lundi 2 novembre 2020

Fais-moi Reset

Erby

Depuis le mois de mars les vagues se succèdent à un rythme régulier. On dit d’elles qu’elles sont indéfinies. Qu’elles n’ont pas de « bornes fixes et déterminées ».  Qu'elles vivent confinées, jusqu'au jour ou...
Si les vagues ont, en général, une origine naturelle, celles auxquelles nous avons affaire sont d’origine humaine. De même que nous avons en mer les vagues dites scélérates, sur terre les hommes ont inventé la vague configurante. Comme sa sœur l’océanique elle est haute et soudaine. Considérée, jusqu’en mars dernier, comme très rare, même si certains initiés parlaient d’elle comme d’une chose très vraisemblable, pouvant survenir d’un instant à l’autre.
A l’époque, dans leur jargon, ces initiés parlaient de Reset. Cela sonnait bizarre aux oreilles du quidam ordinaire. Le commun ne comprenant pas la signification absconse.
Pour mon cousin, un homme simple, les sabots tigés dans le sol de sa campagne, risette c’était quand sa femme l’entreprenait et lui disait, les yeux dans les yeux : « fais-moi risette ». Cela le faisait rire et rugir de plaisir, lui faisant oublier pour un instant la misère de la vie.
Dans sa ré-appellation, Reset est un terme qui fait flipper les chaussettes dans les sabots. C’est la grande épuration économique, la méga braderie avant fermeture définitive des surfaces propres, l’esclavage généralisé et la construction de camps de détention de haute sécurité, avec des grandes zones de non-droit pour les trafiquants, la prostitution, les junkies et autres malfrats issus du flux migratoire organisé, ainsi que quelques autochtones nourris par la marge depuis la naissance.
Il lui a fallu du temps au cousin pour comprendre, mais quand il a compris c’est comme si le ciel lui tombait une seconde fois sur la tête.
Déjà qu’avant c’était pas brillant-brillant ! Au moins, dit-il, le paysan pouvait acheter la corde pour se pendre à une branche solide en tout anonymat. Qui parle encore du suicide des paysans ? Maintenant, non seulement il n’a plus un franc bigouden pour acheter de la corde mais il lui faut remplir et signer une autorisation pour aller chez le commerçant se la procurer. 
Eh bien, moi, je n’ai plus envie de faire Risette à quiconque  ! Ça prêterait à confusion !

Sous l'Casque d'Erby



4 commentaires:

  1. Bonjour les caillouteuses et les caillouteux. Ne pensez pas que je me fous du présent, l'ironie est un reflexe naturel.

    RépondreSupprimer
  2. Ciao amici :)
    Toujours une belle plume hein !

    Akasha.

    RépondreSupprimer
  3. Joli texte !.... Ce sera le "reset " des prochaines élections présidentielles qu'il faudra bien endiguer ! Le tsunami de l'exécutif actuel a déjà fait bien des dégâts !...

    RépondreSupprimer
  4. ooma
    "Dans sa ré-appellation, Reset est un terme qui fait flipper les chaussettes dans les sabots. C’est la grande épuration économique, la méga braderie avant fermeture définitive des surfaces propres, l’esclavage généralisé et la construction de camps de détention de haute sécurité, avec des grandes zones de non-droit pour les trafiquants, la prostitution, les junkies et autres malfrats issus du flux migratoire organisé, ainsi que quelques autochtones nourris par la marge depuis la naissance".
    Mais des loisirs-chasse préservés pour les seigneurs-tueurs... Non mais ô! Pas touche manants.

    RépondreSupprimer