dimanche 23 avril 2017

Hamsters dans le brouillard

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C'est à la demande d'Odile, lectrice et commentatrice de Cailloux, que je reprogramme ce billet qui date de 2013, parce que, dit-elle, il colle parfaitement à ce que nous vivons aujourd'hui. Merci à elle d'être cette lectrice attentive que je me réjouis de compter parmi nous. J'y laisse, à dessein, les commentaires publiés à l'époque de sa parution. Le recul apporte parfois un éclairage surprenant.

Il y a des choses qui font bondir, qui font gémir, qui font vomir. Des choses impartageables, bien que communes.
Au premier abord tout est clair. Le ciel s'ouvre sur une nouvelle toile, celle du jour naissant. Elle est tissée dans la meilleure étoffe. Je suis content, puisque, malgré tout, je suis vivant, peu importe la position dans laquelle je respire, puisque je respire. Puisque je suis vivant !
A cette heure, bien que conscient, j'ignore de quoi je suis fait, mais je pense être l'ombre d'un nuage en devenir. Je suis une virgule entièrement dépendante du hasard, assez fière d'être ce qu'elle est au milieu de sa dépendance, de sa croyance, de sa drogue, de son néant. Suffit d'y croire, puisque c'est ainsi.
Nous nous éveillons à la vie, contents, heureux, pupilles ouvertes sur l'idée que tout va bien, puisque tout va mal et que cela ne peut être que pire, donc aussi bien que quand ça va mal !
Le jour se lève et une onde sauvage enveloppe le cure-dent que je suis dans une mer mythologique grouillant de bêtes malfaisantes, les ténèbres allumant des brasiers rien que pour recadrer l'imbécile que je demeure malgré tout.
A l'instant un miroir se brise. Ses particules font ondoyer des reflets dans l'obscur refrain de mes peurs. Je tremble. J'ai froid. Comme si,  réveillée par la réalité, la brutalité du monde enfonçait sa dague dans mon cœur. Une lame froide, impitoyable, obscène.
Comme le suggère la photo d'illustration, je ne suis rien, rien qu'une minuscule petite bête prise au piège de « la roue du hamster » ! 
Le masque de Guy Fawkes, derrière lequel se cachent des milliers d'anonymus en guerre contre la dérive totalitaire du modèle capitaliste, fabriqué à des centaines de milliers d'exemplaires par des esclaves en Asie ! Le paradoxe est suffisamment effrayant pour qu'il se passe de commentaires...  Même à genoux nous refusons de voir que nous vivons prosternés !
Tout va bien, puisque tout est clair comme le jour : l'argent, le pouvoir, le sexe... et la drogue gouvernent irrémédiablement le monde !



La vie scintille sous les néons
Un chien dégueule son mystère
Sur les draps d'un souvenir abscons
Un son convulsif s'oblitère
Tandis que nuit et jour désespèrent

Sur le sujet :


Sous l'casque d'Erby


Fume !... C'est de l'hertzienne !...

17 commentaires:

  1. Bonjour les caillounautes. Temps indécents.
    Aujourd'hui, mardi 12 décembre, le concepteur d'Air Sarko One et l'utilisateur François Hollande convoleront en justes noces direction l'Afrique du Sud pour se prosterner devant la dépouille de Nelson Mandela.
    Drôle de lune de miel. Et un crachat, un !

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  2. Et puisque Rémi en parlait hier, au sujet du déplacement massif des huiles de la planète en Afrique du Sud, Java des bombes atomiques en Zyque du Jour !

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    1. Sacré Boris Vian ! Ses talents multiples, ce funambule de la poésie, du jazz, du roman-délire et de la chanson déjantée n'avait pas le mauvais goût d'être violent terroriste d'hommes d’États, mais le bon goût de chanter louange à cet "infâme bricoleur" en bombes-A...
      Reste, à défaut de cette "solution radicale" qui ne ferait qu'empirer les choses (les successeurs les pires sont disponibles), le bon vieux machin de la machine sociale "luttes de classes", luttes à BIEN MIEUX mener, avec et sans masques Anonymus-made-in-prolétariat-chinois... : on arrête pas l'imagination, elle prendra le pouvoir, c'est à dire le détruira : "le pouvoir est nulle part et partout" dit la non-violente "icône birmane" au nom à coucher dehors...

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  3. Et comme le Pouvoir s'appuie sur le Savoir, on détruira le Pouvoir absolu en démantelant le Savoir absolu que s'arrogent quelques imbéciles grimés en potentats, masques grimaçants qui jouissent de leur voyeurisme universel. LOPPSI, HADOPI, Patriot Act, sont les mots dont s'habillent les satrapes : mais le roi est nu, et ses difformités commencent à faire tache.
    Il n’est pas de sauveurs suprêmes:
    Ni Dieu, ni César, ni Tribun.

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    1. A prendre ou à laisser, mais nous on garde !

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  4. Dans mon transistor ce matin il y avait le type du Medef; j'ai failli vomir mon café. Je me suis dit: va plutôt jeté un oeil sur les cailloux dans l'brouill'art... J'ai pas regretté. Bonne journée à tous.

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  5. Autre production dénoncée à juste titre et cette fois d'un objet ultra consommé : la poupée-barbie !
    Fabriqué en Chine dans des conditions terribles, révélées par une "action coup de poing" au temple parisien des emplettes noëliennes, bd Haussmann. "La Nouvelle poupée-barbie" est une vraie-femme en ouvrière chinoise soumise... à "acheter" !

    Autre actualité, étouffée par la cérémonie Mandela : Au 1000° jour des combats en Syrie, le prix Nobel est remis à l'organisme qui a pris en main le désarmement de l'arsenal chimique syrien... à suivre !

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  6. Business is business...L’entrepreneur qui fabrique les masques n’est pas forcement un anonymus

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    1. Pas dit que l'entrepreneur esclavagiste était un Anonymus. Mais je me pose la question : les droits du masques appartiennent à qui ?... Puis, quand on est soucieux, voire très tatillons sur les dérives capitalo-financières, on pourrait aussi dénoncer cette dérive capitalo-récupératrice, non ?... Balayer un brin devant sa porte n'est pas chose interdite, que je sache.

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  7. Délices de la mondialisation capitaliste où ce sont les pauvres qui profitent des pauvres (dans une moindre mesure que les actionnaires), et ce sont les parents retraités qui exigent de leurs enfants, via les fonds de pension, plus de rendement... ou qui les mettent au chômage...

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  8. Saisissant cet article !...excellent, lorsqu'on y pense, qui peut se permettre de donner des leçons ?

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  9. Ben, le rebonjour, ou le rebonsoir aux caillardeuses et caillouteux. Ce n'est pas parce que l'on court que l'on va plus vite, hein...
    Merci Odile. Franchement, je n'avais plus souvenir de ce papier. J'assume.

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    1. Oui, Rodolphe, tu as eu bien raison de suivre l'avis d'Odile :
      ce billet est d'un brillant style lediazec 110%... et risque de rester d'actualité...

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    2. Oui, Rémi, on s'connaît depuis 3 000 %. C'est la décru à 110 qui m'inquiète. Mais pas plus que ça.

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  10. Bon allez, à l'heure où je te parle, j'ai encore un léger espoir...
    Alors je préfère venir maintenant te dire combien j'apprécie ce texte qui n'a évidemment pas pris une ride...

    Gros bisous.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Merci, surtout pour les rides. En ce qui me concerne, les rides sont bien ridées. Bises itou.

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