Avant de soupirer avec nostalgie en répétant que « c'était mieux avant », ouvrons plutôt les archives psychiatriques de la jeunesse d’autrefois… et le casier judiciaire des héros qui ont alimenté loisirs et fantasmes en totale jubilation. Ces icônes que nous rêvions d'incarner, faute d'avoir réussi à leur ressembler dans la vraie vie, mais dont nous avons conservé, au fond de nous, la vive étincelle.
Regardons un peu à qui on confiait la formation de nos cerveaux, sans que plainte fût jamais déposée :
Tarzan : Un exhibitionniste en slip léopard qui pratiquait le parkour sylvestre sans le moindre respect pour la pudeur publique.
Cendrillon : Une ado en rupture de ban qui bravait le couvre-feu chaque soir, fuyait la police en laissant traîner des indices pédicures sur le perron, et squattait un carrosse orange tuné par une marraine sous acide.
Pinocchio : Un mythomane compulsif dont le pif faisait office de polygraphe en direct. Un danger public pour les assurances.
Batman : Un milliardaire en collants qui essorait sa Batmobile à Mach 3 dans des zones limitées à 30 km h, vraisemblablement sans permis, sans contrôle technique, et dont le seul « radar » était le mammifère qui lui servait de totem.
La Belle au bois dormant : Une adepte de la grasse matinée thérapeutique qui a glissé dans la matrice du sommeil pendant que le PIB du royaume s’effondrait.
Candy Candy : Une irrésolue chronique qui a réussi à séquestrer l’audimat sur des centaines d’épisodes juste pour choisir entre un blondinet et un rebelle, inventant ainsi le concept du triangle amoureux sans fin.
Mister Chat : Version moderne des Peaky Blinders. Le Tom Shelby d'un cartel de félins de ruelle, gérant son business à coups de griffes et de trafics de croquettes de contrebande.
Popeye : Un marin qui ne tournait pas à l'eau claire, mais qui s'enfilait des boîtes de conserve suspectes pour s’offrir des trips de super-costaud. Un cas d’école pour l'Agence Mondiale Antidopage.
Blanche-Neige : Une squatteuse en colocation clandestine avec sept mineurs d'âge (et de taille), sans bail officiel ni déclaration de concubinage. C’est du propre !
Et le loup de Tex Avery ? À l’apparition d'une pin-up, ses yeux jaillissaient des orbites, la langue déroulait le tapis rouge, son cœur cognait comme un marteau-piqueur et il sifflait à faire exploser les décibels. Aujourd'hui, il se ferait convoquer illico par les ressources humaines, suivrait un stage obligatoire sur le harcèlement et finirait en garde à vue avant même la fin du générique !
Et après ça, les sociologues s’arrachent les cheveux face à notre génération ?
Soyons logiques : on nous a nourris au grain de la folie pure ! On a développé un humour décapant, une imagination en roue libre et un mépris poli pour les lignes blanches.
Avec un tel programme, c’est déjà un miracle qu’on ne marche pas tous sur les mains en grignotant nos chaussettes.
Les dessins animés nous ont inoculé le seul vrai virus qui vaille : l’impossible est une fake news et l’absurde, une seconde nature.
Alors oui, on dégringolait peut-être de l’échelle à coulisse, mais on l'a fait en faisant des bulles de chewing-gum et en saluant la foule.
Sous l’Casque d’Erby

Le bonjour aux passantes et aux passants. C'est en parcourant un réseau social en langue espagnole, latino américain, que m'est venue l'idée de cette chronique que je prends plaisir à partager. La bonne lecture.
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