mercredi 15 avril 2026

Silence. On la ferme !

Humanité sidérée devant sa propre cage, réclamant des chaînes plus douces aux pieds.



On se bat pour du travail comme des chiens sur un os rongé. Pour une miette, on s’arrache les dents. On lèche les vitrines, pendant que tout pourrit : la rue, l’air, les esprits.
On cherche un peu de chaleur dans un monde glacial. Ça chauffe partout — les marchés, les machines, la colère — mais ça brûle toujours là où il ne faudrait pas.
Les banques engraissent comme des truies insatiables, se gavant de la sueur et de l’angoisse de milliards de couillons et de chiffres qui pullulent comme des rats. On croit que la vie tient dans une poignée de biftons !
On se bat pour soi. Pour le voisin. Pour un mot que tout le monde mâche, mais que personne n'ose vivre : liberté. Ça aussi, c’est du papier !
Salut. À la prochaine. On est en République. C’est écrit sur la façade, donc probablement vrai. C’est ainsi qu’on le décante. C’est ainsi qu’on le martèle. 
C’est le paradoxe des temps : jamais, nous n’avons eu autant d’outils pour hurler, comprendre, contester. Tout est dans la paume, au bout des doigts. Et pourtant, rien ne bouge. Des millions de cerveaux branchés pour une paralysie générale. L’humanité sidérée devant sa propre cage, réclamant à cor et à cri des chaînes plus douces aux pieds.
La nuit, je me réveille trempé. Le cauchemar respire à côté de moi. Il est tout agité. Je saute du lit, j'allume une clope comme une balise dans le noir de la conscience. J'ouvre la porte. Un peu d’air ! Même lui est vicié.
Dans le noir, le monde s’esquisse en version brouillonne. Un renard couine derrière un buisson. Sans doute un jeune qui appelle sa mater. La Voie lactée me fait de l’œil, un signe de complicité.
Entre l’heure du laitier et celle du café noir, le monde hésite. La beauté est une promesse fragile ; la laideur, elle, se paluche tranquillement.
Tout menace de sortir de la route. Ça ne tient qu’à un fil. Les idées s’entrechoquent comme des cailloux dans une boîte en fer. Plus ils sont nombreux, plus ça pèse et moins c’est bruyant.
Gauche, droite, centre, envers... on cherche un angle, un refuge. Un trou de rat. Moi, j’y suis. Et toi ? 
Le néant, lui, s’organise à merveille. Reste la question, nue : comment résister à un tsunami ? Il ne négocie pas, il écrase et il emporte. Point. Tout heureux d’y avoir échappé, quand c’est le cas. 
Pendant ce temps, on prépare des listes. Des dossiers. De l’algorithme. Le fichier criminel pour le manant qui ose dire « Non ».
Non à la machine. Non à la marche forcée. Aujourd'hui, refuser est un délit.
Alors, on verra bien. Qui pliera. Qui disparaîtra. Et qui aura encore assez de souffle pour cracher au visage du rouleau compresseur. 
 
Sous l'Casque d'Erby
 

3 commentaires:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. C’est un énième cri. S’il m’a fait du bien ? Même pas, tant nous sommes lassés de jeter des cris qui se perdent dans l’infini. Semaine chargée. Je ripoline des murs, en extérieur et en intérieur. A mon âge ! J’aime ça ! La bonne journée.

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    1. Kikou Rod ! Hurler dans le désert on ne connaît que trop, au point d'en perdre la voix. Ripoline amigo ! Ça au moins c'est du concret et du visible ;) Besitos

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  2. Hi à tous,
    Entre l’heure du laitier et celle du café noir, le monde hésite. La beauté est une promesse fragile...
    Si fragile mais, parfois : un cadeau merveilleux pour moi hier, un baiser sur la tête, un long regard d'une mésange charbonnière recueillie at home, au creux de ma main...C'est-y pas du bonheur çà ?
    Oma

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