Qu’il tonne,
que ça sature,
que le bitume fonde,
le terminus approche,
Tout le monde descend !
C’est gravé dans le marbre,
hurlé par les klaxons,
aboyé dans les cafés,
craché par les bouches du métro,
inutile de surabonder :
On va tous crever !
Alors, on empiffre les secondes.
On veut du choc,
du velours,
du prodige en barre.
On veut du plein régime,
du fort,
du pur,
du violent,
du « par ici le magot » !
En attendant le crash,
on pille les stocks,
on s’injecte
la peur
par intraveineuse,
on braque des illusions,
on siffle les bouteilles,
on fait dans les calcifs.
On expectore de la fumée,
On crache en l’air,
pour mieux s’asperger.
On devient usuriers de la chance,
en jouant des coudes.
On accumule la trouille,
il faut que ça douille.
On se remplit,
on se gave,
on surdose...
Mais l’échéance est là,
tatouée dans l’os.
On va mourir !
On meurt déjà !
Mais vivre ?
C’est pour quand ?
Sous l'Casque d'Erby


Le bonjour aux passantes et aux passants. Elle sert à quoi la poésie. A décorer ou à libérer le trop-plein ? C'est une impro que je fais voler avec les feuilles mortes.
RépondreSupprimerAh ah ah la poésie ! Cela me rappelle une anecdote que nous avait racontée le prof de français en Première au Lycée.
RépondreSupprimerVoltaire avait été invité par Frédéric II à Berlin. Bien que celui-ci fût l'arrière-petit-fils d'Éléonore Desmier d'Olbreuse, duchesse de Brunswick, qui avait organisé à Celle (Hanovre) une Cour de Beaux Esprits en français, sa contribution à la langue était.... disons décevante.
Quand Voltaire s'est enfui de Prusse, il a emmené les Boézies du roi, afin de s'en divertir en France. Mais Frédéric, ayant remarqué le larcin, l'a fait poursuivre par des agents. Ceux-ci ont réussi à coincer le fugitif alors que, vulnérable, il était "aux feuillées". Les Boézies sont retournées à Berlin.
dixit JC....
SupprimerBonjour JC. Un sacré numéro, le père Voltaire : un esprit fulgurant, une plume étincelante, mais aussi un personnage d’une redoutable duplicité. Derrière le champion autoproclamé des Lumières - dont il ne voulut point être - se cachait un homme calculateur, toujours prêt à tirer son épingle du jeu, quel qu’en soit le prix. Opportuniste jusqu’à la moelle, il savait flatter les puissants, retourner les situations à son avantage et sacrifier sans scrupules ceux qui faisaient obstacle à sa gloire.
SupprimerÀ cela s’ajoutait un tempérament jaloux et vindicatif. Voltaire supportait mal la concurrence intellectuelle, surtout lorsqu’elle menaçait son immense besoin de reconnaissance. Son antagonisme avec Jean-Jacques Rousseau en est l’exemple le plus célèbre : entre les deux philosophes, la rivalité tourna à la haine ouverte. Pamphlets, moqueries, insinuations perfides… Voltaire ne reculait devant aucune bassesse pour discréditer celui qui lui faisait de l’ombre.
Certaines rumeurs, aussi sulfureuses que persistantes, vont même jusqu’à prétendre qu’il aurait envisagé de faire disparaître Rousseau en ayant recours aux services d’un tueur à gages. Vérité historique ou légende noire nourrie par la violence de leur querelle ? Difficile à établir. Mais cette anecdote, qu’elle soit fondée ou non, colle parfaitement à l’image d’un Voltaire aussi brillant que toxique, génie des lettres autant que maître de l’intrigue.
Aujourd’hui, on dirait un sale type ! Et que vive la poésie !
Au fait, bon anniversaire à René ! Prosit !
RépondreSupprimerJC
S'inspirant du dernier billet de Dedefensa, je dépose ici ces quelques mots.
RépondreSupprimerA-t-on encore besoin des États-Unis ?
De plus en plus, de jour en jour, le trio Russie-Chine-Iran affirme sa différence face à l'insulaire Empire de Washington, manœuvré (toujours en sous-main) par l'araignée tapie dans la City de Londres.
Sagesse millénaire et discrète, se gardant du tonitruant trublion, aussi invisible qu'un lucane sur une nappe blanche : la différence est criante. La différence est criante, entre le tribun beuglant « Nous sommes les plus forts, les plus grands, les plus gros* ! », s'appuyant avec délices sur ses nombreux porte-avions obligés par la panne de revenir tant bien que mal au port, portant de magnifiques et hors de prix oiseaux surnommés “les planches à repasser volantes” ; et des humains besogneux, penseurs, qui fournissent en toute discrétion ce dont l'humanité a besoin. Quand on dit humanité, il faut l'entendre dans deux sens : ensemble des êtres humains, et empathie aidant à voir et comprendre cette fourmilière de personnes toutes égales et toutes différentes.
Il est d'ailleurs fort dommage que l'immense et brouillonne Inde persiste à vouloir encore faire le grand écart entre l'allégeance à un Empire en capilotade, et l'adhésion constructive à la sagesse.
D'où un retour au titre de ces quelques lignes : a-t-on encore besoin des États-Unis ? Ce géant délétère, dont l'unité ne tient guère qu'en son drapeau et son hymne, ferait mieux de constituer des unités plus petites et plus cohérentes. Quant à Washington, un retour des marécages d'autrefois à la place des caïmans et autres vautours qui le peuplent actuellement, calmerait singulièrement le jeu.
Et le reste du monde ? Chaque partie a son rôle à jouer, à condition que le droit de parole et d'action revienne enfin, en toute diversité Proclamer que la richesse est le privilège du dollar, et non dans la réflexion de chaque Terrien dans le respect de la réflexion du voisin, est aussi ridicule que soutenir qu'une feuille de plastique est plus importante que la forêt amazonienne.
* hum, pour les plus gros c'est hélas souvent vrai
Bonjour Jean-Claude. Très bon et très pertinent commentaire. Comme toujours. Les empires naissent, prospèrent et disparaissent, souvent sous les applaudissements de ceux qu’ils ont dominés. Les peuples opprimés croient alors avoir traversé le pire et entrevoient l’espoir d’un avenir plus juste. Pourtant, l’histoire réserve une désillusion amère : ce ne sont bien généralement que les masques qui changent, tandis que les mécanismes de domination, eux, demeurent.
SupprimerLes élites se succèdent, mais elles ont rarement pour boussole l’intérêt commun. Guidées par la soif de pouvoir, la cupidité ou la préservation de leurs privilèges, elles finissent fréquemment par développer un profond mépris pour ceux qu’elles gouvernent. L’opprimé n'est plus perçu comme un semblable, mais comme une simple variable à exploiter ou à contenir.
Faut-il pour autant se réjouir de la chute d’un empire ? Assurément. Il ne faut pas compter sur moi pour dire le contraire ! Toute structure de domination qui s’effondre ouvre un espace de liberté et nourrit l’espérance d’un changement, même si celui-ci tarde à venir, ou ne vient jamais.
Mais cette joie doit rester mesurée. Car, dans l’ombre même de la chute, la relève se prépare déjà. Les empires meurent, les systèmes se transforment, mais les rapports de force trouvent toujours le moyen de renaître sous d’autres formes.
Alors oui, je dis oui trois fois, si cette chute peut enfin entraîner la disparition de la sinistre triplette américaine, sioniste et anglaise !