemand, ne pouvant rester à la traîne par les temps conspirationnistes que nous traversons, a écrit, produit et mis en scène le remake sous le titre « Coup d’État au Parlement ». Une histoire où l'extrême-droite cherche à s'emparer de la représentation nationale afin d'instaurer la monarchie outre-Rhin, rôle pour lequel elle fait de la figuration plus qu'elle ne donne la réplique. Une intrigue sans suspense est un mauvais film !
C'est l'histoire du coup de filet spectaculaire de la police allemande dans les milieux d'extrême-droite, filmée à grands renforts d'effets spéciaux. La chose restera dans les annales comme la tentative grotesque d'une énième manipulation politique. Merci au « Courrier des stratèges » d'avoir partagé ce moment comique avec ceux qui ont gardé un certain goût pour la dérision.
La reprise allemande de cette méga production, tout aussi ridicule que l'homologue française, malgré des moyens considérables, a lamentablement chuté, laissant sur le parquet des rayures difficiles à effacer. Qu'a-t-il manqué à cet opus pour devenir le succès public tant recherché ?
Riche d'une distribution à faire de l'ombre à Jason Bourne en personne : un prince nostalgique cherchant à ceindre la couronne de ses ancêtres  ; un ex-militaire rêvant à des nouveaux sentiers de la gloire ; une russe nymphomane (forcément), partageant la couche avec les deux principaux comploteurs, courant de l'un à l'autre comme dans une course de lévriers, ayant pour mission de faire mamour-mamour avec le Kremlin pour donner force et courage à une équipe de bras cassés, parmi lesquels quelques antivax et autres auxiliaires de moindre valeur qui ne demandaient rien à personne.
N'économisant aucun effet, le scénario tisse du poncif comme un fabricant de laine roule ses pelotes. Puisque les russes sont là pourquoi se priver de la présence de ce bon Donald Trump pour épicer un plat déjà fort relevé  ? Surtout quand les protagonistes de ce complot hors-norme appartiennent à l'extrême-droite allemande ! Ceux de Tarnac étaient d'extrême-gauche ! Un juste milieu est nécessaire en toute chose, n'est-ce pas ?
Si quelques égarés de la Guilde droit-de-l’hommiste ont donné dans le panneau, la grande majorité s'en est détournée, jugeant la potion forte en psychotrope.
Cependant, au-delà du fait que le film est nul, le message lui est très clair. Il s'adresse aux éveillés et à ceux qui voudraient voir plus clair sous le ciel plombé du totalitarisme qui s'installe. Ce déploiement policier et cette razzia dans les milieux de l'extrême-droite sont la démonstration que si nous avons l'intention, nous gens du peuple, de changer les choses, nous savons à quoi nous en tenir.
Ce n'est pas d'une extrême-droite de figuration que vient le danger mais du nazisme déjà installé dans les lieux !

Sous l'Casque d'Erby