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C’est ainsi que les États organisaient les migrations de travail au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de reconstruction, avec des quotas destinés à maîtriser les flux sans déstabiliser le pays d'accueil.
Le dire n'a rien de xénophobe et ne remet pas en cause le droit d'asile. Un État de droit contrôle ses frontières, instruit les demandes qu'on lui adresse, applique les décisions rendues. Une démocratie cesse de fonctionner quand ses règles demeurent lettre morte.
L'Europe ne peut pas non plus demander aux pays de transit, au Maroc notamment, d'absorber les conséquences de sa politique migratoire. La coopération avec ces États est nécessaire, à condition qu'elle soit réciproque. On ne peut pas indéfiniment cacher sa responsabilité.
Il faut aussi regarder sans tabou l'influence que certaines ONG, fondations et organisations militantes exercent sur le débat. L'empathie ne doit pas remplacer la politique publique. Tout comme l'indignation ne remplace pas le débat démocratique. Elle vient quand celui-ci a déserté les cercles officiels.
Quand les populations ont le sentiment que les frontières échappent à tout contrôle, que certaines décisions ne sont jamais appliquées et que leurs inquiétudes sont mises hors-jeu d'avance, la défiance s'installe et les fractures se creusent.
Ceuta, Lampedusa avant elle, d'autres points de passage en Méditerranée, ces épisodes rappellent que la science-fiction est largement dépassée.
Il est temps de sortir des postures et de regarder les faits.
Accueillir quand le droit l'exige. Intégrer quand c'est possible. Refuser lorsque les conditions légales ne sont pas réunies. Et appliquer les décisions prises.
Pour toutes ces raisons, la question européenne ne peut plus être éludée. Et pour ceux qui jugent l'Union européenne incapable de maîtriser ses frontières et de décider elle-même de sa politique migratoire, entre autres décisions tout aussi discutables, le Frexit apparaît comme la voie politique la plus sage.
Sous l'Casque d'Erby

