mercredi 18 mars 2026

Le Bilan des Ombres

IA

Le Bilan des Ombres naît d’un silence chargé de frustration, de peur et de violence sourde. De l’impuissance de ces instants où l’histoire intime et l’histoire collective s’enfoncent dans le chaos absolu. 
Ce poème ausculte les défaites muettes, les violences devenues ordinaires, les dieux absents. Il observe les bilans dressés en chiffres froids, mécaniques, comme on trait le lait d’une vache épuisée. 

 

L’œil blanc des défaites flotte sur le jour, 
comme une fatigue qu’on pousse hors du lit. 
On appelle les vents, on les supplie, 
mais ils tardent à venir. 
 
Quelque chose a échoué au bord des larmes. 
Les bêtes courent la tête sous les bras, 
des prairies ouvertes en champs clos, 
enfermées hors du temps. 
 
 Seringue au front, canon sur la tempe, 
on fait la chaîne, à ciel crevé. 
Chiffres alignés dans les bilans banquiers. 
On traite la traite comme on extrait le lait. 
 
Personne ne danse avec les vivants. 
Les bourreaux ont le front obtus, 
affûtent les lames sous la lumière blanche ; 
Prière sans témoins, oraison glacée. 
Dieu traîne des pieds. Il s’est oublié. 
 
Ne rien laisser. Ni traces, ni hurlements, 
que seule demeure l’odeur du vide. 
Tout doit suivre le silence de la Voie lactée. 
 
On drague les fonds, pillards patients, 
à la recherche de la nuit liquide. 
Du sang et du lait mêlés. 
À l’horizon, l’âme s’est disloquée. 
 
Personne ne bouge. Un cri sporadique 
se perd dans la nuit méthodique : 
« La caisse ou le trépas. »
Les murs se taisent, 
la parole s’est dissoute dans l’anonymat. 
 
Sous l’Casque d’Erby 
 
 

2 commentaires:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. « Ne rien laisser. » Peut-être. Mais voici tout de même ces ombres, tendues vers nous comme une main ouverte. Espérons. Ô Espoir !

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  2. Bonjour Rod, Tu dis : "En panne d’analyse « géostratégique », en panne d’analyse tout court, devant le chaos innommable qui nous submerge de toutes parts. Les événements se succèdent à un rythme qui défie la raison. Les certitudes vacillent, et les explications savantes semblent bien fragiles face à la complexité du monde.
    Nous regardons ce tumulte avec un mélange d’inquiétude, d’impuissance et de perplexité, comme si nous étions, malgré nous, les spectateurs d’une histoire qui nous dépasse. Nous ne sommes hélas que les jouets d’un destin capricieux, ballottés au gré de forces qui excèdent notre compréhension et notre pouvoir d’action".
    Et tu nous offres un poème ;-) il m'a fait quelque peu frissonner ton poème.... Ah l'espoir tu dis ... mais y a ces vents suppliés, tant espérés.... recroquevillés je ne ne sais en quel coin de la planète.... Qui saura les inspirer pour qu'ils en délogent ? Y croire encore???? hummm.
    RetB : super semaine 11!!!
    Oma

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