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samedi 11 juillet 2015

La Grèce a dit non, la finance aussi, conte cruel

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La Grèce a dit non, l’Europe et le Monde de la finance ont dit non aussi.
« Ôte tes haillons… Tourne-toi, regarde le paysage pendant que je besogne… Au début ça fait mal, mais après... Avec l’habitude, on y prend goût, tu verras »
Viol par « consentement mutuel » ! Le tribunal a tranché : « la victime était consentante. Relaxe de l’accusé. »
De retour dans son gourbi, après le verdict, la victime regarde par l’ouverture l’étendue d’eau bleue qui s’étale comme une nappe à perte de vue. L’air est chaud et sans avenir, il charrie une poussière rémanente. Elle se sent lourde, vidée. Elle ne voit rien, n’entend rien, ne sent rien… Une corde, comme celles avec lesquelles on amarre les bateaux, solidement nouée à une branche séculaire, fait des va-et-vient dans le courant d’air chaud, attendant le prochain passager qui voudra d’elle…
Elle a pleuré des jours et des nuits. Elle a hurlé. Elle a sué. Elle s’est essuyée. Puis elle a ri. Un rire bruyant chargé de dégoût. C’est dans sa nature de rire. « Arrête de rire, tu vas finir par pleurer ! », lui disait jadis un voisin qui l’aimait bien. Mais elle continuait à rire, tout comme Zorba le Grec devant « son » désastre !
Naïve, elle demandait pourquoi devait-elle cesser de rire ? Elle se sentait heureuse quand elle riait « sans raison », comme disaient ceux qui avaient ri et dansé avant elle. C’était l'époque radieuse de l'étreinte du corps et de l’esprit.
Je n’ai pourtant rien fait d’autre que vivre et travailler jusqu’à ce que la sueur devienne l’eau de mon bain, l’olivier, l’huile des sens, la mer, le sel de l’esprit et ma vie…
Ah, ma vie ! Un morceau de pain rassis et cette corde qui n'arrête pas de balancer !... 

Sous l'casque d'Erby


lundi 12 janvier 2015

La vie, la mort, une histoire de la bêtise !

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Il était minuit, la nuit dernière. Je sais que cela fait un peu bateau de commencer un papier par « il était minuit » et non par « il était une fois », comme le veut l'usage. Mais que voulez-vous, il était minuit, je le maintiens. Parole de coucou belge, une relique chinée dans un Emmaüs pour trois fois rien, accroché au mur du salon qui nous casse les burnes 24/24 toutes les demi-heures, sauf au coq de basse-cour, un padoue argenté, qui lui emboîte le gosier plus qu'à son tour, voyant en lui non pas un objet utilitaire, mais un redoutable concurrent. Baptisé Rodolphe par mon entourage (merci !), pas à cause du plumage, que j'ai plutôt dégarni, mais d'une grande gueule qui, de l'avis général me ressemble et dérange la quiétude du voisinage habitant le quartier résidentiel qui jouxte le poulailler. Certains, je les connais, des nostalgiques de la France d'antan, celle qui dénonçait les résistants à la Gestapo, ont poussé leur courage jusqu'au coup de fil anonyme à la gendarmerie locale ou à la Mairie pour que l'on fasse le nécessaire afin de faire déporter ou simplement estourbir ce dangereux terroriste de Rodolphe…
Padoue argenté
D'ordinaire, Rodolphe tricote du cocorico vers les cinq heures du mat', ce qui est la norme chez ces volatiles hypersensibles, mais à minuit, plus qu'étrange, cela devenait alarmant ! Aurait-il, dans son si fragile sommeil, eu la chair de poule prémonitoire, imaginant l'imminence du coup de scalpel qui l'attendait ?... Son gosier ne faisant qu'un tour, il a multiplié des cocoricos frénétiques comme autant d'appels au secours, tant et si bien qu'à minuit trente, alors que j'étanchais une soudaine pépie, sans même entendre sa détresse, le chien s'est mis à grogner, puis à méchamment aboyer courant vers la porte dans un mouvement instinctif. On y toquait à l'instant, alors que le coq avait cessé de « chanter ».
Surpris et même carrément tendu je suis allé m'enquérir. Hirsute et triomphante, la Milice du quartier brandissait par les pattes le pauvre Rodolphe, à qui il manquait la tête. « Tenez, je vous rend votre bien. Qu'on ne vienne pas nous accuser de vol, faites-en un bon coq au vin ! », a dit le chef de meute, aussi remonté, mais en plus méchant que le coucou du salon, me remettant la dépouille de mon désormais ex-compagnon. Je l'ai saisie et promis que dès le lendemain j'irai porter plainte au commissariat. Ce que j'ai fait, mais les flics avaient d'autres chats à fouetter, m'a-t-on répondu !
Cruel destin !

Sous l'casque d'Erby