dimanche 8 février 2026

Epstein : Chronique d’une horreur ordinaire

Ce qui me frappe le plus dans l’affaire Epstein, ce n’est même plus l’ampleur des crimes ni la quantité vertigineuse de documents déversés à la chaîne. C’est autre chose, de plus insidieux : la banalisation de l’horreur. Comme cette déclaration d’un « impliqué » : « J’ai fait une connerie, basta ! » 
Des viols de mineures. Des réseaux d’exploitation sexuelle. Des adolescentes détruites, certaines disparues pour toujours. Des enfants sacrifiés à la perversité criminelle de gens « irréprochables » ! À mesure que les révélations s’accumulent, tout semble se diluer dans le bruit médiatique. Comme si, à force de chiffres, de listes, de fuites, de débats techniques, l’indicible devenait presque ordinaire. 
On ne parle plus de victimes, mais de « dossiers ». Plus de crimes, mais de « controverses ». Plus de responsabilités, mais de « polémiques ». L’horreur est transformée en flux d’information. Le milieu médiatique sait s’y prendre pour créer des rideaux de fumées.
Quelques noms circulent, quelques seconds couteaux tombent, puis les figures centrales réapparaissent sur les plateaux télé, reçues comme si de rien n’était. Sourires polis, débats feutrés, indignation de façade. Le spectacle continue. Comme si tout cela relevait d’un mauvais feuilleton, pas d’une réalité dans laquelle des enfants ont été broyés. C’est peut-être ça, le plus glaçant : non pas un grand complot théâtral, mais une mécanique de la banalité.
Un système dans lequel le pouvoir protège le pouvoir, où le chantage neutralise les consciences, où l’argent efface les fautes. Et où, petit à petit, l’inacceptable devient tolérable. 
À force d’être exposés à tout, nous finissons par ne plus rien ressentir. On s’indigne une journée, on commente, puis on passe à autre chose. Saturation. Fatigue. Comme si la société avait développé sa propre immunité morale. 
Au bout du compte, il ne reste souvent que ça : quelques lampistes sacrifiés, beaucoup de silence, et une impression diffuse que l’horreur peut coexister tranquillement avec les honneurs, les plateaux télé, les carrières intactes. Non pas la justice. Juste l’oubli. Et c’est cette normalisation qui dit quelque chose de profondément malade sur notre époque. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 

 

6 commentaires:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. Quand l'horreur dépasse la fiction, cela signifie que l'éradication des tumeurs est impérative. La bonne journée.

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  2. Merci Rod ! Que ne suis-je fée, avec le pouvoir d'un coup de baguette magique d'éradiquer toutes ces horreurs. Que nous reste t-il, au delà de la capacité à nous indigner ? Une indignation remplacée par une autre, tant les scandales tout azimut s'enchaînent, avec la constance d'un métronome sur le piano d'un apprenti musicien ou futur virtuose... J'ai mal au fond de mon âme, pour tous ces petits corps pas encore matures, profanés par des êtres pervers qui bravent tous les interdits et dont l'impunité interroge..Un système dévastateur, construit par des "ombres" maléfiques et démoniaques, qui s'est infiltré partout où celui qui sait, détient le pouvoir absolu... On n'oublie pas, c'est impossible mais, on brandi un bouclier pour tenter de protéger notre bon sens, cette raison que l'on veut faire chavirer sous les coups de boutoir de l’indicible horreur, maquillée par une banalisation du langage dont ils ont la maîtrise. On devrait ressortir la "veuve" de la naphtaline...............

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    1. Bonjour Volti. J'ai mis de l'ordre dans le chaos de la boîte à dialogue avec ton doublon que j'ai nettoyé. Merci pour ton commentaire. Comme tu dis, nous ne pouvons exprimer que des vœux bien pieux. Triste réconfort. Je rêve de la démission de tous nos représentants politiques afin qu'ils consacrent leur énergie à devenir honnêtes. Je rêve à voix haute.

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  3. Bonjour les Gens
    Triste monde oui, pour celui qui ouvre les yeux, pour les autres tout va bien ,tant que le frigo est plein.
    C'est la conséquence de ce que craignait Attali donner accès à l'information à tout le monde par internet.
    Sans ça, les médias subventionnés n'en aurait jamais parlé, on ne mord pas la main de celui qui vous nourrit.
    Reste les faits, une élite qui c'est fait avoir à assouvir ses fantasmes chez un Maître chanteur, ça a du mal à passer quand il y a des mineurs, la perversité montre son bout du nez, à moins que ça ne soit pour certain l'espoir du jeunesse éternelle ...
    Tant qu'a l'horreur, elle peut être partout sur la planète, certains en tirent profit,
    Faut il supprimer le profit ???
    A+

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    1. Bonjour Black. Bonjour à tous. Ce qui confère à l'affaire Epstein son caractère singulier ne réside pas dans l'affaire elle-même. Celle-ci n'est pas récente, nous en avions connaissance. Ils en avaient connaissance. La véritable étrangeté, pour ne pas dire la stupeur, tient au fait que certains persistent à y voir une machination orchestrée par le camp républicain américain contre les gentils démocrates, bras armé, voire beaucoup plus, du pouvoir profond que certains idiots de chez nous prennent pour des parangons.
      À l'heure actuelle, cette affaire relègue aux oubliettes les œuvres de science-fiction et d'épouvante. Dracula, qui nous fit tant frémir ? Un simple épiphénomène en comparaison.
      Et, cerise sur le gâteau : il se dit sous le manteau qu'Epstein serait toujours vivant. Qu'il aurait été exfiltré et mis en lieu sûr. La science-fiction, vous y croyez encore ?
      La bonne journée.

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    2. Yepa
      Et oui Rodo et chez nous "Célérusse"
      Le Mossad n'a rien vu ni entendu
      Je te tiens
      Tu me tiens
      Par la barbichette (pour ne pas dire autre chose)
      Le premier qui rira
      Aura une tapette ...

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