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La morale est une décoration murale. On la décroche quand ça commence à brûler. Elle arrive après les faits, comme toujours. Pas pour les expliquer, mais pour les excuser.
Ce n’est pas qu’on la refuse : c’est qu’elle ne peut plus suivre.
Tout peut attendre, en effet. Sauf ce que nous avons mis en mouvement.
La guerre ne commence plus : elle continue. La bêtise ne s’oppose pas à l’intelligence : elle l’accompagne.
Nous avons produit des dispositifs qui excèdent notre faculté de représentation. Nous savons ce que nous faisons, mais nous ne savons pas ce que cela signifie.
Entre l’acte et ses conséquences s’est creusé un écart que plus aucun jugement ne comble. Excepté la panique, allié légitime de la bêtise.
L’humanité avance avec une excroissance collée au corps, une masse opaque qu’elle appelle intelligence quand elle ne sait plus quoi en faire. Une tumeur lente, héréditaire, jamais opérée. On meurt avec.
Les archéologues de demain ne trouveront pas des ruines, mais des symptômes. Des frontières absurdes. Des cratères. Des slogans.
Et partout la même trace fossile : la connerie.
Les traces que nous laisserons ne diront rien de nous. Elles parleront de nos capacités techniques, non de nos intentions. On y lira des infrastructures, des cratères, des systèmes. Des algorithmes. L’humain n’y apparaîtra qu’en creux, comme portion congrue.
Le Groenland n’est pas un territoire, c’est un prétexte. Comme le Venezuela. Comme l’Iran. On ne convoite pas la terre, on convoite le bruit.
Quelques bombes pour relancer la machine. Quelques morts pour graisser les rouages... La géopolitique est une masturbation collective.
À trois, on saute. Personne ne sait pourquoi. Tout le monde saute.
L’obéissance est plus confortable que la pensée. La honte, plus facile que la lucidité.
Le système n’a pas besoin de sens. Il a besoin de chair. L’humain n’est pas un acteur, il est le combustible.
Ce que l’on appelle débat n’est qu’un ajustement narratif. Il sert à rendre pensable ce qui ne devrait pas l’être.
En parler, c’est déjà s’y adapter. En s’y adaptant, on y consent.
Et la tumeur continue de croître.
Sous l’Casque d’Erby


Le bonjour aux passantes et aux passants. Horaire de publication inhabituel, mais ma mauvaise humeur l'emporte. Il a suffi que je m'éloigne un peu des nouvelles que j'ai en train, pour découvrir que le pire n'a pas de limites. Les boules ! Le bon tout à tous.
RépondreSupprimerLes lecteurs de "la morale, décoration de pacotille" et autres articles publiés de Lediazec, ici sur "cailloux dans le brouillard" et autres parutions, en seront-ils : https://wp.me/p4Im0Q-6YA Demain, le politique connaîtra le poids réel de votre volonté citoyenne et il saura pourquoi il doit vous respecter (justement par ce que vous savez !)
RépondreSupprimerEt seront-ils adeptes de faire faire des économies aux députés "représentants de leur parti et non du Peuple
https://wp.me/p4Im0Q-6Z4 - les députés, enfin au secours des « petites gens » afin de mettre la main à la poche (sans préciser laquelle, toutefois), au nom de leur représentativité !
Bonjour Keg. Ton point de vue est juste : il rejette l'hypocrisie des députés et autres élus qui prônent l'austérité pour les "petites gens" sans y toucher à leurs propres privilèges. On endort le pays à fortes doses de manipulation et tout est fait pour que ça continue. On crée de la dette sur la dette en criant hourra. Affolant ! Et, dans tout ça, le pire c’est qu’une majorité n’y voit que dalle !
SupprimerSalut tous.
RépondreSupprimerSi un lit grippal se libère, je vais à l'hôpital ce matin. Pendant mon absence de quelques jours, soyez sages ! Quant aux députés, ça me faire rire ! J'ai failli être candidat en 2017 ! Ma copine de 84 ans bon pied, bon œil a eu 1,2 % de votes à Evreux. Les voix les plus réactionnaires, beaucoup plus. D'ailleurs, jouxtant le café où nous avions nos réunions, trônait le siège d'un parti proche d'un capitalisme lié aux papiers de cigarettes....
Vive la Société des Sociétés, vive le non-État ! Car l'État est la quintessence de l'irresponsabilité collective même si l'on vit en dictature. D'un seul ou du "prolétariat".
Si on discrimine les régimes entre "ferme-la" et "cause toujours", on notera que depuis un bon moment nous vivons sous le premier, caractérisé par une belle harmonie entre emprisonnements arbitraires, "accidents", censures parfois même préalables et autres exactions plus ou moins violentes. Loin d'une responsabilité de tous et chacun. Y a-t-il encore des adultes dans l'avion ?
Jean-Claude
Bonjour Jean-Claude. Accroche-toi. Ça devient de plus en plus difficile de se faire soigner dans ce pays. Pas par excès de malades, mais par volonté de détruire le service public (santé, école, institutions). Récemment, Martine a fait une chute, s’est cassé un bras et, avant que les secours n’arrivent, il a fallu répondre à une batterie de questions totalement surréalistes. Sachant que les intervenants n’ont d’autre droit que celui de transporter le malade ou le blessé. Cette affaire durait tellement que j’ai pété un câble. Le toubib que j’avais au bout de la gaffe en a fait les frais. Résultat : il m’a envoyé les gendarmes. Constatant les faits, ceux-ci m’ont donné raison. Eux aussi sont confrontés à ce type de questionnaires ubuesques.
SupprimerEt ce n’est pas la première fois que cela arrive. Il y a un moment déjà, un voisin a garé sa voiture en pente et oublié le frein à main. J’ignore comment il s’est retrouvé sous la voiture. Il hurlait que c'était misère. Je téléphone aux secours et avant toute chose on m’a demandé de décrire les symptômes (sic) et s’il avait mal !!!
D’après vous ? Sans vouloir te décourager, bon courage.