La
mythologie du super-héros américain célèbre les pouvoirs magiques
du modèle yankee d' « american way of life », son
« struggle for life » et bien sûr sa « Liberty »,
flambeau que brandit la gigantesque statue du port de New-York...
L'une des
images de ce héros « made in USA » fut le mexicain
Zorro, défenseur des pauvres et des opprimés, mais il fut supplanté
par la figure du très valeureux « cow-boy à la conquête de
l'ouest », face au sauvage et fourbe « peau-rouge »,
etc.. Zorro (renard en espagnol !) avait son épée et son sens de la
justice sociale. Cow-Boy son colt et sa soif de conquête, d'abord
pour ses vaches, bientôt son blé, son pétrole et son or... Et son
cinéma hollywoodien glamour et moral. Son Superman, Spiderman,
Soldat O'Brian, etc. Toujours « politiquement correct »,
US-made. Sauveur Modèle...
Deux siècles
après Zorro, une bonne partie du Mexique est annexé et le reste est
soumis. Ainsi qu'une majeure partie du continent américain. D'autres
très vastes zones sont étroitement contrôlées (Océan
Pacifique...). Le vieux berceau européen est « allié »
comme pot de terre au pot de fer. Les bases militaires US (+OTAN...)
essaiment un peu partout, ainsi que flottes maritimes et aériennes,
des sous-marins nucléaires aux bombardiers et missiles
nucléaires... : le modèle démocratique US s'impose par la
guerre de conquête en cas d'insoumission aux règles du marché
libre... $ FIRST !
Aïe, ça
coince, côté dollar, trois grandes guerres mondiales plus tard !
Guerres « chaudes » pour les 2 premières, dite
« froide » pour la 3° .Qui fut la plus longue
(1945-1992, environ). Très meurtrière pour bien des peuples (Corée,
Vietnam... Amérique Latine, Moyen Orient, Afrique, Europe de l'Est).
Mais très « froidement » idéologique entre propagandes
dites du « monde libre » et « communiste ».
Alors qu'il ne s'agissait que de deux dictatures d'ambition mondiale.
Vrais concurrents (en domination géostratégique d'empires de même
nature), faux ennemis en termes de lutte de classe .
Dictatures complices, au fond, l'une du $ US et l'autre du jaloux
Staline. En course de rentabilités et armements... Ce qui ouvrit la
voie à la restauration complète du capitalisme en Russie, Chine,
etc.
*
L'écroulement
du « rêve communiste mondial », si mal parti dès
1920, n'a pas pour autant assuré la suprématie du dollar : La
férocité des deux puis du seul « libre » renard dans le
poulailler nommé Terre a semé, sème désastres !. Le
capitalisme borgne devenu aveugle tue la Planète en se suicidant.
Aux États-Unis comme ailleurs, bien des « veilleurs d'alerte » alarment.
Pour ne citer que ceux que je connais : James Baldwin, Bob Dylan, Joan
Baez, Jack Kerouac, Edward Zinn, Chomsky... Il y en a d'autres, actuels
comme Naomi Oreskes (historienne à Harvard) et Erik Conway (historien à
la Nasa) dont le livre vient de paraître en Français aux éditions Les Liens qui Libèrent : L’effondrement de la civilisation occidentale. Un
essai de prospective (jusqu'en 2093!) vif et brillant, qui se veut
une alerte sur l’avenir même de notre civilisation : Pourquoi
restons-nous inactifs, alors que nous disposons d’informations
scientifiques robustes sur le changement climatique ? ( « En
2023, l’année de l’été perpétuel, il y a 500 000 morts et 500
milliards de dollars de perte »
etc.). Foisonnant d’érudition cet essai rigoureux veut tenter de
lutter contre les obscurantismes intéressés : « Panique,
émeutes, migration de masse, hausse explosive des populations
d’insectes, épidémies. L’ordre social s’effondre dans les
années 2050 et les gouvernants, acquis à l’idéologie
néolibérale, se retrouvent désarmés devant la nécessité d’une
intervention massive de l’État »…
*
Tel est le
contexte, fondamental, que je crois nécessaire de rappeler à
l'heure où s'agite à nouveau un péril de reprise de guerre
mondiale, froide ou chaude, suicidaire.
Car une
troisième « alarme rouge » s'allume en Ukraine. Après
celle, seconde, de Syrie – où une révolte authentiquement
populaire contre un tyran local a été transformée en guerre civile
(comme en Espagne en 36-39). Et après celle, première, qui tinte
depuis 1948 avec la conquête sioniste de la Palestine – où ne
vivent pas des tribus de « peaux-rouges » dispersés en
vastes plaines, mais la part vibrante d'immenses peuples arabes !...
Oui, les
temps ont changé, la mythologie du cow-boy et l’esbroufe du
dollar-roi s'effondrent.
Oui, nous
apprenons à guérir (pour ceux, si nombreux qui y ont cru) du rêve
de l'avenir radieux de l'humanité tracé par le pays du « socialisme
réel de l'URSS », puis de « la Chine-qui-s'est-mise-en
communes »...
Bénédicte Manier fait un beau tour du monde. L'ouvrage est sous-titré « travail /argent /habitat /santé /environnement : comment les citoyens changent le monde » : De simples citoyens dans de petits villages ou de grandes villes, d'Asie, d'Amérique, d'Europe ou d'Afrique, célèbres ou inconnus, tous ont engagé localement de petites révolutions dans le domaine de l'habitat, de l'entreprise, de l'agriculture, de la santé (paru nov 2012, les liens qui libèrent, 326 p., 22€). A lire absolument !
Sur le sujet :
Du Monde libre
Sous l'casque d'Erby