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Le temps est la substance dont je suis fait. Le temps est un fleuve qui m'entraîne, mais je suis le temps ; c'est un tigre qui me déchire, mais je suis le tigre : c'est un feu qui me consume, mais je suis le feu.
Jorge Luis Borges, Nouvelle réfutation du temps
L’Héxagonie a pris note des consignes libérales de l’Europe en s’asseyant sur son histoire sociale. Par trois fois le fameux 49-3 a été dégoupillé par le gouvernement Valls pour imposer la « loi Macron » et ça sent le moisi dans les gourbis : bosse paye et ferme-la ! Dans les allées des grandes surfaces aux choix pléthoriques, c’est le luxe des étiquettes, chacun pouvant saisir n’importe quel article, à condition d’avoir de quoi payer à la caisse. Le plus commun étant le rayon du bas, celui qui change le bipède en quadrupède. Une autre possibilité s’offrant à tous ceux qui ont loupé le train du bonheur capitaliste, queuter à l’entrée pour mendier quelques pièces travaillant au corps l’empathie du passant.
On se couche comme on se lève, les pieds dans le fumier. C’est la loi telle que fabriquée par nos dirigeants politiques, hors clivage, de septennat en quinquennat, faisant de l’escroquerie un article de consommation courante. C’est une histoire d’affinité dans la corruption entre l’hydre financière et l’arpette politique, un contrat de longue durée, le peuple, son vote, ses désirs, ses douleurs, sa misère continue, sa vie devenant un « point de détail » dont on cause avec des trémolos dans les organes à l’occasion des défilés nationaux.
C’est le monde des faucons bien initié par le clan Bush en Amérique et relayé dans le « vieux continent » par une Allemagne insolente dont l’attitude laisse perplexe plus d’un ami. Attitude inquiétante et dangereuse pour le peuple allemand lui-même, pris en tenaille par le piège d’une crise qui lui fait peur et d’un héritage historique dont les comptes, dans le subconscient collectif, ne sont pas tout à fait soldés…
Si les armes n’ont pas encore tonné, si le sang n'a pas encore creusé des rigoles dans les tranchées c’est quand même à une guerre sans quartier que nous avons affaire. Or toute guerre, quelle qu’en soit la nature, est une guerre sale. Celle-ci autant que les autres et peut-être davantage, puisqu’elle repose sur l’hypocrisie et l’illusion « démocratique », mais au final elle conduit au vol, à l’extorsion, à la misère et au suicide des peuples sans le moindre coup de feu !
Qu'importe, demain 14 juillet la France cocardière défile sur les Champs-Elysées ! Aux abris !
Sous l'casque d'Erby



