![]() |
| Pixabay |
L'animal politique est quelqu’un qui voudrait être bon, lutter pour son prochain avec amour et désintéressement. Accordons-lui le bénéfice du doute. Mais ça, c'est la théorie, le rêve, la série à l’eau de rose que plus personne n’a envie de regarder. La belle image d’Épinal qui a accompagné tous ceux qui, un jour, ont décidé de se mettre au « service des autres ».
En réalité, s'il s'est engagé dans la carrière politique, c'est parce qu'il en a flairé la « bonne affaire ». Ayant très vite compris la portée de ces privilèges, il a découvert qu'il n'y a rien de plus sûr pour quiconque souhaite s'adonner à ce que le vol et la tromperie ont de plus rentable et de mieux protégé : une carrière d'homme public.
Entrer en politique ne signifie pas seulement accéder au pouvoir. Cela veut dire entrer dans un monde de privilèges, de prébendes, d'influences et de silences. Voilà pourquoi l'opposition entre les candidats n'a pas pour objet la lutte pour des valeurs fondamentales comme l'honneur, mais la seule conquête du pouvoir et l’épanouissement personnel.
C'est un monde dans lequel les responsabilités se diluent, les promesses s'oublient et les erreurs deviennent de simples accidents vite effacés. Cela offre des droits et l'impunité, quoi que l'on fasse — et quoi qu'il en coûte aux peuples.
L'homme politique peut se tromper, mentir, trahir ses promesses, changer de discours ou servir ses propres intérêts tout en proclamant défendre ceux des autres, tout en conservant intacte la dignité qu'il s'attribue lui-même.
Le pouvoir a cette capacité de protéger ceux qui l'exercent, même lorsqu'ils ne méritent plus la confiance qui leur a été accordée.
L'animal politique apprend vite que le pouvoir ne permet pas seulement de commander : il permet aussi de se justifier. Lorsqu'il découvre que le mot « service » peut devenir un alibi pour accéder aux privilèges, la vocation se confond alors avec l'ambition.
L'homme qui disait vouloir lutter pour son prochain finit par lutter pour son poste. Celui qui parlait de sacrifice apprend à jouir des avantages de la fonction. Celui qui promettait de représenter les autres finit par ne représenter que lui-même.
Ainsi, peu à peu, le rêve se transforme en métier, le métier en carrière et la carrière en un mécanisme d’autoprotection.
C'est là le plus triste chez l'animal politique : il a commencé en voulant être bon et a fini par découvrir que, dans les sphères du pouvoir, il n'est plus nécessaire de l'être. Alors que le citoyen ordinaire répond de ses actes, l'homme public dispose de moyens extraordinaires pour échapper aux conséquences des siens.
Le pouvoir, lorsqu'il cesse d'être un instrument au service du bien commun, devient alors un repaire de ruffians au service de la Matrice.
Sous l’Casque d’Erby


Le bonjour aux passantes et aux passants. Je l'ai déjà dit et redit. Je le répète, à un moment où, malgré sa force et son insolence, la suprématie de Moloch est fortement contestée, voire entamée. Ce qui ne signifie pas qu'il va s'écrouler, si nous ne l'aidons pas un peu. La bonne journée.
RépondreSupprimer