lundi 16 mars 2026

Iran : le naufrage des « super-héros »

Image générée par IA
Le bloc anglo-israélien vient de recevoir une nouvelle leçon d’histoire — l’une de celles qu’il refuse obstinément d’apprendre : l’arrogance stratégique finit toujours par se fracasser contre le réel.
En sous-estimant l’Iran, Washington et Tel-Aviv rejouent une partition qu’ils interprètent mal depuis plus d’un demi-siècle. 
La guerre « éclair » qui devait se régler en quelques jours, voire quelques heures, se révèle être un piège redoutable — un de ces engrenages dont les puissances sûres d’elles-mêmes ne prennent conscience qu’une fois les doigts coincés dans le mécanisme. 
Voici maintenant les plus belliqueux, ceux qui ont tout orchestré, appeler à un cessez-le-feu ! 
Ironie de l’histoire : Téhéran refuse. Et, du point de vue stratégique, ce refus est compréhensible. Un cessez-le-feu n’est jamais neutre. Il suspend les armes, mais pas les intentions. Accepter une pause reviendrait à offrir à l’adversaire le temps précieux dont il a besoin pour se réorganiser, réarmer, redéployer ses alliances et préparer la prochaine phase du conflit. Or la première règle du combat est simple : respecter son ennemi, c’est ne jamais lui offrir ce qu’il réclame quand il vacille. 
Depuis des décennies, l’Iran sait qu’il est une cible. Les prétextes changent — nucléaire, sécurité régionale, stabilité énergétique, les « droits démocratiques », — mais la pression demeure. À force d'être menacé, un pays apprend à se préparer.
L'histoire récente aurait dû inciter nos « cracks » à davantage d’humilité. 
Après la victoire éclatante de la Guerre des Six Jours en 1967, Israël se crut invincible. Six ans plus tard, la Guerre du Kippour vint brutalement rappeler que la certitude de la supériorité est souvent le prélude de l’aveuglement. 
En 1982, l’invasion du Liban devait être une formalité stratégique. Elle contribua finalement à l’émergence d’un acteur durable de la région : le Hezbollah. 
Plus près de nous encore, l’attaque du 7 octobre 2023 a fissuré le mythe d’une invulnérabilité technologique avec laquelle Israël paradait grossièrement. 
Le schéma est récurrent : la puissance engendre l’assurance, l’assurance nourrit le mépris, et le mépris finit par produire le réveil des migraines. 
Aujourd’hui, cette mécanique se heurte à un adversaire qui refuse de plier.  L’Iran a choisi de rester debout — et cette obstination révèle les fissures d’un ordre international qui croyait pouvoir imposer ses volontés sans résistance durable. 
Au cœur de cette confrontation se trouve un verrou stratégique : le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part essentielle de l’approvisionnement énergétique mondial. Dans ce goulot maritime, quelques décisions politiques suffisent à faire trembler les marchés et à inquiéter les chancelleries du monde. 
Téhéran laisse entendre que le passage pourrait rester ouvert sous certaines conditions, notamment dans le cadre d’évolutions monétaires qui verraient certaines transactions énergétiques s’éloigner du dollar en optant pour le yuan ! Et voici l'ombre chinoise ! 
Qu’il s’agisse d’un levier diplomatique ou d’une stratégie économique plus profonde, la multipolarité, l’idée seule suffit à révéler une transformation silencieuse des équilibres mondiaux. 
Autour de la région, les lignes bougent. Les monarchies du Golfe observent avec prudence et crainte. Et, à distance, le président russe Vladimir Poutine n’hésite plus à évoquer la question sensible de la présence militaire américaine sur des territoires qui ne sont pas les siens. 
Dans ce contexte, les appels à la guerre deviennent soudain moins enthousiastes. Plusieurs alliés occidentaux hésitent à s’engager dans une confrontation dont personne ne peut désormais garantir l’issue. 
À Washington, le président Donald Trump semble lui-même prisonnier d’une rhétorique de puissance entretenue par certains conseillers particulièrement belliqueux, parmi lesquels Marco Rubio. La tentation de la démonstration de force se heurte à présent à une réalité stratégique beaucoup plus complexe que prévu. Car l’histoire rappelle une règle immuable : on ne gagne pas une guerre contre un adversaire dont on méprise la résilience. 
En ignorant la profondeur historique, culturelle et stratégique de l’Iran, le bloc occidental s’est peut-être enfermé dans un piège qu’il a lui-même construit. 
 
Sous l’Casque d’Erby
 
 


2 commentaires:

  1. Le bonjour aux passantes et aux passants. Non, je ne suis pas allé voter. Pour des tas de raisons, mais voici une qui me paraît suffisante : une seule liste dans ma commune. La bonne journée.

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  2. Coucou, moi non plus : ici 4 listes..... si prometteuses ! Les abstentionnistes ne s'abstiennent pas de voter pour tel ou tel candidat, ils s'abstiennent de jouer à un jeu qui les condamne à perdre! Se rappeler Coluche : "Si voter pouvait changer les choses, çà serait interdit" !
    Bonne journée :-)) Oma

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