mardi 16 juin 2026

Foot et dollars

Deux millions d’euros pour un siège en finale du Mondial de foot 2026 : le football est vendu à la découpe. Comme tout le reste. Pourquoi s'en étonner ? N’est-ce pas le traitement que l’on réserve déjà aux nations souveraines ? 
Ils ont osé franchir le pas. Sur la vitrine officielle de la FIFA, des billets pour la finale de la Coupe du monde 2026 ont culminé à près de deux millions d’euros ! Une telle indécence dépasse ce que le marché noir lui-même n’avait osé imaginer. L’obscénité s'affiche fièrement. Et pourquoi s'en priver ?
Quand on observe l’effondrement de notre civilisation depuis la pangolinade vaccinale, la guerre en Ukraine, l’épuration de masse à Gaza, l’agression du Liban et la guerre contre l’Iran, on comprend que ce crescendo destructeur balaie tout sur son passage. 
Ne parlons plus de simples dérives ou d’excès : c’est une véritable mutation. Le football n’est plus seulement corrompu, il est reconfiguré. Il est calibré sur mesure pour les immenses fortunes et verrouillé pour le reste de l’humanité.
Le peuple, qui a pourtant fondé ce sport et l'a porté à bout de bras, est aujourd’hui sommé de regarder ailleurs, ou de payer le prix de sa propre exclusion. Que lui reste-t-il à faire pour obtenir un siège ? Braquer une banque afin de rembourser la dette ?
Pendant ce temps, les prétendus gardiens de l’éthique paradent sur la scène publique. Transparence, régulation, responsabilité : ces mots circulent, drapés dans une vertu irréprochable, mais ils sont totalement vidés de leur substance. Il est fascinant de voir avec quelle fluidité les acteurs les plus compromis s'érigent en apôtres de la moralité. 
La contestation, quant à elle, dérange ; on choisit donc de la dissimuler, à l'image de l'arrière-boutique de L.A. Elle est disqualifiée, marginalisée et étouffée au sein d’un écosystème entièrement colonisé par les zombies. Carton rouge ! 
Le plus frappant n'est même pas la hauteur du montant. C’est son officialisation. Ce qui appartenait hier aux marges frauduleuses et douteuses est aujourd’hui pleinement assumé, normalisé et institutionnalisé. La FIFA ne se contente plus de suivre la dérive : elle en est l'architecte. 
Deux millions pour assister à un match, ce n'est pas un bug dans le système. C’est un aboutissement. C’est le résultat d'un football livré à une pure logique de prédation, où la passion populaire est transformée en rente financière, et où les supporters ne sont plus que des variables d’ajustement. 
À qui appartient encore ce sport ? La question a cessé d'être rhétorique. Elle est devenue éminemment politique. Car derrière les grands slogans d’universalité se dessine en réalité un entre-soi hermétique, où ne circulent plus que les capitaux, les privilèges et les accès exclusifs. Certains qualifieront cela d'évolution. D’autres y reconnaîtront sans peine les mécanismes familiers d’un cartel : concentration absolue du pouvoir, contrôle total des flux financiers et exclusion systématique des indésirables. 
Le football, autrefois bien commun, se transforme en un territoire sous concession privée. Après tout, quoi de plus « normal » ? Le sport n’est-il pas l’opium du peuple ? 
 
Sous l’Casque d’Erby
 

1 commentaire:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. J’ai pratiqué le football de quartier avec passion. J’ai été supporter, participé à des forums, écrit des articles et vécu ce sport sous toutes ses formes. Mais ce à quoi j’assiste aujourd’hui dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer.
    J’ai vu un sport populaire, né du peuple et porté par lui, progressivement lui être confisqué. Nous sommes les témoins d’une véritable dystopie, où le football n’est plus qu’un produit parmi d’autres, révélant sans détours le visage le plus brutal du capitalisme. La bonne journée.

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